‹ Identité et réalitéChapitre 53 sur 274 · MvDiLLEAU, l. t*., p. 63 à \'6()f pas'iim · texte numérisé non relu

MvDiLLEAU, l. t*., p. 63 à \'6()f pas'iim

cippe et Démocrite ^ et nous ne savons au juste quelle est la part de chacun d'eux dans le système qui est présenté plus communément sous le nom du second, mais appartient certainement en grande partie au premier, antérieur en date. Tout a été dit sur ce système, et le moins assurément qu'on en puisse affirmer, c'est qu'il est absolument complet; tel il est sorti des mains de ces Grecs du v« siècle avant J.-C. tel nous le verrons reparaître, presque sans changements ou avec des retouches insignifiantes, chez les philosophes et les savants jusqu'à la fin du xix" siècle, c'est-à-dire jusqu'à l'instauration des théories electriques.de la matière. Pour le résumer, il suffit de citer quelques-uns des admirables, mais, hélas ! trop rares fragments qui nous sont parvenus de Démocrite. « Il y a deux sortes de connaissance : la connaissance réelle et la connaissance obscure; à la connaissance obscure appartiennent toutes choses de la vue, de l'ouïe, de l'odeur, du goût, du toucher; la connaissance réelle est distincte de celle-ci ». «Ledoux et l'amer, le chaud et le froid, la couleur ne sont que des opinions; il n'y a de vrai que les atomes et le vide. » « Nous ne percevons rien de vrai en ce qui concerne la chose elle-même, si ce n'est ce qui est modifié au point de vue de la position du corps et des choses qui tombent sur nous ou nous résistent. - » L'atomisme d'Epicure, qui se distingue peu de celui de Démocrite (nous ne sommes même pas bien fixés sur la nature de ces distinctions^) a été une des philosophies dominantes de l'antiquité et a fait éclore, dans le monde latin, ce chef-d'œuvre impérissable, le De natura rerum de Lucrèce. Les œuvres de Héron d'Alexandrie et de Vitruve * montrent que les physisiens avaient coutume de prendre pour base des conceptions atomiques, quelquefois mêlées à des conceptions empruntées aux philosophes de la « qualité ». Même en médecine une théorie corpusculaire était très répandue, comme nous le voyons par le livre de Caelius Aurelianus » qui jouissait d'une grande autorité. Les premiers chrétiens citaient volontiers Lucrèce; même après la victoire définitive du christianisme, et tout en combattant la doctrine d'Epicure, Saint Ambroise et Saint

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