‹ Identité et réalitéChapitre 86 sur 274 · St. Mill. A System of Logic. Londres, 1884 p · texte numérisé non relu

St. Mill. A System of Logic. Londres, 1884 p

4. Hegel. Naturphilosophie § 269. Werke, Berlin 1842, vol. VII. Cf. P. G. Tait, Les progrés récents de la physique, Paris, 1886, p. 15.

somme^ il n*a fait que formuler la résistance instinctive que notre entendement oppose tout d'abord à une décomposition de ce genre.

Mieux vaut donc commencer par les objets terrestres. On constate aisément que les corps doués d'un mouvement rectiligne et uniforme par rapport à la terre, comme le sont, par exemple, tous ceux qui se trouvent à bord d'un navire, se comportent absolument comme ceux qui sont en repos à l'égard du sol. D'ailleurs, ce repos n'est qu'apparent. La considération des mouvements des corps célestes nous force à supposer que la terre se déplace dans l'espace avec une vitesse considérable et tout ce qui se trouve sur notre planète doit, en réalité, décrire dans l'espace des courbes fort compliquées. Mais les rayons de courbure de ces lignes sont très grands ; pour le mouvement dont le rayon de courbure est le plus réduit, la rotation de la terre, nous parvenons encore à constater des effets sensibles ; mais, en les constatant, nous pouvons les éliminer. Nous pouvons donc, sans risque d'erreur appréciable, considérer les chemins décrits par les objets terrestres comme des droites, et c'est au mouvement uniforme en ligne droite qu'appartiennent par conséquent les propriétés que nous attribuions au repos. C'est le principe d'inertie en totalité, tel que le formule d'Alembert, car la composition des mouvements en découle directement.

Mais si le principe d'inertie est susceptible d'être considéré comme une vérité d'expérience, est-ce vraiment comme telle qu'il apparaît à notre entendement, qu'il force notre assentiment? N'y a-t-il pas quelque chose de véritablement étrange dans le fait que des hommes aussi éminents que ceux dont nous avons évoqué les noms aient pu s'y tromper?

Nous pouvons d'abord constater que la démonstration, telle que nous venons de la présenter, n'était pas possible à Tëpoque où le principe fut établi, ou du moins qu'elle fut alors incomplète. On ne pouvait faire valoir le mouvement des corps célestes qui contribue tant chez nous à raffermir l'idée, paradoxale en apparence, que le mouvement est quelque chose de perpétuel, alors que nous voyons tout mouvement terrestre s'éteindre rapidement; on ne pouvait même pas s'appuyer sur ce fait que les objets terrestres devaient être considérés comme un état de mouvement uniforme et rectiligne. Sans doute Galilée était copernicien, et Descartes aussi, bien qu'il ait quelquefois usé d'expressions ambiguës.

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Mais on ue pouvait certainement alors traiter cette théorie comme une vérité hors de contestation, telle qu'elle nous apparaît aujourd'hui, et si on établissait un lien logique entre rinertie (ou la relativité du mouvement, comme chez Cusa) et le mouvement de la terre, c'était pour appuyer la seconde de ces conceptions sur la première et non iuversement. Il y avait même là, depuis les travaux de Galilée et jusqu'aux découvertes de Newton, une source de contradiction manifeste, et si Galilée a maintenu, tout comme Copernic, la conception du mouvement circulaire naturel des corps célestes, c'est certainement parce qu'il ne voyait pas d'autre moyen d'expliquer leurs orbites. Personne, avant Borelli, n'a attribué le mouvement des corps célestes à l'action de ^ine^tie^

Dès lors on peut se demander comment, en dépit de ces difficultés, en dépit de son apparence profondément paradoxale, en dépit du fait qu'une démonstration médiocrement convaincante était seule possible à l'époque, le principe d'inertie a pu être si rapidement accepté comme le fondement de la mécanique entière. Voyons d'abord de quelle manière lont présenté Galilée et Descaries.

On a quelquefois traité Galilée de grand expérimentateur; mais c'est là, nous dit P. Tannery avec beaucoup de justesse, méconnaître complètement la vérité historique*. Ainsi, à propos de l'inertie, il parle bien de pierres tombant du haut d'un mât sur un navire en marche' et d'animaux marchant à bord d'un navire*, et il paraît avoir réellement fait ces expériences; mais ce sont pour lui des confirmations sur lesquelles il n'insiste pas trop. Cependant, en exposant le principe, il semble s'appuyer sur des faits observés : c'est l'expérience de la bille sur un plan, qui se trouve déjà chez Cusa et chez Benedetti. Voici en quels termes Galilée l'expose dans la Sixième journée des Dialogues sur les nouvelles sciences : « Et il me semble qu'il arrive ici ce qui arrive pour un mobile grave et parfaitement rond lequel, si on le pose sur un plan très poli et quelque peu incliné, le descendra de lui-même naturellement en acquérant une vitesse toujours plus grande ; mais si, au con-

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