Ib. vol. II p. 361 (Deaugmentis scientiarum 1. V cap. m
5. id. Novum organon, Irad. Bucho.v. Paris, 1838, 1. II S 40. cf. Hisloria denn et rari, Works vol. II p. 538.
6. Cf. RosBNBiRGER. Gsschichtê der Physik, vol. I" p. 107. C'est évidem-
est certain qu'on n'attribuait à des considérations de ce genre qu'une valeur très secondaire. Wislicenus, résumant les croyances des alchimistes, affirme qu'ils étaient convaincus qu'on pouvait, à l'aide de quantités infimes de magistère, transformer des livres de plomb ou de mercure en quintaux de l'or le plus pur^ Il serait probablement difficile d'appuyer directement cette alfirmation sur un texte tiré d'un auteur de l'époque ; mais il est certain qu'une proposition de ce genre n'aurait pas paru comporter le merveilleux que nous y apercevons. Si, en somme, on trouve plutôt rarement chez les alchimistes des affirmations concernant le changement de poids, ce n'est pas parce qu'ils le considéraient comme un phénomène rare, mais parce qu'ils n'y attachaient aucune importance ; le moindre changement de qualité leur paraissait sans doute bien plus remarquable. Ces affirmations sont plus fréquentes à des époques postérieures, où les opinions sur cette question se rapprochent bien davantage des nôtres, à cause précisément de cette dernière circonstance. Des récits comme ceux des expériences de Reussing, de Dierbach, de Stahl au xviii*^ siècle, où l'on voit le poids de la masse primitivement employée s'augmenter d'une quote-part et même doubler presque-, n'auraient étonné personne au moyen âge; l'alchimiste eût probablement passé ce détail sous silence, le jugeant inutile pour frapper l'imagination du lecteur.
Si l'on ne croyait pas à la constance du poids, croyait-on à celle de la masse? On était certainement convaincu que quelque chose d'essentiel dans la matière, sa « substance », persistait à travers les modifications. Mais comme on avait, à juste titre d'ailleurs, dégagé le concept de matière du phénomène de la pesanteur, il de^'enait infiniment plus malaisé de donner à la matérialité un substrat quantitatif. Il serait pour le moins oiseux de rechercher si, eu développant logiquement la doctrine d'Aristote, on eût pu uéanmoins parvenir à une conception de la masse permettant la détermination d'un coefficient numérique. La vérité, c'est que le souci des rapports de quantité était absolument étranger à toute la
ment rexpérienco dont on attribue généralement l'honneurà VanHelmonl «'l par laquelle ce dernier entendait démontrer la transformation de l'ean en terre.
1. WisLicKNUs. Die Chemie und das Pvoblem der Materie^ Recloratswechsel, Leipzig, 31, Okt. 1893 p. 24.
2. Cf. sur ces transmutations, Kopp, l, c, vol. Il, p. 176-177. Stahl n'est pas le célèbre chimiste, mais un homonyme.
philosophie des formes substantielles. Aussi ue trouve-t-ou nulle part de teutative dans ce seus et, sans doute, la tâche étant bien plus ardue que celle qui consistait à dégager le principe d'inertie, il est naturel que, dès qu'il y eut progrès réel, il se soit accompli plutôt daus cette dernière direction. Mais, dès qu'on s*écarte d'Ari^tote, le concept de masse se forme, Kepler en saisit le contenu essentiel * et, mieux encore. Descartes. Il est vrai qu'en toute occasion (comme par exemple quand il explique les lois du choc) Descartes affecte de parler de la grandeur des corps-; et cette expression ne laisse pas que de paraître troublante quand on se rappelle sa théorie de la matière. On sait que Descartes, tout comme les scolastiques — les plus grands révolutionnaires sont toujours conservateurs par quelque côté — était partisan du plein. L'étendue était pour lui l'unique attribut essentiel de la matière, la gravitation étant un phénomène secondaire qui demandait à être expliqué et qu'il expliquait en efiet, par les mouvements d'une de ses substances élémentaires. Le poids, tout comme chez les scolastiques, est un accident. La quantité réelle de la matière est indiquée par le volume : (c Lorsqu'un vase, par exemple, est plein d'or ou de plomb, il ne contient pas pour cela plus de matière que lorsque nous pensons qu'il est vide\ » Cependant Descartes, en réalité, distinguait parfaitement la masse du volume, en supposant que, pour les mouvements mécaniques, la quantité de son troisième élément comptait seule K On pourrait croire qu'il concevait la proportionnalité de la masse (ainsi comprise) et du poids ; mais cette idée était loin de sa pensée, bien que dans la pratique il eût souvent fait usage du poids dans ce sens. En efiet, le poids étant la conséquence d'un mouvement plus ou moins compliqué, la stricte proportionnalité aurait été l'effet d'un hasard, et même d un hasard difficilement explicable. Il a d'ailleurs exposé ses idées à ce sujet daus la IV*" partie des principes. Le titre du chapitre xxv porte : « Que leur pesanteur n'a pas toujours même rapport avec leur matière. » Ce n'est pas là, comme on pourrait le supposer, uae simple répétition de la phrase que nous avons citée plus