PARA 1: C
L'action de l’atropine serait supérieure à celle de l'opium : on obtiendrait encore la mydriase chez les animaux empoisonnés par cette dernière substance : ce signe à une très grande
importance, mais il peut être annulé par des lésions préexistan- .
tes de l'œil, par des adhérences irido-capsulaires, par exemple. Les signes fournis par la pupille dans la mort par asphyxie sont à peu près identiques, que l’asphyxie ait été déterminée par la submersion, la pendaison, la strangulation, la suffocation ou la respiration de gaz méphitiques ; dans ces différents cas de mort violente, la pupille est en effet généralement dilatée. Chez deux décapités observés par Homgren, les pupilles, neuf secondes après la décollation, étaient contractées ; vingt secondes après, elles se dilatèrent, restèrent dilatées deux minutes, se contractèrent ensuite légèrement et restèrent définitivement dans cet état. ve |
Quant à la déformation de la pupille, elle peut être naturelle ou artificielle : elle se produit quelques heures après la mort, surtout au moment où la dilatation diminue : il est difficile de la constater par la mensuration des diamètres de l'iris que l’on ue trouve plus égaux. Cette déformation s’accentue encore plus tard, par suite de l’évaporation de l'humeur aqueuse et de l’affaissement du globe oculaire ; l'iris est moins tendu et commence à flotter, c’est là un signe précieux mais qui se manifeste un peu tard, alors que d’autres signes ont permis de constater la réalité de la mort, D'ailleurs, la lésion préalable de l'iris, une opération de cataracte peuvent avoir contribué à la production de cette déformation pupillaire.
Ripault a proposé, pour reproduire ce phénomène et pour en hâter la reproduction, un doigt étant appuyé sur un point quel= conque de l’œil, de presser le globe en un point diamétralement opposé : la pression peut être verticale, de haut en bas, ou hori. zontale. La forme de la pupille varie suivant la force de la pression exercée : elle peut être elliptique, irrégulièrement circulaire,
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etc... Josal, chez un opéré de cataracte, comprimant un œil dans un cas de syncope, crut voir se produire une déformation pupillaire. Deschamps, de son côté, tenta la même expérience chez une hystérique et obtint une déformation plus ou moins elliptique qui cessa d’ailleurs après l'attaque. Ce signe n'a donc pas une importance capitale ; mais, en tenant compte de ces particularités, il peut être utile pour le diagnostic définitif.
Ophtalmoscopie. Décoloration de
la rétine.
L'exploration du fond de l'œil peut fournir un bon signe de la mort, ainsi que l'ont démontré Bouchut en 1867 et Poncet en 1869. L'examen de la rétine à l’ophtalmoscope permet de constater un des premiers signes dé l’arrêt de la circulation capillaire. Le fond de l'œil, rosé et parsemé de vaisseaux pendant la vie, se décolore au contraire subitement après la mort. L’artère centrale de la rétine se vide bientôt et cesse d'être visible ; la circulation veineuse est également interrompue, ce que l’on peut constater soit à l'examen ophtalmoscopique, soit à l'examen microscopique ; les capillaires du nerf optique, les vaisseaux de la choroïde se désemplissent et tout le fond de l’œil pâlit. Le contraste entre la coloration blanc rosée de la papille et la rougeur de la choroïde que l’on constate nettement pendant la vie disparaît. Ei plus le temps s'écoule, plus la papille devient terne et pâle : à un moment donné, on en devine la place plutôt qu'on ne la voit. La disparition de la papille est un signe de mort assez facile à constater, du moins dans les premières heures qui suivent la mort, tant que la cornée reste transparente, et dont le degré de certitude est grand.
Un autre caractère signalé par Poncet, de Strasbourg, c’est l'opacité de la rétine.
D'après cel auteur, la décoloration grisätre de la choroïde a lieu chez les blonds, mais non chez les bruns, où elle reste noire.
8° AFFAISSEMENT ET FLACCIDITÉ DU GLOBE. — L'examen ophtalmoscopique du fond de l’œil fournit également des éléments nécessaires pour diagnostiquer une mort apparente d'une mort réelle. Dans les cas de méningite comateuse, d'éclampsie puerpérale, chez les épileptiques dormant profondément après une attaque convulsive, les hystériques endormis, les sujets tombés en syncope, dans l’anémie, la chlorose, le fond de l'œil est plus ou moins décoloré, mais la pâleur ne permet jamais de confondre la papille avec le reste du fond de l'œil.
On constate toujours la présence de l'artère centrale et des veines de la rétine, caractères qui permettent d'éviter toute erreur.
Après la mort, la circulation s’interrompt, la tension intraoculaire diminue et l'œil devient mou et flasque. Il s'enfonce de plus en plus dans l'orbite, et la pression du doigt y produit une espèce de plissement et un véritable enfoncement.
L’élasticité, qui résulte de la tension des membranes par le liquide qu’elles contiennent, disparait peu à peu sur le cadavre. L’évaporation des liquides, et de l'humeur aqueuse en particulier, qui diminue assez vite de quantité, contribue pour une bonne part à produire la flaccidité de l'organe. Plus tard, il faut regarder ce ramollissement du globe oculaire comme un indice de putréfaction joint au ramollissement du tissu connectif, Ce caractère à une réelle importance, Louis le considère comme un ‘les signes certains de la mort : « Tant que le globe de l'œil conserve sa fermeté naturelle, dit Louis, on ne peut pas prononcer que la personne est morte, quelles que soient les autres marques qui conduisent à le penser ; l'affaiblissement des yeux dispensera d'attendre la putréfaction.
» C'est une observation que j'ai faite pendant plusieurs années
sur un très grand nombre de sujets d'âge et de sexe différents, morts de maladies différentes et dans toutes les saisons de l'année. La perte du brillant des yeux et la formation de la toile glaireuse ne sont pas des signes certains de la mort: on a remarqué que les yeux se lernissent en plusieurs occasions, et jai vu souvent un enduit de matière glaireuse sur la cornée transparente, dans certaines maladies de la paupière, mais les yeux sont flasques et mous, en très peu d'heures. Iln°y a aucune maladie, aucune révolution dans le corps humain qui puisse opérer un pareil changement : ce signe est vraiment caractéristique, j'ose le donner comme indubitable. » Il est vrai que, sous l'influence de la putréfaction gazeuse, l'œil peut acquérir un certain degré de rougeur et de tension, mais le trouble de la cornée, l'aspect de la pupille, la perte de transparence des. milieux, de même que l'extérieur de l'individu plaideront assez eu faveur de la mort; la production de ce ramollissement est plus ou moins rapide suivant les cas. Une température élevée l’active, tandis que le froid la retarde.
Certains cadavres peuvent, après un séjour de quelques jours dans la neige, ne pas présenter la moindre altération de consistance dans le globe oculaire.
Tout récemment, Nicati, de Marseille, a indiqué un signe de mort certaine emprunté à l'ophtalmotonométrie. En étudiant la tension oculaire avec son ophtalmotonometre, cet auteur a trouvé que cette tension est normalement de 18 à 21 gram , elle baisse avec la cessation des battements du cœur à 12 gram. environ pour s’affaisser progressivement avec des retours en arrière brusques ne dépassant jamais 12 gram.; une demi-heure après la mort, on rencontre une dureté minima de 1 à 3 gram. ; après deux heures, la détente est complète.