‹ Identité médico-légale oculaireChapitre 16 sur 19 · NT + NE · texte numérisé non relu

NT + NE

La perte de l'éclat de l'œil et de la transparence des milieux est un bon sigue, mais il n'a de valeur que tout autant que l’on a affaire à un œil exempt de toute altération pathologique.

7° Iris. — Déjà en 1849, Bouchut, dans son traité des signes de la mort, avait attiré l'attention sur les modifications que subit l'iris pendant l’agonie, au moment de la mort et après la mort. Il pose en règle générale que tous les sphincters se relâchent au moment de la mort. L'iris, au contraire, échappe à cette loi qui préside à l’action des sphincters. Il est contracté pendant l'agonie, comme pendant le sommeil;il se dilate tout à coup au moment du réveil et de la mort. C’est là un fait général qui fournit à la fois un signe d’agonie et de mort. La pupille ‘, dit Guéroult, s'ouvre, comme si elle était le miroir de l’âme et acquiert un diamètre qui varie de 5 à 7 millim. Haller l’a vue tellement dilatée que l'iris semblait ne plus exister. Les expériences de Bouchut donnent à ce signe immédiat de la mort une grande valeur ; on l’a constaté plusieurs fois dans l’agonie et le sommeil des enfants ; il se produit également dans des maladies très diverses, dans la mort violente, dans la décapitation, dans la congélation, dans l'empoisonnement.

Au moment de la mort précédant ou suivant les derniers battements du cœur, l'iris se dilate brusquement. Tourdes a vu cette dilatation spontanée de la pupille chez une femme qui suecomba devant lui à la rupture d’un anévrisme de l'aorte. Dans ces cas, le moteur oculaire commun, qui innerve les fibres circulaires de l'iris, meurt le premier ; les fibres radiées, qu'innerve le grand sympathique, survivent quelques temps et dilatent la pupille. Toutefois, ce signe n'a pas une valeur absolue, parce qu’il est fugace et disparait après deux ou trois heures.

1 Une pupille moyenne a un diamètre sensiblement égal au tiers du diamètre de l'anneau irien. Il y aura mydriase ou myosis toutes les fois que le diamètre pupillaire sera supérieur ou inférieur à cette dimension moyenne.

LE

On a rencontré aussi des exceptions ; la pupille peut être plus où moins immobilisée par des adhérences de l'iris, dilatée ou contraclée par des médicaments, dans l’empoisonnement par Lx belladone, la dilatation pupillaire peut exister avant la mort. Gertains observateurs auraient noté la dilatation pendant l'agonie Van Hasselt l’a rencontrée dans certaines affections aiguës du cerveau, dans l’hydrocéphalie.

Müller raconte que Gorry croit l'avoir observée douze heures après la mort sur l'œil d'un individu mort d'hydrophobie. A part ces rares exceptions, qu'un peu d'attention fera aisément reconnaitre, il est certain que la dilatation instantanée de la pupille sera un excellent moyen de diagnostic.

Cette dilatation peut être inégale pour les deux yeux. Elle ne dure d’ailleurs que quelques heures; le diamètre pupillaire descend de 6 à 7 millim. à o, 4 et 3. Lorsque les fibres radiées cessent d’agir, la pupille se rétrécit, et le rétrécissement s’accentue encore sous l'influence de la rigidité et de l’évaporation de l'humeur aqueuse. |

Après la mort, la lumière n’a plus d'action sur l'iris. Cependant Sommer a vu dans le choléra, surtout dans les cas où les pupilles étaient inégales, la lumière exercer un certain temps son influence : il lui était encore possible. de une à quatre heures après la mort, de modifier un peu leurs dimensions.

D'après Nysten, les fibres iriennes seraient encore sensibles au galvanisme pendant une ou deux heures, et davantage. L’atropine, la calabarine, l’ésérine, exercent encore manifeste ment leur action dans le premier quart d'heure qui suit le décès. Bouchut a proposé d'utiliser cette propriété pour s'assurer de la mort dans certains cas douteux. Si, une heure après l’instillation d’atropine ou d’ésérine, la pupille n’est pas dilatée dans le premier et contractée dans le second, on peut étre à peu près certain que la mort est réelle. On admet généralement que la pupille

est définitivement immobile une ou deux heures après la mort.

Page 1