SEPULTURE
A ARMANI» SYLVESTRE.
J'ai l'horreur de ces grands, de ces froids cimetières Plus blancs qu'un dortoir d'hôpital,
Où les morts à l'étroit s'étouffent sous les pierres Dans un pêle-mêle brutal;
Où les croix de fabrique et les gros mausolées
Ecrasent sottement les os, Dans des murs de prison, loin des maisons peuplées,
Loin des arbres, loin des oiseaux !
Quand je mourrai, je veux, sans pleurs ni litanie, Vite, qu'on m'enterre au soleil,
En plein air, sur la pente où j'aurai, dans ma vie, Déjà connu le bon sommeil.
Nul marbre n'effraîra le passant, à nuit close.
Ni son cheval prêt à hennir.
Ceux qui savaient m'aimer sauront où je repose,
Sans guide ils y pourront venir.
Et la Nature alors, travailleuse éternelle.
Fera son œuvre sans effort ; Après tant de combats je ne veux plus contre elle
Me défendre au sein de la Mort.
Je ne veux pas, cadavre inutile, en ma bière Lentement pourrir à regrets;
La rosée au matin mouillera ma paupière. Je suivrai Taile des vents frais!