‹ Idylles et chansonsChapitre 5 sur 55 · IDYLLE · texte numérisé non relu

IDYLLE

Enfin elle l'enlace. Il résiste, il trépigne, Se débat, comme un faon dans les filets étroits Les pendeloques d'or déchirent sous ses doigts L'oreille en feu qu'il égratigne.

Les cheveux dénoués hors du peigne d'émail Ruissellent, comme l'onde aux racines d'un saule. Les colliers sont brisés qui tintaient sur l'épaule. Les triples colliers de corail.

Et, pareils au sang clair qui jaillit sous Fépée, S'éparpillent les grains d'écarlate joyeux, Dans les plis de la robe ouverte devant eux Répandant leur troupe échappée.

Mais l'enfant, de plus belle, avec de grands éclats, Jusqu'au bout de la course à les suivre s'obstine : Pour atteindre le fond de la brune poitrine, Il pousse, il tire des deux bras.

Rubans, lacées ce nœuds saucent à l'aventure ; Le corsage à la fin éclate tout entier, Comme une ccorce d'or craque sur le sentier Révélant sa châtaigne mûre;

Et se dressent soudain, en pleines majestés, Pareils aux chastes seins de la grande Cybèle, Deux seins, hardis et forts, dont le marbre étincelle, Prêts aux longues maternités.

Dans les arbres prochains, sur la branche qui ploie. Sonne un rire de père et d'époux orgueilleux : Le silence divin endort les vastes cieux, Nul écho n'a surpris leur joie.

Seule, en son lit sans ombre, au loin, la mer d'azur Avec un lent soupir par instants se soulève. Et ramène un flot las qui traînait sur la grève. Sans agiter le sable impur.

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