‹ Idylles et chansonsChapitre 55 sur 55 · FANFARE · texte numérisé non relu

FANFARE

Triste esc l'arbre sur le rocher Qui se voie en mai dessécher Sans jeter de floraisons roses, Triste est la femme sans époux Qui n'endort pas sur ses genoux De nourrisson aux lèvres closes

Trisce esc la source dans l'écang

Qui ne peut jaillir en chantant,

Heurcer des ponts, froisser des herbes;

Plus triste est sous le ciel d'été

Le vieux laboureur alité

Qu'appelle en vain l'odeur des gerbes !

Toute chose est triste, ici-bas.

Qui ne vit pas, qui n'agit pas, Stérile dans son calme inerte :

Bateaux à sec, canons rouilles, Viveurs flétris, bois dépouillés.

Cerveau vidé, maison déserte !

O poètes, battus des vents, Chers compagnons, restons vivants, Notre cœur fùt-il en ruine!

Soldats de Dieu, narguons la mort.

Et, d'un front mâle, et d'un bras fort, Tenons haut la lyre argentine !

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