‹ Idylles et poèmes champetres. Choisis et précédés d'une introdChapitre 12 sur 33 · DAPHNIS · texte numérisé non relu

DAPHNIS

Que l'hyvcr plait à mes regards !

Quelle clarté brillante et pure Le soleil prête à ces brouillards, Dont s'enveloppe la nature 1 Quel beau mélange offrent ces grains, Dont la pointe paraît à peine, Ces noires souches de sapins Coupant la blancheur de la plaine, Ces perles que le vent promène Sur les rameaux de nos buissons, Et cette neige éblouissante Sur qui la lumière naissante Fait étinceler les raïons !

Dans les étables enfumées.

Les troupeaux reposent en paix. Tandis qu'emportant des forêts

l'hyver 45

Sa lourde charge de ramées, Le bœuf, au milieu des frimats Imprime tristement ses pas.

Je n'entends plus sur sa musette

Le berger chantant ses amours,

Ni la matineuse fauvette

Qui me charmait dans les beaux jours :

Mais près de moi, je vois encore

Le roitelet et le moineau

Voler au lever de l'aurore,

Et becqueter le verd nouveau

Dont la campagne se colore.

Que j'aime à reposer mes yeux

Sur le toît de ma jeune amante.

D'où cette vapeur ondoyante

Monte, en noirs flocons vers les cieux !

Là, s'occupant de moi, peut-être.

Assise auprès de son foyer,

Lisis aspire à voir renaître

Le premier bouton printanier,

O ma Lisis ! que tu m'es chère !

Je t'aimai du jour que Glycère

Egara deux de ses agneaux :

Tu voyais sa douleur amère,

Et tu donnas à la Bergère

Deux de tes agneaux les plus beaux.

44 l'hyver

Pendant la saison orageuse, Je veux, sur ma flûte amoureuse, Former pour toi de tendres airs.

O Lisis I puissent mes concerts Etre aussi doux que ta pensée, Quand des malheureux que tu sers L'image à tes yeux s'est tracée !

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