CHANT D'UN BARDE
ITHONA, MORNI
L'obscurité couvrait le palais d'Ithona :
Morni qui traversait les campagnes prochaines,
Entendait pour tout bruit le murmure des chênes
Et le frémissement des eaux de Duvrana.
Il avait répandu la terreur de ses armes.
Et revenait vainqueur dans les bras de l'Amour :
Ithona, disait-il, quand j'ai quitté tes charmes.
J'ai vu ton sein tremblant, tes yeux mouillés de larmes
Et tu ne parais point pour chanter mon retour !
Il s'avance ; aucun jour ne luit parmi les ombres Les portes du palais sont ouvertes et sombres ; Le vent souffle et mugit dans les appartements ; Le parois est jonché de feuillage d'automne. Il appelle Ithona; la voûte qui résonne, Répond à ses clameurs par des gémissements.