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LOIS GÉNÉRALES DU MONDE MORAL

l'intermédiaire de la parole, ainsi de toute éternité la parole révèle Dieu et le Fils fait connaître le Père. Image visible du Dieu invisible, il le montre continuellement aux intelligences célestes.

La seconde loi est celle du bien. De même que Dieu po.<sède en lui-même sa propre règle, et qu'il est la sainteté même parc^ que chacun de ses actes est en une parfaite conformité avec sa nature ( voy. pag. 74), ainsi toutes ses créatures intelligentes portent en elles-mêmes leur loi morale, que Dieu a écrite dans leur conscience et dont il est le vengeur.

Dieu impose les lois physiques à la matière : il propose les lois morales à l'esprit, qui doit les accomplir librement. Etant la sainteté même , Dieu crée exempts de péché les êtres libres et spirituels ; autrement ils seraient en droit de rejeter sur lui le péché auquel les aurait poussés leur mauvaise nature. Leur vocation est de s'enraciner par leur libre volonté dans le bien où Dieu les a plantés, de s'approprier leur intégrité native, de s'affirmer. C'est là la troisième loi du monde de la liberté.

L'être fini est infirme dans son intime nature et par là même iabile. Mais il a Dieu pour Père, et en Dieu se trouve une force infinie dont l'homme peut s'emparer par la prière et que Dieu lui accorde avec joie. La vie de la créature libre est donc un tissu de

ses propres forces qui ne sont que faiblesse, et des grâces divines qui sont sa puissance , sa lumière et sa joie. Ce concours de Dieu , les déistes le nient : il détruirait la liberté de l'homme f Mais notre esprit et l'esprit de Dieu sont-ils donc deux solides qui ne peuvent occuper simultanément le même espace? Ou la vie des plantes est-elle annulée par l'action vivifiante de Tastre du jour ?

La liberté chez Têtre fini suppose la possibilité, mais non la réalité du péché. Le péché est un fait, et non une loi. Il est la transgression volontaire de la loi morale, le mépris du concours divin, le rejet de la révélation. Dieu dans sa souveraine sagesse peut faire servir les conséquences douloureuses du péché au relèvement du coupable. Mais en soi le péché est démence absolue ; il n'est que ténèbres. Ce n'est pas ainsi que l'entendent les déistes. Ils admettent avec bien peu de réflexion que le mal, le péché est « la conséquence nécessaire de la liberté humaine *, » la simple « limite de l'être » et l'imperfection inhérente à tout être fini, « l'absence, le défaut du bien, un moindre bien et la condition d'un bien plus grand. Le problème du mal et celui de la création sont ainsi un unique problème*, » et le mal devient une des lois fondamentales et permanentes de

' J. Simon, pag. 166. — * Id. pag. 181, 189-190.

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