‹ Il faut choisirChapitre 32 sur 46 · JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST

Tout 1h surnaturel des siècles passés converge à lui et prépare sa venue ; tout le surnaturel des siècles subséquents procède de lui et prouve sa divine puissance. Il est lui-même le surnaturel vivant et personnifié, car il est le Fils éternel de Dieu, Dieu luimême, intervenant dans la série des temps et opérant au milieu des siècles par son Esprit une création nouvelle parmi les hommes. Il disait de lui-même aux Juifs comme l'Eternel à Moïse : « Je suis, » et son disciple favori, St. Jean, l'identifie avec Jéhova, qui, par ses nombreuses apparitions et par l'habitation de sa gloire dans le Lieu très saint, était bien réellement venu vers son peuple élu avant de s'incarner dans le Fils de Marie.

Jésus-Christ fut, dans son ministère, précédé de peu de mois par le plus grand des prophètes. Jean Baptiste avait attiré sur les bords du Jourdain ses ^compatriotes, qui, tous, voulaient être lavés de leurs péchés ; mais il n'avait pas fait le moindre miracle, de l'aveu même des Juifs. Jésus-Christ, au contraire, pendant son court ministère, guérit par centaines, par milliers, par myriades, tous les malades qu'on lui présentait, éclipsant ainsi les Elle et les Elisée qui, pendant la très longue durée de leur vie, avaient à peine opéré, l'un quatre ou cinq, l'autre une douzaine de miracles.

Les miracles de Jésus-Christ ne se distinguent pas seulement par une multitude incalculable de ceux de l'ancienne alliance. Jésus-Christ les opère, non

pas au nom de Dieu, mais en son propre nom e comme un Dieu à qui Dieu à donné d'avoir la vie en lui-même ^ Puis, venu du ciel pour sauver, il n'use de sa toute puissance que pour guérir et bénir, que pour arracher aux puissances de Tenfer leurs misérables victimes et détruire toutes les œuvres du diable' et du péché. Enfin ses miracles comme tous ses discours tendent non plus à imposer par des moyens violents la foi à une nation tout entière, mais à convier à la repentance, à préparer à leur régénération des individus, qui par leur réunion formeront un peuple spirituel de toute langue et de toute nation. Les miracles de Jésus-Christ sont donc à tous égards en progrès sur ceux de l'ancienne alliance et en harmonie avec les besoins intimes de l'humanité qui était mûre pour son initiation à la vie de l'Esprit.

Tous les prophètes qui avaient précédé Jésus-^ Christ étaient saisis plus ou moins violemment par l'Esprit de Dieu qui les faisait parler, ou voyaient l'avenir dans de symboliques visions. Jésus ne connaît ni la vision ni l'extase, et il parle à chaque instant des choses futures ou des choses du ciel avec, la même aisance que du présent ou du passé et que de la terre.

Chacune de ses paroles a un cachet indéfinissable de simplicité et de profondeur, de clarté et d'obscurité,

• Jean V, 26. — * 1 Jean, III, 8.

Page 1