‹ Il faut choisirChapitre 8 sur 46 · LE DÉISME DE LA BIMTÉ ET LA TRINITÉ · texte numérisé non relu

LE DÉISME DE LA BIMTÉ ET LA TRINITÉ

la création, nient la Providence. Mais, fidèle au plan que nous nous sommes imposé, nous écarterons ici les objections du matérialisme.

§ 1. Le déisme de la binité et la Trinité.

Avez-vous fait, messieurs, votre choix depuis Tauire soir entre le dieu mort et le Dieu vivant"? entre ies innombrables inconséquences el contradictions du déisme et la doctrine aussi simp'.e qu-^ logique des Saintes Ecritures? entre une religion toute prosaïque et glaciale, et une révélation qui correspond à tous les instincts les plus nobles et les plus profonds de noire cœur? — «Mais, nous dira tel d'entre vous, vous êtes un avocat bien imprudent et maladroit. Donner à Dieu un cœur maternel, ceA s'obligera lui trouver des enfants à aimer, el il faut à ce Dieu dont Tessence est d'agir sans cesse, un objet sur lequel se porte son activité. Il a donc besoin d'autrui, il ne se suffit plus à lui-même, el par là il a perdu ses droits à la divinité. Cependant, cet autrui qu'il réclame, doit nécessairement être éternel comme lui, et même il doit être comme lui infini, pour que ractivité infinie de Dieu puisse s'exercer en plein sur lui et qu'il puisse aimer Dieu d'un amour égal à celui dont il I st aimé, r,

Ce raisonnement-là, messieurs, est irréprochable. Aussi des théistes allemands, qui ont en petite estime

le flieu des déistes français et croieni à notre DieNi vivant, ont-ils fait de l'univers un second dieu. Les voilà donc ayant deux dieux ou plutôt deux moitiés de dieu, un dieu double , une binilé. Toutefois, ils ont gardé de la doctrine chrétienne l'idée de la création : de toute éternité leur Dieu a tiré du néant le monde. Leur second dieu ne peut donc être l'égal du premier et leur binité boite tout bas. D'ailleurs, leur création est une nécessité de l'essence divine et non point un acte de libre volonté : aussi ne se distingue-t-elle plus qu'avec peine de l'émnnation qui tend à confondre Dieu et le monde en une même unité. Ce théisme allemand porte le caractère visible de son pays d'origine qui par son profond sentiment de la vie divine répandue dans la nature est l'Inde de l'occident, et la religion de la binité est un second Trisankou suspendu entre le ciel de la foi chrétienne et les abîmes du panthéisme.

N'admirez-vous pas , messieurs, les incertitudes de la raison humaine et ses assertions contraires? Elle prouve aux matérialistes qu'il n'existe aucune substance spirituelle, ni âme humaine, ni Dieu; aux panthéistes, qu'il existe un esprit inconscient qui se fait monde et qui est un éternel devenir; aux meilleurs des philosophes que le Dieu personnel ne peut en bonne logique créer le monde, ou que, s'il le crée, le monde est un second dieu. Si les théistes allemands tombent dans le panthéisme , les déistes

Page 1