ACTE II, SCÈNE XI
Barbara, fermez la porte, que nous ne soyons point interrompus... Maintenant, commençons... Je m'approche d'un pas chancelant... je suis un vieux chevalier, courbé sous le poids des ans... et je commence mon invocation, en chantant comme un ancien rossignol... TRIO.
pascarello, d'une voix vieille et chevrotante. O divine fontaine, Daigne calmer ma peine : Que ton eau souveraine Me rende mes beaux jours !
Pour moi, sur cette terre, Il n'est plus que misère...
Je suis mort pour la guerre, Défunt pour les amours!...
A Paula.
C'est à vous, gentille fontaine.
(Parlé.) Commencez î Reprenant .
Défunt pour les amours...
(A Paula.) Entrez donc...
Reprenant.
Défunt pour les amours...
Resterai-je sur les amours Jusqu'à la semaine prochaine?
Barbara, tirant Paula par le bras.
Commencez donc...
PAULA
Je n'ose pas!
BARBARA et PASCARELLO.
Pourquoi, pourquoi cet embarras ?
PASCARELLO.
Allons, allons, attention î Je renrends l'invocation :
0 gentille fontaine, etc.
(Parlé.) Mainlenantparaisscz, et chantez vos couplets.
56 IL SJGNOR PASCARELLO.
paula, s'avançant l'urne à la main.
Premier Couplet, Me voici! Mon pouvoir dispense Des trésors enviés de tous!
Mortels, mon eau de Jouvence Du temps peut défier les coups!
Venez à ma source chérie Implorer la divinité Qui rend les doux biens de la vie :
Jeunesse et plaisirs et beauté.
Deuxième Couplet.
Vieux guerrier, cher à la patrie, Tu pourras encor la servir !
Ton cœur à femme jolie, Sans crainte aussi lu peux l'offrir.
Venez à ma source chérie, etc.
PASCARELLO et BARBARA, parlé.
Très-bien, brava!
pascarello, de même.
Continuons!...
paula, s'avançant l'urne à la main.
Pauvre chevalier, ta prière A touché mon cœur aujourd'hui.
Par ma puissance tutélaire Je veux devenir ton appui !
Prends cette urne, et que ta faiblesse Y puise nouvelle jeunesse...
Vieux chevalier, bois à longs (rails; Par mon pouvoir, allons, renais Pour la vaillance et les hauts faits !
pascarello, après avoir porté l'urne à ses lèvres. G prodige ! ô bonheur ! ô source enchanteresse ! Quelle nouvelle ivresse, Quelle douce chaleur, Font tressaillir mon cœur !