AMÉLIE, FÉLIX
{Félii an «ntrant n lai usé In port* ou»* rit, «t •«court •««< la uiraciM da •on 4*a.)
Félix. Me voilà, ma bonne amie. (A»<iîa ui fait >i ( nc d« ••
taire , jatte an coup d'vil autour d'rlla et «t fermer U porta. Earulla alla renient lentrmani, U rtfardc, «t lui prend la «tin «n paraittant réfléchir.
— inquiet). Mon Dieu, ma bonne amie, vous me regardez d'un air sérieux, que je ne comprends pas : allez-vous me gronder? (Amélie, »tnt lui répondra, lui donna un btitar sur 1c froat. Avec
confiance.) Oh! non, vous m'embrassez; mais...
AMÉLIE, acre un* léndra autorité. TâiseZ-VOUS. (Elle porto ton mouchoir é tri yau» comme pour te raffermir, ta préparer, puit, ta toarntnt de noutetu cars Félit, «lia lui prend ln main.) Félix, m aimCZ-YOUS
bien?
FÉLIX- Moi, ma bonne amie, si je vous aime bien? ohf de tout mon cœur... non, non, ce n est pas cela ; je vous aime encore davantage.
amélie. Davantage? Comnrenez-inoi bien, Félix, et consultez votre cœur; je ne vous parle pas d’une amitié frivole, ordinaire. M'ai menez-vous assez pour me faire tous les sacrifice* que l’on peut comprendre à votre âge? renonceriez -vous pour moi à tout ce que vous préférez au monde, à votre bonheur, k vos espérances, à votre existence même?
Félix, wta at réiuiûnirni. Certainement.
amêlie. Félix, vous répondez bien vite et sans réflexion.
FÉLIX. Au contraire, c est que j'y ai réfléchi.
Amélie. Comment!
Félix. Oui. vous savez bien, ma bonne amie, le jour où vous vous êtes évanouie, où vous avez été si longtemps sans connaissance?
amélie Eh bien?
Félix. Eh bien! si vous étiez morte, comme le disait mademoiselle Joséphine, j'étais bien décidé, moi; j’avais pris mon parti ; je serais allé me jeter dans l’étang.
amélie. U iai«i*«ini. Grand Dieul il a eu cette pensée! Etait-ce dans la crainte de rester «ans protecteur, abandonné?
fklix. Oh! non; y pensais-je? celait parce que je ne vous aurais plus vue.
amélie, t *iu-Tn»m€. Comment achever!
ff.lix. Mais pourquoi me demandez-vous tout cela, ma bonne amie?
amélie. Félix, si pour avoir pris soin de votre enfance, vous avoir élevé, vous aimer... tendrement, vous donneriez pour moi... tout, jusqu’à vos jours; mon ami, ces mêmes sacrifices, i je dois les faire aussi sans hésiter, pour mon père, qui m’a donné la vie, qui m’a élevée, et qui me chérit... comme je vous aime... n'est-ce pas?
Félix. 11 n’y a pas de doute.
amélie. Eh bien! Félix, aujourd'hui même il faut que je renonce à ce que j’aime le plus au monde ; il faut que j'immole mon bonheur à mon devoir envers mon père.
Félix. Votre bonheur?
amélie. Écoulez; vous êtes bien jeune, mais votre cœur roe comprendra.
Félix. Oh ! oui, ma bonne amie.
amêlie. Mon Félix, il vient un âge où, pour certaines personnes, la perte absolue de la fortune est le plus grand des malheurs, où la misère conduit à la mort.
Félix. Comme ce lord du parlement d’Angleterre, qui s’est tué d’un coup de pistolet parce qu’il avait tout perdu?
amélie. Oui, mon ami, parce qu’il avait tout perdu. Mon père, entendez bien, Félix, mon père aussi a tout perdu.
Félix. Ciel!... oh! ferait-il comme le lord?
amélie. Oui, Félix; mais je puis tout lui rendre : la fortune, l'honneur et la vie.
Félix, nota] «U. Oh! tant mieux!
amélie. En me mariant.
Félix, ma» inuriit. Vous marier 1
AMÉLIE. Je ne puis le sauver qu’à ce prix. C’est peut-être pour moi un plus grand sacrifice que celui de la vie, car... mais il y va des jours de mon père; puis-je refuser?
FÉLIX. Oh non!.. (Il pltara uni anuiifc apréi.) amélie. Je le savais : pourquoi pleurez-vous déjà?
Félix. Vous aimerez encore quelqu'un?
AMELIE. Non, Félix, non; c’est sans amour, sans préférence : personne ne vous ôtera de mon cœur... et cependant... pauvre enfant! vous l’avez pressenti , ce mariage doit nous séparer. Félix, «oattamé. Nous séparer!
AMELIE i «n piton. C’est pour cela qu’il me faut tant de couvage. , ....
felix. Noue séparer! ohl non, oh! non, jamais! ma nonne amie, no me renvoyé* pas. E&t-oe que c*' mari vous ordonne | do me chasser? est-ce que déjà il vous défend d'aimer votre i Félix? (d'«« air (t.oht.) ta bien! que ce soit lu» qui le dise! qu'il vienne m'arracher de vos bras! qu'il int‘ ditoac ! et l'étang...
AMELIE, loi «nUirUM la Blin. Ah! malheureux! (Fondant cb E ncore celte idée! (eu» t«»b* mIi* *** le »*pii» «t »•«»•
a«Mnm;«r.)
rtLix, .-.pproehint 4>u«. Pardon. ma bonne amie... {e*i»ia- ■••i.) je ne veux pas vous qutiter!
AMELIE, AcoicBr.ni UllKjM^'1 le En de l'aeu. Félix, si c’était polir moi! à ma prière, pour m 'empêcher de mourir... Mon mariage est inévitable; je vais avoir un époux, un juge, un inaitre à qui je devrai compte de mes action* et de mes sentiments ; que lui dirai-je à votre égard?.. Orphelin, étranger pour lui, vous souflriru-l-il toujours auprès de moi? permettra-t-il une préférence que je ne pourrai cacher? comment expliquera-l-il une tendresse... qui n’esl permise qu’au cœur d'une mère?
(BU. lirai la rai in de KHI* Cl U rrpariie. — FMI», qui a éc*alé autrui fera *tu, iitifiillf.)
FELIX. D'une mère? (su *• reperd eat as «toinrni.)
A ut U r. Oui, Félix... (d# pint.n plu* émo*.) cette tendre***, qu'ils ne comprennent pas, elle étonne déjà des yeux plus imtilVcrenl» que ne le seront ceux d’un époux. Pour te garder innocemment auprès de moi, pour oser di vaut lui te presser sur mon sein, le donner mes baisers, il faudrait que je puisse dire : J’ai ce droit : c’est mon fil*! (KM* a’errétr ri la rrgirJr, o'oianl «lier
plue loi*. I
fBlix. Vous!.. Dieu!., oh! non, non, je n'ose pas... (v*j»nt pleurer Amélie.) Pourtant, si... mon Dieu!... ($* jtunt in penoni d'Amélie et lui leadani le» mainc.) Oh! ma büllllC amie! dites...
AMELIE, ««iBfial lilfMi d«u* Blin* po-.r le falM taire. Trèa-ba*. Ghüt ! .. (Elle jette un regard amour d'elle, poia. «mourant 1c tète de Fêlt* de «*f dru lira*, ailt l'attire »ur «au crin ei l'iBkrtMf.)
felix, incm kra. Maman!..
AMELIE, kn, entre U joie ci le* pleur*. Oui... taîs-toi!.. bllî, ta
mère! mou fils! mai», silence ! silence! je ne puis nommer ton père.
fêlix, «B ojBur» mtr# i» bra* d'Aoièiir, ka». Oh ! maman! m.imati! maman! (En l'em bradant.) Que je suis heureux, maman, que je suis fier d’être à toi!
AMELIE. Hélas! mes baisers, mes larme* te l’ont dit si souvent!
FELIX. Ht moi aussi, maman.
AMELIE, rtletant Filll et le feieint HfMir 4 *4lr et lui pré* «Telle aur le anphi, h elle eonlioar de l'rskreiMr. Maintenant, HlOll fil?, moi)
cher Gts... que ce nom me plaît! tu es le maitfede mon sort: l'honneur de ta mère est sous la garde, tu dispose* de ma vie et de ma mort; car si tu disais...
Félix. Oh! non. jamais! jamais! maman... Ciel! l’honneur de ma mère! ce secret mourra dan* mon cœur... je le sais; c'est assez pour être heureux. A présent je comprends tout; oui, maman, oui, il faut que je m'éloigne de toi; ton mari ne doit pas me voir. Ne pleure pas; je dois partir, mais pas pour toujours. Oh! non, non, toujours, c'est impossible! Dis que je te reverrai, et je partirai quand tu voudras. Je ne t’embrasserai devant personne, mais moi, moi, je sais que tu es maman .. j’ai une mère! ali! je suis bien heureux!
AMELIE, ta l'embreisiBl. Tu me fai* mourir. (Pendant qd’AMlie tirai F4II* fBbre»t4, C4r*m« outre n« discrétion la porta do cabinet.)