CHAMBRE
(An lever dn rideau, JaaépHlnt «t In dent feame* de rbtmbre «ont autoar du guéridon, regardant le* objet* qn* ranfrrme la corbeille. — - M. de Clairrlll* et Amélie «ont en »oeoe.)
DE CLAIRVILir, ponant l'bebit de eoateillér d'Eutet l'épdn. Lai$$e-mni te remercier et t'embrasser encore, mat-hère Amélie, ma fille bien-aimée! Au déclin de ma vie, quand la faiblesse cl le poids de l'âge ne me permettaient plus n» de porter le malheur, ni de le réparer, je retrouve et je conserve par toi mon honneur sans perdre nu fortune, et la vie peut m’être chère* encore.
• amelib. Je ne mérite pas de tels remerciements, mon père; ma soumission était un devoir.
Joséphine, 4 pan. C’est magnifique! (ii»nt.) Voilà les diamants.
Ma.AiniLLt.Je sais quelle Ali toujours ta répugnance pour 1 ? mariage; mais le sacrifice de ta liberté ne restera pas sans récompense.
Amélie. Votre bonheur, mon père...
dk clairvillf. Dis plus, dis aussi ma vie. Oui, chacun de mes jours désormais t'appartiendra, et ce prix, je le sais, suffirait » ton cœur. Mais le ciel t’en devait encore un autre, et, juste envers tes vertus, il te le donne, ma fille, dans le plus noble et le plus estimable des époux; avec lui, ton honneur est plus sûr encore; et ce n'est pas In moindre joie de mon cœur de voir que le destin a lait pour toi mieux peut-être que nVût obtenu le choix le plus sage et 1 p plus réfléchi.
JO-Sf.PIIINE, qui *'e«t approché* acre an èerin è la Bain. Il faut l'a-
vouer, Mademoiselle, monsieur le comte .1 raison. Vote* les beaux diamants! cela serait digne d’une princesse. Oh! monsieur le baron de Saint- Val scia décidément un mari pârfiit.
amelie. Sa conduite envers mon père surpasse le plus bel éloge.
de clair ville. Ce root dans ta bouche, ma fille, est un gage de bonheur.
JosEriiwr.. El Mademoiselle ifa pas th deux superbes cachemire.'.
auêlib. Je les verrai r Joséphine.
JOSEPHINE. Ajoutez à cela, ce qui n’est pas à oublier, que monsieur le baron est un fort bel homme, un peu sérieux, même un peu singulier. Oh! par exemple, ce n'csl pus du tout un galant, un dlôcur de belles choses, un héros de salon, et je vous en félicite, Mademoiselle; oui, ce n’est pas un tort que cela, nu contraire, il y a presque toujours un génie et un cœur sous un esprit original.
de CLAIR vil. LR Joséphine juge bien.
Joséphine. Et Christophe, son hussard! vous n'avez pas encore vu celui-là. Mademoiselle? c'esl un modèle. (Umatreftim*.) Il parle la français gome ein Zuize... Eh bien! j'aime aussi cela; ça n'est pas ordinaire. (Amélie. »v* e bonté. r»h «igné k jotéphîn*
de ae taire.)
dk clairville, 4 Amélie. C'est un tienx soldat qui n‘a jamais quitté son colonel : cola fait encore l’éloge du baron, et, quoi qu’en dise Joséphine, il ne néglige pas les soins d’un homme qui désire te plaire, c.ir je le croisa sa toilette.
Joséphine , *«♦« imperum*. Nous sommes prêles à le Recevoir.
de clairville. répondant 4 Ameiie. Je t’en remercie. Mais, à propos, ma fille, il y a quelque temps que je ne suis Venu au château, et en arrivant je n’ai pas vu, comme de coutume, ce jeune orphelin, le petit Félix, qui accourait au-devant de moi... NV l’as-tu plus auprès de toi? (Jotépbine, qui allait retourner *ur **• pia, s'arrête et éeoule »tt»«unrm*nt.)
AMFLIK, tr« une froideur rouirai ale. Je l'ai CRl'dé fill châteatl
jusqu'à ce jour; mais, au muni' nt de contracter des nœuds qui vont me placer sous la dépendance d’un époux et lui soumettre toutes mes nllcctions, j’ai pensé qu'il était convenable d'éloigner cet enfant.
Joséphine, * part. Il est parti!
de clairville. Je ne présumé point, AmêhV, qtie le baron eût blâmé l'intérêt que tu prends à cet orphelin ; cependant je ne puis qu’approuver le sentiment délicat qui l’a conseillée; ton cœur est appelé à d’autres aff. étions plus près de la nature. D'ailleurs . Félix est déjà d’àge à se placer dans le monde, et il vaut mieux pour lui qu'il ne compte pas ton-
jours sur un appui étranger. Cependant, ma Allé, lu pourrai continuer à lui faire quelque bien.
Joséphine. * mc curiAiiu Mademoiselle peut le recommander.
de Clairville. Ton mari même peut le protéger.
Amélie, un P *u liimai. C'est inutile ; je l ui placé.
Joséphine. Déjà! Mademoiselle a bien fait.
AMÉLIE. IL suffit.
Joséphine, à ptn. C'est singulier.
un domestique, q«î «i «nu*. «onoBçaiK, Monsieur le baron de Saint- Val.
AMÉLIE, un peu iroublf*. Lui t
de clairville. Tu rougis?... cette émotion est sans doute d'un t>on augure.
AMÉLIE. Mon père!...(M. de Stlal-Val mut.)