S10-THIA
L'île de Sào-Thiago ou de Saint- Jacques, la plus grande de l'archipel, a environ 10 lieues de long, 6 lieues dans sa plus grande largeur, et 26 de circonférence.
Elle est traversée dans sa partie centrale , du nord au midi , par une chaîne de montagnes basaltiques où Ton remarque de l'argile, des laves, des bancs de calcaire. A peu près au centre culmine, jusqu'à environ 1 500 mètres au-dessus de la mer, le pico da Antonia,qui la divise en deux parties : Tune au sud, appelée, d'après l'aspect de ses prismes colonnaires, serra dos Orgâosi chaîne des Orgues; l'autre au nord, nommée montanJia dos PU cos ou Leitôes. montagne des Pics ou des Cochons de lait. Celle-ci se prolonge jusqu'à l'extrémité la plus septentrionale de nie, où elle se termine par deux mornes, os Montes do Tarrafalj qui sont les premières terres qu'aperçoit le navigateur en venant du nord.
Depuis le commencement du dix* huitième siècle, la population de Sào- Thiago a toujours flotté entre 20 000 et 25 000 âmes , diminuant à l'époque des grandes famines (comme, par exemple, de 1770 à 1773, et de 1831 à 1833), augmentant dans les intervalles. En 1834, elle était de 21 646 âmes, et elle peut avoir atteint aujourd'hui son chiffre extrême.
Après Villa-da-Praia, le chef-lieu de ' l*îie, il n'est aucun endroit qui puisse mériter le nom de village; les maisons sont dispersées dans toutes les directions, à travers les plantations, le long des vallées, dont quelques-unes, comme celles de Sâo-Domingos et do Engenbo , en comptent plus de 200.
*>* tTmrrEks.
Les ribeiràs ou vallées cultivées les plus connues sont, autour de la ville, dans un rayon de deux à trois lieues, celles de Bom-Cae, de Montaçarro, de Çâo-filippe et de Caiada, qui lui sont contigues, de S3o -Francisco, de Trindade, de Martinho, de Sao-Thiago, de Ribeirào-Corrëa , de Ribeirâo das Eguas, de Ribcir a-Grande, de Sâo-Domtngos, et plus au nord, dans diverses directions, Santa-Anna, Monfalleiro, etc. La partie nord de Pile passe pour être plus salubre que celle du sud ; mais il faut ajouter que toutes les deux sont malsaines , sans qu'il soit possible de dire pourguoi : car c'est une idée fausse que de l'attribuer à une lagune de la paroisse de Sâo-Miguel (laquelle n'est pas plus malsaine que les autres), qui communique avec la mer, dont elle est voisine, et qui, dans tous les cas, ne saurait être la cause des fièvres de la ville , dont elle est éloignée de six lieues.
Sâo-Thiaeo, répartie entre 54 majorats, est divisée en 11 paroisses et 3 conseilleries , celle de Villa-da-Praia et celle de Santa-Catharina , ayant chacune leurs municipalités respectives, en général très-pauvres.
La première ville qui s'y soit élevée est celle de Ribeira- Grande , située sur la côte méridionale de l'île, à rentrée d'une vallée étroite et bien cultivée, qui court du nord au sud entre deux chaînes élevées, et qu'arrose ,1e ruisseau auquel elle doit son nom.
KIKî date de l'époque même de la première colonisation, aux premières années du seizième siècle; elle faisait un riche commerce, et montrai avec orgueil ses nombreux édifices, lorsque les Français, s'en étant emparés en 1712, lui causèrent de grands dommages. La majeure partie de la population se retira dans les montagnes , et bien que la tranquillité se soit rétablie par la suite , elle ne se releva plus ; enfin , son état de décadence était tel en 1770, qu'elle cessa d'être la eapitale de l'archipel, et que le siège du gouvernement fut transporté à Villa-da-Praia : c'était lui porter le dernier coup. Aujourd'hui, c'est pitié
que de voir dans I* solitude cette ville ruinée avec ses portiques, ses marbres, ses pierres travaillées, ruines au milieu desquelles s'élèvent encore la cathédrale, la Misericordia, les restes du palais épiscopal, et ceux d'un séminaire qui ne fut jamais terminé. Autour de ces édifices s'étendait et s'étend encore la partie la plus considérable de la ville , au pied d'une haute montagne à pic. sur laquelle se dresse la citadelle qu y élevèrent les Espagnols en 1657; elle était flanquée de quatre bastions, et renfermait des casernes, une poudrière et une citerne. De ce même côté de la ville setrouveun faubourg dans lequel on éleva à la même époque, au milieu d'unjardin délicieux, un petit couvent de missionnaires capucins, qui est encore assez bien conservé. Le port était défendu par des batteries aujourd'hui délabrées, et dont l'artillerie est dispersée entre les décombres.
Du reste , il est juste de dire que les Français ne sont pas la seule cause d'un si grand désastre. Si les événements de 1712 n'étaient venus précipiter l'abandon de Ribeira-Grande, on eût été obligé, mais à la longue, de prendre ce parti ; car déjà , depuis la fin du seizième siècle, on avait remarqué combien son climat était malsain , et , avatit que les Espagnols la fortifiassent pour la dominer, elle était sans cesse menacée et exposée, aux exactions des pirates. Dans l'accomplissement de ce fait si grave, on put avoir encore un exemple de la puissance que possèdent et la force de l'habitude et les souvenirs du passé , puisqu'il fallut près de deux siècles et de graves circonstances pour que la population de Ribeira-Grande ait pu se décider à aller vivre en d'autres lieux.
Villa-da-Praia (la ville de la Plage), où elle se retira , en est à cinq milles et demi (10 kilomètres) à l'est, au fond d'une baie assez vaste où les navires sont à l'abri des vents du large, et où ils neuvent mouiller par 5, 6 et 8 brasses d'eau. On y éprouve malheureusement saris cesse un ressac violent,
ILES DB i/ÂtfMQUE.
qui y rend le débarquement aussi difficile qoè désagréable. H serait facile cependant de remédier à ce grave inronrénient au moyen de quelques travaux , dont l'urgence a été reconnue partons les gouverneurs depuis 1884, mais que Ton n'a pas encore commencés, bien aue la dépense doive en être peu considérable, la nature ayant déjà fait, pour ainsi dire, une partie des frais. Sur le côté occidental de la baie s'élève un rocher appelé Ilheo dos Passaros, qu'il s'agirait de réunir à la côte vis-à-vts , par un môle en pierre de 120 à ISO brasses, s'appuyant sur plusieurs roches qui embarrassent le canal de séparation , et autour desquelles il n'y a qu'une demi-brasse n'eau. En ajoutant à cela un quai, d'un établissement peu dispendieux, et quelques fortifications, on aurait un port qui ferait honneur à la nation portugaise, et qui ne tarderait pas à accroître la prospérité de Villa-da-Praia.
Celle-ci garda longtemps ses pauvres maisons de paille, et l'on voit, par quelques relations de la On du siècle dernier, que si Villa-da-Praia avait acquis alors une certaine importance politique, elle offrait encore un aspect assez misérable. Lorsque le capitaine général dom Antonio Coutinho de Lancastre y fit son entrée en 1803, ce n'était qu'un vaste champ couvert de cabanes sans ordre, au milieu duquel on royait seulement quelques habitations plus importantes. Mais cet officier général et son successeur Joao da Mat ta Chapuzet (1822) apportèrent de telles modifications à cet état de choses qj'dle put enfin prendre rang à côté de certaines villes de la mère patrie.
Villa-da-Praia (*) s'élève Sur ce que Ton appelle aux îles du Cap- Vert une ftWa, un plateau, une plaine en forme déterrasse, s'appuyant sur une muraille de roches d'à peu près 80 à '00 mètres d'élévation, et resserrée a droite et à gauche entre deux riches
(*} Elle est située par x4° 43' 54" de latitude uord, et a5° 5a' i5" de longitude occidentale, comptée du méridien de Pari*. ( Gim , Connaissance des temps Pw 1846. )
vallées dites, l'une, de ta Compagnie, fvarzea de la Companhia) , parce aue la Compagnie exclusive de la côte d'Afrique y a une maison, et l'autre, da Ribeirà de Bom Caey du ruisseau qui l'arrose en tout temps. Elles s'ouvrent du côté delà baie sur des plages, Tune de sable blanc appelée Praia Grande; l'autre surnommée, à cause de son aspect, Praia negra ou la Plage noire.
Les abords de la baie sont défendus par quatre batteries, et à l'extrémité orientale de la ville s'en trouve une cinquième, appelée la Grande Batterie (Bateria Grande), sur une petite place
f)lantée d'une promenade très-agréable e soir, et d'où l'on descend par un chemin dans la vallée de Bom Cae et à la Praia negra.
Le lieu où l'on débarque habituellement est un petit rocner à quelque distance de la ville, au delà de la Praia Grande, au pied de hautes falaises sur lesquelles il y a , ou plutôt il y avait jadis, une fortification aujourd'hui en ruine. Aussitôt débarqué , on est accueilli par une foule d individus char- §és de fruits, de végétaux, de poulets, e dindons , de singes, qui vous offrent, de la manière la plus variée et la plus pressante, leurs marchandises.
La distance qui sépare le débarcadère de la ville est extrêmement fatigante à parcourir, parce que le chemin ne traverse presque toujours qu'un sable profond.
Le sol, les rochers, tous les points sur lesquels la vue s'arrête, ne laissent aucun doute sur leur origine volcanique. C'est une pauvre terre dans laquelle une herbe courte et chétive trouve à peine de quoi se sustenter.
On y voit paître cependant quantité de chèvres et d'ânes. La végétation a d'ailleurs un caractère africain bien prononcé.
L'impression que Ton éprouve en pénétrant dans la ville est loin d« demeurer ce qu'elle était lorsque, vue du mouillage, elle se montrait avec tous les avantages que peut donner une position agréable.
La partie principale qui s'étend au-
L'UMVEB5.
tour d'un vaste parallélogramme appelé o Pelourinho, est formée de rues larges et bien percées, mais dont les maisons ne valent même pas celles
au'habitent les basses classes à Maère ; elles sont blanchies à la chaux, n'ont guère qu'un étage, et sont cou* vertes , les unes en planches , les autres en tuiles. On n y trouve que les objets de première nécessité ; et quant à ce que nous entendons par le confortable, il ne faut pas en parler.
Dans la partie nord-est de la ville, les habitations sont en pierres brutes, couvertes en feuilles de palmier; toutes les autres ne sont que de véritables cabanes africaines. Les rues et les maisons sont d'ailleurs extrêmement sales , et Jes porcs , la volaille et les singes qui les occupent paraissent y jouir des mêmes prérogatives et des mêmes droits que leurs maîtres.
Au milieu de cet ensemble se montrent quelques édiûces publics, que nous citerons plutôt pour leur importance relative que pour leur architecture ; ce sont : l'église et l'hôtel du Î;ouvernement, situés vis-à-vis l'un de 'autre sur une petite place qui domine la mer ; l'hôtel de ville, la prison, le tribunal, un hôpital assez commode, bien situé, et près duquel se voit un moulin à vent, le seul de l'archipel, construit par le gouverneur Chapuzet, mais qui ne sert plus aujourd'hui.
Les dernières maisons de la partie ouest ont la vue sur l'ombreuse vallée de la Compagnie, appelée aussi, à cause d'une source qui s'y trouve, vallée de Fonte-Anna. Un petit bâtiment, surmonté d'un toit pyramidal en tuiles, la met à l'abri du soleil, et tout autour, le gouverneur Chapuzet a fait planter des palmiers, des cocotiers, des bananiers, des papayers, des cannes à sucre, des tamariniers, entremêlés de vignes, d'orangers, de citronniers, etc., auxquels se mêle la luxuriante végétation de quelques jardios voisins, qui l'ont du tout un lieu enchanteur, et dont la beauté ressort d'autant plus que le reste de la vallée est inculte. Souvent la scène se peuple de groupes d'habitants aux apparences
variées qui lui donnent quelque chose de tout à fait original, et pendant longtemps elle était, par intervalles, singulièrement animée ; car c'était là que les navires venaient faire leur eau. La Fonte-anna fournissait en outre à la consommation de la ville. Mais son éloignemeftt, son eau trouble et insalubre, exigeaient que l'on pourvût d'une autre manière aux besoins de la population et des navires. Un homme d'un caractère industrieux et entreprenant, le conseiller Antào Martins, exécuta ce que le gouvernement n'avait pas su faire : au moyen de tuyaux en fer apportés d'Angleterre, il amena jusqu'à la ville les belles eaux de la ferme de Montagarro, qui en est à plus de deux milles (près de quatre kilomètres) ; elles sont reçues dans un réservoir en marbre, travaillé en Portugal; et bien que l'ensemble de ce beau travail ait coûté, dit-on, plus de trois millions de francs, la nouvelle eau ne revient qu'à un prix très-inférieur à celui que coûtait celle de Ja Fonte-Anna.
Une amélioration si importante, jointe aux avantages de la situation géographique de Villa-da-Praia, et à la fertilité de son territoire, ne peuvent manquer de développer la prospérité et la richesse de cette petite ville.
Malheureusement , elle aura toujours à lutter contre l'insalubrité de son climat. En 1833, à l'époque de la visite du capitaine Wilkrs, sa population ne s'élevait qu'à 2 300 habitants.
Lorsqu'il y a quelque navire en rade , il s'y tient tous les iours un marché où l'on trouve une abondante variété de fruits et de légumes, quelques volailles et des œufs; mais si Von veut du bœuf, il faut se rendre au parc, où, en prévenant à l'avance, on peut se ménager le choix des bétes.
En général, elles sont d'une petite race, à poil foncé, et toutes, du reste, amenées de l'intérieur.
Le commerce de détail est peu actif:
il n'y a qu'un charpentier, et seulement quelques boutiques où Ton trouve divers objets des manufactures d'Europe, étoffes de coton, objets d'habillement, etc. Le nombre des cabarets
est plus considérable : on y met toujours en vente beaucoup de raisin. Au total, les demandes des navires sont moins actives aujourd'hui qu'il y a plusieurs années, à cause du grand perfectionnement que Ton a apporté dans ravitaillement des bâtiments destinés au long cours;* mais Villa da- Praia est encore très-fréquenté dans ce but par les baleiniers.
MÀIO.
L'île do Maio ou das JMaias est a
5 lieues à l'est de Sâo-Thiago , d'où on l'aperçoit très-distinctement; elle a 14 milles dans sa plus grande longueur du nord au sud, 7 de Test à l'ouest, et 12 lieues de circuit.
Sa surface est montagneuse à l'est, mais plate ou légèrement accidentée dans te surplus ; du reste, ni ruisseaux ni sources. A une demi-lieue de la côte sud-ouest, en arrière du principal centre de population appelé le Port anglais , s étend un marais dont les miasmes engendrent les lièvres et les catarrhes auxquels cette île est exposée, bien qu'elle soit beaucoup inoins malsaine que sa voisine Sâo-Thiago.
la principale richesse de l'île do Maio est l'excellent sel qu'elle produit, et dont il s'exporte, année moyenne, environ 4 000 muids ( 32 556 hectolitres), sans compter ce qui se consomme à Sâo-Thiago, Fogo, Brava, ce qui fait un total général de plus de
6 000 muids ( 48 834 hectolitres).
La culture v est insignifiante , et c'est à peine si les habitants les plus aisés s'occupent d'un peu de jardinage. Après les pluies d'août et de septembre, on plante en janvier du maïs, des légumes , quelques plantes culinaires, mais le tout en fort petite quantité. Le sot est d'ailleurs complètement déboisé, bien qui! soit trèsfavorable à la croissance des cocotiers, dont sa population pourrait retirer tant d'avantages.
La presque totalité de l'île n'offre que des pâturages que, par suite de la nature même du soi (un conglomérat decbaux et de sable coquillier), il serait
très-facile d'améliorer singulièrement en y introduisant les onobrichis. Au seizième et au dix-septième siècle, on y faisait un grand commerce de viande salée et de cuirs, et on y cultivait beaucoup de coton; mais depuis que le commerce du sel a commencé à se développer, les habitants, qui sont tous propriétaires de marais salants, se sont livrés exclusivement à cette industrie; aujourd'hui, on n'y fait plus de coton, et c'est à peine si on y élève assez de bétail pour la consommation locale et pour l'approvisionnement des navires. Le commerce du sel se fait par tournée (ce que l'on appelle roda), aucun des navires ne pouvant prendre tout son chargement à un seul propriétaire, mais seulement une portion à chacun d'eux. La répartition S5 fait toujours avec facilité par les consignataires qui en ont l'habitude, et les contestations auxquelles elle peut donner lieu chaque fois s'arrangent sans trop de peine.
Le meilleur sel est celui de la Satina Felha, la Vieille Saline, où il ?e cristallise naturellement par couches à la simple évaporation. D'année en année cependant il devient moins pur, par suite du limon qui s'y accumule.
L'exploitation se fait sous la surveillance de l'autorité, ou par tournée en certains jours , ou suivant le système du travail en commun, chaque l'eu envoyant un ouvrier sur les fieux.
Dans les autres salines qui sont éloignées de la mer, le sel se fait, comme a Boavista, artificiellement, c'est-àdire de la manière suivante: on creuse/ au voisinage, des puits d'eau douce dont on répand l'eau sur le terrain préparé à cet-effet , et le soleil y cristallise le sel en 10 et 15 jours; on le retire et on recommence l'opération.
Ce sel des salines artificielles est moins brillant, moins cristallin, et plus fin que celui des salines naturelles ; mais il est aussi blanc , et les consommateurs, loin de le rejeter, le regardent comme meilleur pour les salaisons.
Les côtes de l'île do Maio n'offrent que deux mouillages : le premier et le plus fréquenté par les navires de tou-
L'UNIVERS
tes les nations qui viennent y chercher du sel , est une uaie assez vaste de la côte sud-ouest, où Ton peut jeter l'ancre à volonté par 10 b rases, fond de sable. Il en est une partie, le port même , qui a reçu le nom de Port anglais , Porto-Inglez. Parfaitement abrité des vents du nord , il est très* sûr à l'époque des brises, mais trèstourmenté dans la saison des pluies.
Au fond se dresse une muraille de roches , formant , comme à Villa-da- Praia, une achada ou plateau sur lequel sont les maisons , mais qui rend le débarquement on ne peut plus désagréable et même très-dangereux.
Sur la plage on a établi une grue pour le chargement et le déchargement des lancbes qui viennent à cet effet accoster cette effroyable roche à pic, où la mer bat sans cesse avec plus ou moins de furie , selon la direction ou la force du vent régnant On s'y prend de la même manière pour débarquer ou embarquer les personnes qui sont à terre ou en viennent. Lorsque la mer brise, c'est à peine si elle permet aux plus agiles de sauter du canot sur une roche glissante et de courir à la hâte vers de grossiers degrés pratiqués dans une fente de la falaise pour gagner, sur l'achada, la povoaçào du Porto-Inglez. Là se trouvent : la douane, regardée comme la mieux construite de la province, et autour de laquelle s'élèvent d'énormes piles de sel semblables à de blanches pyramides sur la terre aride; une batterie appelée o Presidio, et tout auprès le poste du détachement et la prison militaire. Au commencement de ce siècle, les maisons n'étaient pour la plupart couvertes qu'en paille; mais depuis l'administration du gouverneur Cbapuzet, la bourgade s'étant accrue, aujourd'hui toutes les maisons sont en pierres et couvertes en tuiles; uelques-unes sont même assez granles et d'une bonne apparence, mais elles sont disposées sans aucun ordre.
Le mouillage du Porto-Inglez est par 14# 6' nord^t 25* 37', U^ à l'ouest de Paris.
Le second mouillage pour les na-
vires est le Porto de Pao-Secco, le port de Bois-Sec , près de la pointe du même nom, sur la côte nord-est.
C'est une petite baie où Ton peut jeter l'ancre sur un bon fond par huit brasses; mais elle est peu fréquentée.
L'île do Maio forme une conseillerie comprenant unç seule paroisse. Outre la povoacào du Porto-Inglez et la paroisse do Penoso, à trois lieues dans les terres, il y a quatre groupes de cabanes , dispersées dans des vallées ou ribeyras sans eau, et habitées par des pasteurs et par quelques, orseil leurs.
En 1834, on comptait a Maio l 900 et quelques individus, chiffre qui, actuellement , peut s'élever à 2 200 ; ils tirent de Sao-Thiago le maïs et les légumes dont ils ont besoin pour leur consommation, et ils livrent à l'exportation, du bétail, quelque peu d'orseille, mais surtout du sel. On pourrait cependant y faire encore aujourd'hui, comme dans le passé , d'abondantes récoltes de coton, y préparer beaucoup plus de viande salée et de cuirs qu on ne le fait , et y joindre du poisson salé, car ses côtes fourniraient à une inépuisable pêche.