Elle en jouit encore sous Marc- Aurèle
196 an. Sous Septime-Sévère.
ai i-ai7. Sous CaracaUa.
méritèrent le prix de la valeur à Salamine. »
ÊGINB DANS LBS TEMPS MODERNES.
Sous les empereurs grecs, É^ne traverse obscurément les longs siècles qui s'écoulent entre l'invasion ofes barbares et les croisades. Ce n'est qu'après la prise de Constantinople par Bauaouin et les croisés en 1204 qu'il est de nouveau
Question de cette île. Lors du partage e l'empire grec, elle échut à la républi- 3ue de Venise, et Galeas Malatesta, genre d'Antoine le Bâtard, seigneur d'Athènes, prit le titre de prince d'Egine (1). Venise y envoya ses provéditeurs, comme autrefois Sparte y avait placé ses /tarmostes, et sous l'impulsion d'une république de marchands le génie d Égiue se réveilla encore une fois. On vit renaître à la fois sa population et son commerce; elle alimenta avec Venise, sa suzeraine, les comptoirs de Tyr,Béryte, Alep, Constantinople, Sinope, Trebîzonde, et les villes commerçantes situées aux embouchures du Phase et du Tanaïs.
Au seizième siècle, les Turcs ravirent à Venise cette possession; c'était le temps où sur toutes les plages, dans tous les replis de la Méditerranée le croissant faisait la guerre à la croix. Soliman II venait (l'an 1636 du Christ) de mettre en mer une flotte de 400 voiles, qui devait porter la guerre en Italie. Il alla d'abord ravager Corcyre, et dirigea ensuite sa route vers Éguie. Par son ordre, le ca-
Eitan- pacha Barberousse, le terrible éros des sanglantes légendes de l'époque, parut un matin avec toutes ses voiles devant le port de Tile (1638).
Il envoya un héraut au gouverneur pour le sommer de se rendre. Sur son refus, l'attaque commença. En vain les Éginètes opérèrent une sortie dans laquelle ils Grent un immense carnage des Turcs :
écrasés par le nombre sans cesse renaissant de leurs ennemis, ils furent con traints de se replier dans la citadelle. Mais la ville et la forteresse furent en quelques heures réduites en cendres par 1 artillerie de Barberousse. Tous les hommes furent massacrés jusqu'au der-
(i) Daru, HitU de Denise, IV, 3?
ILES DU GOLFE SARONIQUE
5fS
nier, et les femmes et les enfants transportés avec le butin à Constantinople (1). L*amiral turc disait à cette occasion que la conquête de la plupartdes fies de TArchipel tombées en son pouvoir n'aurait de valeur à ses yeux qu autant qu'il serait mahre d^Égine. Lorsque François Morosini la reprit pour Venise, en 1G54, elle était entièrement livrée à la barbarie musulmane, et servait de renaire aux corsaires de TArchipel. La ville même s'était déplacée ; elle avait quitté le bord de la mer, pour se transporter au ce n-
chie du départenient de l'Attlque et Béotie.
BTAT DE LA CIVILISATION DANS lIlB
D'ÉeiNB.
GOMMEBCB DBS ÉGINBTES. — Ltie
d'Égine, dont nous venons de suivre les luttes politiques depuis les premiers temps de Thistoire grecque , dut principalement sa prospérité à Tactivité du génie de ses habitants, à la fols commerçants, industriels et artistes. Comptoir commun de la Grèce (1), Égine, qui
tre de l'île, en gravir les rochers et se jusqu'à la guerre du Péloponnèse' con-
serva la liberté de commerce avec Athènes (3) , voyait se centraliser chez ses trapézites ou banquiers toutes les transactions des peuples s^ voisins. L'usage de la monnaie avait été importé chez les Éginètes par Phidon, roi d'Areos (3) , et le change était resté une des branches les plus importantes de leurs profits commerciaux. La monnaie d'Ëgine était généralement plus forte que celle d'Athènes, ainsi que nous l'apprend Julius Pollux (4) : « La drachme eginétique était plus forte que la draclime attique , car elle valait dix oboles (on sait que la drachme attique valait six oboles). Les Athéniens l'appelaient drachme épaisse (forte), ne voulant pas la nommer drachme d'Égine, par haine des Éginètes. » Le même auteur ajoute plus loin : « Le talent attique valait soixante mines , mais le talent éginète en valait cent , selon la proportion établie. » Ce fait peut donner une idée de la richesse métallique des Éginètes.
Les vaisseaux d'Égine allaient chercher dans les ports de la Syrie et de l'Egypte la soie , les épices , les aromates , l'ivoire , les perles , les pierres précieuses, les substances tinctoriales de l'Inde; les riches étoffes de soie , d'or et d'argent de l'Assvrie et de la Perse; les parfums de l'Arabie; les éclatants tissus, les vases de bronze , et autres objets provenant des fabriques phéniciennes ; les blés.
transformer à leur sommet en une forteresse redoutable, que ruinèrent les Vénitiens. En 1 695, Morosini, secondé par Sébastien Mocenigo, préfet du golfe Adriatique , releva les ruines de la ville qu'il avait détruite, et construisit, pour défendre l'entrée du port contre les Turcs, une tour oui existe encore. Puis il transporta dans nie une partie des habitants du Pirée, dont il avait rasé la forteresse. Venise vengeaitÉgiue des dévastations d'Atliènes. En 1 699, aprèsune longue guerre où l'empire ottoman vit commencer sa
f période de décadence, le traité de Carowitz, qui réglait les possessions des Turcs, de l'empereur et de la république de Venise, laissa à cette dernière la souveraineté de nie d'Égine (2).
Enfin , en 171 4 111e, dont la prospérité commençait à renaître, sous la protection vénitienne, se rendit sans coup férir aux Turcs, subjuguée par l'effroi que lui causèrent les massacres de Corinthe (8). Depuis cette époque Égine ^ ainsi que le reste de la Grèce , ne fit que payer des tributs et fournir des esclaves a la Turquie, jusqu'au moment où, levant l'étendard de la croix avec les marins d'Hydra et d'Ipsara, les Éginètes donnèrent le signal de l'insurrection , et commencèrent cette guerre justement appelée la guerre de indépendance. Le 8 juin 1828 le comte Jean Capo d'Istrias,
Kroclamé président du gouvernement ellénique, en établit le si^e à Égine, d'où il le transféra à Piauplie en juin 1829. Aujourd'hui Égine est une épar-
(i) Yoy. Schol. Aristopli., ad Ran,, 363. (a) XénophoD, HeUéniques , \ix, Y.
(3) Le type des anciennes monnaies d*Ëgine était ordinairement une tortue ou une tète de bélier. (Yoy. Oufr. Mùller, Mgtnetica y p. 56, 88 et suiv. )
(4) Jul. Pol., Onom,, IX , 76, 86.
3S* Livraison. ( Iles du Golfe Saboriqub. } 33
(i) Dapper, Desciiption des Iles de tJr ehipel, p. a 80.
(a) Daru, ff'ut, de renise, XXXJV, 8.
(3) Daru , Id.^ id.
su
L*UNrVERS.
le lin , brut et ouvré, le papyrus , le uatroD, les poteries fines, les verreries colorées ou gravées, et les dattes de TÉf^ypte ; les esclaves noirs , Tivoire , la poudre d*or et les parfums de l*Éthiopie, et enfin les précieuses marchandises de rinde et de la Perse, arrivant par le Phase et la mer Caspienne dans les ports de la mer Noire, aoù les navires égi« nètes emportaient aussi des fourrures, 4es pelleteries , des poissons salés , de la poix, des cordages « du bois de construction, du bétail , des laines, des blés, de la cire, du miel et des esclaves (1). Ëgiue, dont les habitants ne méprisaient aucun moyen de s^enricbir, avait aussi donné à la fabrication et au commerce des ooteries une extension qui lui avait valu clans Tantiquité Tépithele de xvip^TttoXiç , marchande de marmi»
tes (2). Les ouvriers d^Ëgine possédaient aussi à un degré très-avancé Fart de la métallurgie, et Pline rapporte que bien que nie ne renfermât pas de mines de cuivre, ses habitants travaillaient ce métal avec un art admirable. Il ajoute qu*à Éginese trouvait un bœuf de cuivre si bienCondu et ciselé qu*on le porta à Rome pour le placer au milieu an forum boarium (3).
Il serait assez difficile, par suite du défaut de documents authentiques, d'évaluer d'une manière bien exacte l'étendue des richesses de Tile; on peut néanmoins s'en faire une idée en calculant la valeur des esclaves au'elle possédait. Selon Xénophon et d autres écrivains, le prix moyen d'un esclave était de quatre mines; ainsi les auatre cent soixante-dix mille esclaves d £gine représentaient un capital d'environ 174 millions de notre monnaie. Cette somme était énorme dans un temps où une fortune de 70 à 100 talents (390 à 660 mille francs) passait à Athènes pour considérable (4).
Les Lettbes à Éoime. — Égiue retentit des accords sublimes de la lyre de Pindare. Ce chantre de la gloire y vint célébrer au foyer de Lampon , un des plus illustres citoyens de rîle, les
(i) Henri La Blanchetais, Notice historique sur Égine, pag. lo et sui?.
hi) JuliusPollux, Onom,^ YII, 197.
(3) Pline, Hitt. Nat„ XXXIV, a.
(4) Henri La Blanchetaif, Notice, ete„ p. aa.
victoires <raele8fiisdeee(kmer,?fthias et Pbylacidas, avaieotranpoitn aux jeux Kéméens et Istbmiqoes. Peo d'années séparaient cette lolamilédeii bataille de Salamine. Le poêle sais] cette occasfon pour exalter la talmte Éginètes dans les temps bétoiqQesâj répoque actuelle. Après aïoir npfâ les héros dont les exploits inspinsiie chants delà Muse dans les autres cte de la Grèce, il s'exprime ainsi, tte c'est dans OCnooe que sontcéiâiRsia grands cœurs d'Éaqueetdescseifiifi; ceux qui marchent atec Bereoiett»
Atrides ont deux fois renvenéparl»
armes la ville des Troyens. Uvt,ps^ maintenant ton essor, et rtêmm^ tué Cycnus , qui a tué Hedflf,ari«rè.
pide chef des Éthiopiens, îf«w J l'armure d'airain; dis-moiquW»»
sa lance le vaillant Télèphe flirtent du Caïcus. Le nom de kpawitt»
teurs de tant d'exploits est ja»»»
les bouches , Cest £?»«» f^fjf:
gracieuse, Egine , qui depok loo^e^ s'élève comme une tour P»^',^ tifîée par des vertus trop haa» F qu'on puisse y atteindre, w»^*; déliée par la Muse, pouiprtf»»^ dre encore plus d'un trait a si «^ et aujourd'hui , pour \^}^^Jf^ j'aurais le témoignage àtU^^ ie Salamine, sauvéeparies^;
nètes dans cette inondatooaw "^ent où d'innombrables bataillo!»!^ comme une grêle sanglante. ii)'j^ Nous ne rapporterons ^^^^, des vainqueurs olympe»»» r^.
gine, dont Pindare célèbre «jr; Alcimédou et Timosthè^ «!% frères et tous deux ^^f^T^^^^ mène le lutteur ; Soffepès , cw" pentathle ; Dinis, le héros de wjj du stade, èttanttfautr«(i(»uea thébainafeit parvenir les D^ffl nos jours. Nous rappeUerons y^ rivale en tout d'AtbeoM^^ elle un stade, et que f^^.^ nombre des hauts feïtsqwoB^A^i célèbre athlète Diagon^ « Jjr-^ six victoiresqu'ii remP^Î/^'A brés dans l^Ue en rhonncor û w^
(I) Pind., /i/Am., ^;J^:j;t.^ (a) Pind., OipV'f VriW'^
Ném.,yniNém m-fO^}^"'''
ILES DU GOLF£ SARONIQUE
SU
Égine» dont la déchéance donna lien au proTerbe grec : « Il est comme Ëgine : il a mis au monde ses meilleurs enfants les premiers (1), » fut à Fépoque de sa puissance la patrie et le séiour des es-
{>rits les plus distingués de la Grèce. Si 'on prenait au sérieux ce que dit Aristophane dans ses Achaméens, ?. 653, il aurait été, comme enfant ou habitant de Itle d'Ëgine, la cause réelle de rinsistance que les Lacédémonieus mettaient à revendiquer la possession de cette île. Suivant lui , le puissant monarque de FAsia lui-même, connaissant Futile et sévère franchise avec laquelle le célèbre comique parlait aux Athéniens, aurait dit aux ambassadeurs de Laoédémone que le peuple qui pNOSsédait un pareil conseiller ne pouvait manquer d'obtenir des succès constants dans la guerre. « Voilà pourquoi, dit-il, les Lacédémonieus poussent à la paix, et revendiquent Êgine, non qu'ils tiennent beaucoup à cette lie , mais afin de vous ravir le poète qui vous donne de si salutaires conseils. » Selon l'auteur grec anonyme de la vie d'Aristophane, dans l'antiquité, les uns le considéraient comme £ginète, parce que son oère était Dé à Egine, les autres parce qu il y résidait le plus souvent, qu il y avait dà propriétés. Un de ses scoliastea nous ap- Srend même que ses biens provenaient u lot qui lui était échu dans le partage fait des terres des Eginètes (2), après leur réduction nar les Athéniens. Peutêtre la crainte de perdre ces fruits de la conquête était-elle le motif réel qui rengageait à occuper la scène de la conservation d'Égine. La manière assez équivoque dont il s'exprime , peut-être à dessein, peut prêter à cette dernière interprétation. Quoi qu'il en soit, il paraît certain que le grand comique athénien avait de puissants intérêts qui TattP- 4;haient à l'ile des Êacides.
Le célèbre médecin grec Paul Éginète,
(i) Suidas, t. UI, p. 43o, éd. Kûst. — Diogenianus , YII , 38.
(i) Il était cléruque, xXT)poûxoc, nom qui se donnait à ceux qui étaient entrés par le droit de conquête en possession des terres des vaincus , partage qui se fiùsait par la voie du sort (xXTJpoç). Yoy. BœcUi, Eeonom. pol, d€s Alkénitnt, li? lH, ch. i8.
qui vivait au milieu du septième siècle après J.-C, et qui a tracé un abrégé de toute la médecine en sept livres, ouvrage estimé encore de nos jours , était né è Égine, d'où il prit le nom d'i£gineta. Du reste, l'histoire des letti es et des sciences à Égine offre bien des lacunes et exigerait des recherches toutes spéciales.
HlSTOlBB DEL*ÀBT ÉGINÉTIQUE. —
L*histoire de Tart é^nétique est mieux connue par ï^% témoignages des anciens, et surtout par les monuments qui nous en restent (1).
Lorsque Pausanias fit son voyase en Grèce, u admira près du port de llle un théâtre d*une belle architecture, dit-il, et semblable pour la grandeur et le style à celui d'Épidaure. Derrière le théâtre s'étendait le stade, dont l'un des côtés était appuyé au théâtre. Au même endroit s élevaient trois temples peu distants l'un de l'autre, et consacrés le premier à Apollon , le second à Diane , et le troisième à Bacchus (2). A quelque distance on apercevait le temple d'Èsculape, où l'on déposait, ainsi que noua l'apprend Aristophane (3), les malades qui venaient demander au Dieu lui-même la santé que ha& disciples n'avaient pu leur rendfre. Le voyageur cite ensuite un temple de Vénus, un temple d'Hécate, la divinité la plus honorée oes Éginètes , un temple d'Aphœa , suiet d'un hymne de Pinaare, et enfin, dans l'endroit le plus apparent de la ville , \jEaceum (A^axe.ov), temple en marbre blanc, élevé en l'honneur d Eaque. Sous le péristyle étaient appendues les couronnes remportées dans les jeux gymniques (4), et se trouvaient les bas-reliefis représentant les députatioos envoyées à Eaque pendant la sécheresse qui désola la Grèce (S). Ce temple contenait aussi sans doute les statues des Éâ^ides (6). Dans Tenceinte existaient de toute antiquité un
(r) Voy. l'Histoire de VJrt grec d'après les marbres eCÈgine et la description cle la Gl/ploUtèque de Munich , dans le livre de M. H. Fortoul, De CArt en Allemagne.
Ta) Pausanias, II, a4-3o.
(3) Aristophane, Us Guêpes, V, xaa.
(4) Pind., iVwif., V, 53 ; Schol. Apollon. Rh.» IV, 1770,
(5) Pausan., II, 29.
(6) Oltfr. Mûlier, JEginetica , p. 161.
L'UNIVERS
olivier et un autd peu élevé au-dessus du soi. Suivant une tradition mythique, cet autel renfermait le tombeau d Ëaque.
Hérodote parle aussi d*un temple de Cérès Thesmophore (i). Enfin, au nordest de la ville, sur le sommet d*une montagne, dont les premiers escarpements s'avancent dans la mer, s'élevait le temple de Jupiter Panhellénien. dont les ruines, élégantes colonnes doriennes encore debout, peuvent donner une idée de la gracieuse et simple architecture de réoifice. Suivant les ÉginèteSt tous les monuments de leur tie remontaient à Éaque. Ils racontèrent à Pausanias la tradition suivant laquelle c'était ce
firince aui avait élevé le temple à Jupiter. 1 est plus vraisemblable de conjecturer avec Ottfried Mûller, dans ses jEginetica, que sur les débris de Tantique et primitif édifice d*Éaque s'était élevé ce nouveau temple, dont les élégantes ruines n'offrent guère de ressemblance avec le premier et rude style dorique, dont on a retrouvé des traces à Corinthe et à Sic}'oiie. L'art et l'opulence d'une riche cité s'étaient réunis pour enrichir le sanctuaire du dieu, et le nouveau temple , rebâti sur les ruines uélasgiques , orné d'un colosse d'or et d'ivoire, fait probablement avec le butin de Salamine et de Platée, avait été réédifié après la guerre médique, et, comtnele pense Ott- Sried Miiller, avaitchangé son ancien nom dUelIénien contre celui de Panhellénien, symbole de la délivrance et de la fraternité passagère des Grecs.
En 1811, M. Cockerell, architecte de la banque de Londres, M. le baron Haller de Hallerstein, MM. Forster et Linck exploraient l'île d'Ëgine,cherchant à reconstruire Tantiquité avec ses ruines. En faisant des fouilles parmi les débris du temple de Jupiter Panhellénien , ils découvrirent, cachées à peine sous quelques pieds de terre, dix-sept figures en ronde bosse, ayant appartenu au fronton de ce temple. Ils les firent transporter à Rome; Thorwaldsen les restaura, et le roi Louis de Bavière, alors prince héréditaire, les acheta an prra de 10,000 ducats, pour en faire don à son pays. L'étude ae ces figures, qui font maintenant partie de la Glyptothèque de Munich , et
(i) Hérodote , IV, 85-93.
sont connues sous le nom de vaàm d'Éffine, est venue jeter un nouveau joir sur l'histoire de l'art grec
Dès l'époque de Dédale, penoon^ à moitié mythologioue, auguel lavé de Minerve attribua riovenUondesaitSt pendant que Samos inventait li ^ tique, la Crète et Sicyone Tarldese^r le marbre, Égine, rivale en toat d'Athènes, voyait naître et grandir l'wfe de ses artistes. Smilis et ses élèves faisaient leurs premiers essais de scuIjitBi? sur bois (^6ava). Pausanias die m éloge une statue de bois reptéseotzBî Junon, sculptée par cet artiste, et pt cée dans le temple de la déesse à 5ia& Il avait vu aussi à Elis, daotleleepie de Junon, des statues des BÊtns par Smilis (I); enfin, près àili^^ Laconie, il admirait, dansbta^ de Diane Limnatide, une stitterep sentant la déesse, et faite «a»»
d'ébène. « Cest un ouvrage, ajoaifr^dans le style connu sous le m» «t-
ginétique » (2). . . , ,.
Les noms des artistes W^^ par ce voyageur, artiste i^Ii^neflK, « qui a enregistré avec soin tottt«(iw« rattache aux productions des »ti ^ la Grèce, sont presque ausanomwjo que ceux de l'école d'AlbeiieJ;^ d'abord Gallon, auteur de b^ Minerve Sthéniade . dans J «^ de Trézène (3) , élève de T«ttJ « d'Angelion, de l'école de Saû&^^^ les témoignages contradictoires «J^
et de Quintilien placent avaitfljte^ de Marathon ou après ceUeçTi^ tamos ; Glaucias , qui fit 1^^ de plusieurs athlètes mq^ ^ les jeux; Anaxagoras, slajuaiR.J»
paraîtavoirvécusousCassandie;;»)^ auteur de la statue d'Hécate, qwj^ le temple de cette déesse dans i - Philotimus, Ptolichus, Sfl^^ mon, Synnoon, eleve d^[^ statuaires ; Théopropus, sculpt«J^ ^ deur,- dont on voyait «« "„'^.f.
bronze dans le temple de m^^' En avant, et bien au-dessus «^
(i) Pausanias, vu, 4; V, '7-
(a) Id.. vm, 53.
(3)Id., U,3a. ,, ,i>^^^^
(4) Pausanias, V, «-«3; ".'♦''''
ILES DU GOLFE SARONIQUE
géiiératîoD d'artistes, Pausanias cite Onatas, dont il parie plus en détail , auquel il reconnaît une véritable supré« matie, et qui, il le déclare formellement, « n*est inférieur à aucun de ceux oui sont sortis de l'école d* Athènes fondée par Dédale ». Onatas était contemporain d'Hégias d'Athènes et d'Agéladas d'Argos(i), le maître de Phidias, et rivait entre la ^erre des Perses et celle du Péloponnèse ( de la 72^ à la 88® olympiade , 490-431 av. J.-G. ). Les œuvres de cet artiste, à la lois peintre, statuaire et fondeur, étaient répandues et recherchées dans toute la Grèce. « Les Phigaliens avaient obtenu de lui qu'il leur nt une statue de Gérés. » (2) La Sicile montrait aux voyageurs son Hercule et ses statues des néros grecs qui se présentèrent pour combattre Hector après son défi; le bouclier d'Idoménée portait cette inscription : « Ges ouvrages sont , ainsi que beaucoup d'autres , le fruit du travejl du savant Onatas, à qui l'île d'Égine donna le jour. « Plusieurs statues onertes au temple de Delphes par les Tareutins étaient dues à son ciseau ; enfin, on admirait de lui à Platée deux tableaux, l'un représentant le combat d'ÉtéocIe et Polynice, l'autre, placé dans le temple de Minerve Aréa , ayant pour sujet la première expédition des Argiens contre Thèbes (3). Ge maître, "évidemment l'un des plus distingués de l'art grec , appartenant, par son époque et par son talent, à la brillante période qu illustra Phidias , peut être considéré comme le plus glorieux représentant de l'art éginétique. Rival de l'école d'Athènes pour la perfection de la forme , il était resté fidèle à la nationalité de son art , et c'était souvent aux œuvres des vieux maîtres éginètes de la famille de Smilis qu'il allait demander des inspirations. La vue d'une de ces anciennes statues de bois lui avait donné l'idée de se mettre à couler le bronze (4). et il avait fait de ce métal, pour les habitants de Pergame, une statue colossale d'Apollon, aussi remarquable par ses dimen-
(x) Pausanias, YIII, 4** <a) là., ibid.
(3) Pausanias, X, 4» 5.
(4) Pausanias, YUly 4^.
sions que par son exécotion. Pausanias insiste sur ce fait , intéressant pour la filiation des artistes éginètes, et l'un des anneaux qui peuvent sarvir à rattadier la chaîne des origines de l'art d'Égine à l'histoire et à l'etode des œuvres de la seconde manière de son école.
Malgré les progrès qu'avait faits l'art grec vers la 60^ olympiade , il se ressentait encore de la démarche obaBcelante et embarrassée de l'enfance. Le style primitif, «ïcbaîné par toutes les difficultés {>ratiques de l'exécution , se reconnaissait toujours dans la raideur et l'absence de naturel des attitudes, dans la gêne dés agencements , et dans le défaut de mouvement des personnages. Joignons à cela la loi imposée à tout art qui commence, et dont les premiers essais sont toujours destinés a célébrer la partie sacrée et mythique d« l'histoire- des peuples; reconnaissons cette tradition originelle, hiératique, conventionnelle et inaltérable que nous retrouvons plus tard dans les œuvres byzantines de l^art chrétien ^ et dont les artistes s'affranchirent avec effort aa temps de la Renaissance. Dans les productions de Fart grec, le type conventionnel se répétait surtout dans la manière de traiter la figure , la chevelure « la barbe et les vêtements. L'art ne commence guère à sortir de cette vole toute tracée que vers la 68*^ olympiade, lorsque l'usage s'établit de doter les cités de, la Grèce de la statue des athlètes couronna dans les jeux gymniques. On sait rimportance que les Grecs attachaient à ces triomphes, et les images sculpturales durent reproduire avec le plus d'exactitude possible les belles formes des athlètes vainqueurs^ Une voie plus larçe fut donc ouverte, et les artistes se hâtèrent de s'y élancer. Ils commencèrent à s'écarter de ce respect qui commandait de conserver religieusement le type primitif et conventionnel dans la représentation des dieux et des héros mythiques. Sous l'influence d'un réa* lisme plus éclairé, l'étude des formes du corps fit de grands progrès, les personnages sortirent de cette immobilité primitive, caractère des œuvres de l'ÉgyptB , et enfin la révolution opérée, par les statues d'athlètes dans la repré* sentation de la forme chez les mortels,
L'UHiVEftS.
s*éteiidit aussi à la reprodaedon des images sacrées des dieux. Tout en obéis* saut à eette impulsioa générale donnée à Tart grec, chaque école dut nécessairement continuer à marclier dans sa ▼oie, et perfectionner mais conserver sa manière caractéristique. C'est ce que Fiusanias ne mangue pas de reconnarare, et souvent il distmgue le style éginétique de Tancien. s^le attique, et tous deux du style égyptien. Un passage du voyageur nec est tellement positif et concluant a cet égard, qu*il pourrait presque suffire à constater Vexistenoe du style éginète. Parlant d*un Hercule gui se trouvait à Erythrée en lonie, il dit : « Cette statue ne ressemble ni à celles qu'on appelle éginètes, ni à celles qui appartiennent aux plus anciennes statues attiques. Si elle a un autre caractère , c'est exactement le caractère égyptien (1). »
L'existence de l'école d'Égine et de son style particulier n'était donc nullement douteuse; définir et caractériser sa manière était chose difficile. Les archéologues de la France et de l'Allemagne étudièrent la question , sans pou* voir la résoudre d'une manière bien positive, faute de données suffisantes, et surtout de monuments authentiques et complets à étudier. Winckelroann s'est borné à reconnaître l'existence d'une école éginétique, sans en déterminer les principes; Quatremère de Quincy Ta assimilée au style étrusque. La d^ couverte des marbres d'Ëgine a penras aux historiens de l'art de quitter le terrain des conjectures, et de juger les artistes éginètes sur leurs œuvres. A la première inspection de ces statues, il est facile de constater dans la manière dont les corps sont étudiés, dans l'aisance, le naturel et la vigueur de toutes leurs attitudes, une habileté, une science que la main d'un artiste fort exercé pouvait seule atteindre. On est en même temps frappé d'un contraste pénible dans la fs^n dontsont traitées les têtes, les cheveux, la barbe et les vêtements ; on est choqué tout d'abord par l'immobilité de la physionomie aes peisonnages. Cest qu'ici reparaît la tradition : les héros représentai par l'artiste ap-
(i) PauMnias , Vn, S, 5.
partiennent à l'histoire mytiùqoe àe li Grèce ; ils sont placés sur le frootoi d'un temple; le type hiénli^, cnventionneii, a dû être reU^etseoeat conservé. Cette réumon de la perfedin et de l'imperfeetioD de lut dus ne même oeuvre est ce qm candéràt la seconde manière de récole égutète.^ l'on peut reconnaître id le ^^ yflw(c^6AÎYlvaîb«1laXoill^K)iW>T^«^ « le&ireappeléé^inétiquepariesGfeQ',
ainsi que s exprune PaosaDi»(l)-
Conformément au génie de « «f dorienne, à laqueUe iU awMtoawi.
les Éginètes, tout en aœoeiUaDt M |J>
grèsdu naturalisme ém l'oé^jf différentes parties du corps deliwpjsonnages, étaient restés t^f^ vateurs du type traditionnel »M« le dogme dans les traits caraettfftif des statues consacrées au «f»;^ la chevelure , la barbe et leco^ Les Attiques, au contraire, a^
étendirent limitation de » m»\ figure entière , sans P?f o'' S^ Sompher de cette roiài^Jj^i, dans les attitudes qui (^ période de l'art attique m^ ^ la 60» et k 80« olympiade W .
Dbscmptionmsiujibbk»^ — Nous emprunterons fJ^M des marbres d'Égine ^^^^^
Fortoul a su foire révéler ptf^ ses secrets à l'érudition. If^jE c'est avoir sous les y««« iSdnirf un des plus curieux et drt^Ytfiii^ blés monuments de 1'»^ Ç[^<dr
possiblVde faiwaw imDJ^^
leyisiteàlaGlyptoth^^^ « Aucentredufronton, (R^V^^
g'KCordenJaP
celles de la sculpture
(a) ror. Wagner, J'^^^TI"^ tues (CEgine, kx^^Taî^.i^^
sur VHistoire de tJrt ^/°^1!t»
Hirt , dans les Jiudeetes ^ . V'j^ hier, p. '67;etr*^*^> chez les Aneieiu, P ?*» ^^^ i^
lib.. p. 98 et .«if., ei *'«Si«**>f
ILES DU GOLFE SARONIQUE