‹ Îles Marquises, ou Nouka-HivaChapitre 13 sur 27 · SI · texte numérisé non relu

SI

dans de beaux dessin8|, les apparences de ces phénomènes (dix planches représentattt quatorse aurores boréales).

Quelle est la cause de ce météore?*— Dans quel milieu •e produit-il?

A ces deux questions, là science n'a point encore fait de réponse décisive.

Mais quelle en estVapparence?

<K Lorsque le ciel est sans nuages, ou que du moins il n'offre que des vapeurs légères , une lueur confuse apparaît d^abord vers le nord ; bientôt des jets do lumière s'élèvent au-dessus de Thorizon; ils sont larges, diffus et irréguliers. Après ces apparences, déjà très-variées, qui sont comme le prélude du phénomène, on voit, à de grandes distances, deux vastes colonnes de feu, Tune à Torient et Fautre à l'occident. Elles montent lentement au-dessus de Thorizon et parviennent à une grande hauteur; pendant qu'elles s'élèvent avec des vitesses inhales et variables , elle changent sans cesse de couleur et d'aspect; des traits de feu on plus vifs ou plus sombres en sillonnent la longueur ou les enveloppent tortueusement; leur éclat passe du jaune au vert foncé ou au pourpre étincelant. Enfin les sommets de ces deux colonnes éblouissantes s'inclinent, se penchent l'un vers l'autre et se réunissent pour former un arc ou plutôt une voûte d'une immense étendue. Quand l'arc est formé, il se soutient majestueusement dans le ciel pendant des heures entières. L^espace qu*il enferme est en général assez sombre, mais, d'instants en instants, il est traversé par des lueurs diffuses et diversement colorées. Au contraire, dans l'arc luimême, on voit incessamment des traits de feu d*un vif éclat , qui s'élancent au dehors, sillonnent le ciel verticalement comme des (usées étincelantes, passent au delà du zénith, et vont se concentrer dans un petit espace à peu près circulaire, que l'on appelle la couronnt de l'aurore boréale. Dès que la

couronne est formée, le phénomène est complet ^ Taurore a déployé dans le ciel tous les plis de sa robe de feu, on peut la contempler dans toute sa majesté.

a Après quelques heures, ou d'autres fois après quelques instants, la lumière s'affaiblit peu à peu, les fusées ou les jets deviennent moins «ifs et moins fréquents, la couronne s'efface. Tare devient languissant, et enfin Ton n'aperçoit plus que des lueurs incertaines qui se déplacent lentement et qui s'éteignent.

<(Telle est l'aurore boréale dans toute sa magnificence; mais, soit que l'état du ciel ou les circonstances asmosphériques ne soient pas toujours favorables , soit que les conditions elles-mêmes qui déterminent le phénomène ne soient pas toujours satisfaites en même temps , il arrive très-rarement que l'on puisse observer une aurore boréale complète, même dans les régions septentrionales. Tantôt la couronne ne se forme que d'une manière vague et incertaine ; tantôt l'arc est incomplet ou multiplié dans quelques points ; tantôt enfin l'on aperçoit des nuages qui interceptent la lumièVe, qui se colorent sur leurs bords ou dans leur épaisseur, et qui altèrent par mille accidents plus ou moins remarquables la forme régulière de l'aurore boréale. Alors on distingue encore vers le nord une lumière extraordinaire, mais le phénomène est confus et mal défini. On conçoit qu'il puisse offrir mille apparences plus ou moins étonnantes. »

M. Bevalet a reproduit dans ses dessins le météore aux phases diverses dé son élévation : aucun de ses phénomènes saillants ne lui est échappé. Les occasions de l'observer ont d'ailleurs été fréquentes. Si nous ouvrons le recueil de notes de MM. Lottin et Bravais, nous trouvons, sur 218 jours, 153 observations d'aurores boréales ; leur apparition est réellement l'état normal de l'hiver, et l'on a dit avec raison qu'elles étaient alors le soleil des régions polaires. Pour ne point laisser toutefois d'idée inexacte prendre place dans l'esprit

— Sade nos lecteurs, rappelons-leur que la description précédente souffre sur les lieux» et chaque fois, quelque modifi-. cation, l"" Quant à Tépoque de l'apparition, rien de constant;: nos météorologistes Tont signalée aux diverses heures de la nuit : le 6 janvier, elle apparaît à trois heures vingt-deux minutes du soir, les 8 et !&• décembre, dis trois heures trente minutes, et à trois heures quarante minutes le 6 décembre. De plus, Taurore se montre souvent à une époque de la nuit très-avancée dans Tun des deux crépuscules. Ainsi, parexemr pie, il n'est pas très-rare de la voir lorsque le centre du soleil est à 8 ou 9 degrés au-dessous de Thorizon; elle peut même exister lorsqu'il est au-dessus. 2"* Quant à la JPôrme^ elle se rapporte à deux types; l'arc ou bande, le rayon ou ' jet lumineux. 3** Quant aux mouvements, MM. Lottin et Bravais en ont observé deux bien distincts, l'un de vibra^ tion et l'autre à' ondulation; ils les ont suivis attentivement, parce que leur existence paraît intimement liée avec les perturbations des aiguilles magnétiques. 4° Enfin, quant à la couleur, le vert, le jaune et diverses nuances ont été vus par eux, mais jamais le rouge pourpre.

La belle description que nous avons empruntée au professeur de la Scrbonne laissait pressentir ces modifications; il nous a paru intéressant de les énoncer d'une manière précise, car ici la science est intimement liée à l'aperçu pittoresque.

Si nous joignons à tous les dessins dont nous avons parlé jusqu'ici les études de géologie faites avec tant de soin et d'habileté par MM. Robert et Durocher, les plans où se déroulent les couches successives du globe et les secrets de sa structuré, les vues d'intérieur des mines de fer , d'argent , dé cuivre, de sel, etc., de Suède, de Norvège, de Finlande, de Wieliczka, de Freyberg, etc., on verra que nous avons pu dire en commençant que réellement la fartie pittoresque est comme le résumé matériel des travaux de l'expédition. Au météorologiste, elle représente les phénomèmes célestes; au

géologue » la charpente de la terre ; au naturaliste» les plantes et ïei anfaDÉux de sa surftice , au philosophe, l'hoffime entouré d'éléments infiniment rariés de sa royauté terrestre. Four tous enfin, elle eonserte queltiue précieux souvenir.

D. Gaubekt,

•tlacU •« miaistirc et nntéricw.

LES VOYAGES DB LA COMMlSSlOlir SCIERTIFIOVE Wf miftD j

publiés sous la direction de M* paul gaihard, Président de la Commission , ont été exécutés en deux campagnes et se divisent en deux parties , ayant chacune leur titre et leurs divisions particulières»

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