‹ Îles Marquises, ou Nouka-HivaChapitre 4 sur 27 · ILE FATOU-HIVA OU FATOUHIVA · texte numérisé non relu

ILE FATOU-HIVA OU FATOUHIVA

Cette lie, la première qui ait été aperçue parMendana , fut nommée par lui Magdalena. C'est près de la pointe sud-est qu'eut lieu la première entrevue des espagnols avec environ quatre cents naturels, venus dans soixante-dix pirogues (1), entrevue qui fut bientôt suivie, comme on Ta vu , d'une décharge de coups de fusils. Le capitaine Brown, du Buttertvùrth, signale un rocher ayant l'apparence d'un navire , à cinq lieues dans le nord-est de cette pointe , mais aucun autre navigateur ne l'ayant mentionné , ce point est plus que douteux , d'autant plus que M. Dupetit-Thouars l'a cherché avec soin sans pouvoir le découvrir (2). Immédiatement à Touest de la

(1 ) Figneroa hechos , etc.

(2)IHiftAitrthoiuanjFaya0e^i^ 1836 i 1839.

ou NOUKA-HIYA. i4i

pointe sud-sud-ouest (Vénus) de cette Ile, pointe très-remarquable par une haute montagne coupée très à pic , se trouve une vallée délicieuse, située au fond d'une jolie anse (anse de Bon-Repos), devant laquelle il y a un mouillage*

L'intérieur de cette vallée et les bords de cette anse sont tapissés de la végétation la plus brillante, et couverts d'une multitude de cases , qui animent ce riant tableau.

Un grand nombre de pirogues, apportèrent des naturels à bord de la Vénus; couverts de tumeurs scrofuleuses et d'ulcères , ces hommes était repoussants. Plusieurs savaient quelques mots d'anglais et montraient des certificats des capitaines avec lesquels ils avaient été employés comme matelots sur des baleiniers anglais ou américains. Ils engageaient à aller au mouillage où ils assuraient qu'on trouverait de Teau en abondance. A deux ou trois milles dans le nord, se trouve une seconde anse aussi jolie que la première (anse des Vierges) ; elle est également très-peuplée, à en juger par le nombre des cases aperçues dans cette vallée ; cependant aucune pirogue ne s'en détacha.

Aucune relation de voyage n'a encore signalé la relâche d'aucun navire sur cette lie montuèuse, haute, d'après M. de Tessan, de onze cent vingt mètres au-dessus du niveau de la mer (1).

La population en est évaluée par M. Dupetit- Thouars à 2 à 3,000 âmes; mais, depuis, ce nombre

(1) Carte des (les Marquises , 1842.

142 tLES MARQUISllS

a été rédmt à celui de 1,500 à 1,800 (1). Le» an* ses précitées paraissent n'offrir qu'tin raouîHage en pleine côte toujours dangereux, et qui n'est fré* quenté que par les baleiniers à court de proyisions fraîches. La plus grande longueur de cette lie est de sept milles et demi du sud au nord; sa plus grande largeur de Test à l'oxiest de quatre milles , et son contour embrasse à peu près vingt milles de côte.

Le principal chef de cette île paraissait être, en 1838, Teïaoo.

MOTANE.

Cette île, nommée par Mendana San Pedro, est montueuse, élevée de cinq cent vingt mètres audessus des eaux (2), et son apparence est stérile, quoiqu'elle présente quelque végétation sur les hauteurs et dans les ravines ; elle est inhabitée , et ne parait offrir aucun abri pour les navires. A la pointe sudsud-est, un gros rocher isolé et élevé, laisse entre la terre et lui un petit canal praticable pour les embarcations seules. A deux lieues de distance de la pointe sud , Marchand trouva un haut fond , sur lequel la sonde rapporta douze brasses fond de roche; il s'éloigna sur-le-champ et en s'avançant dans le sud, les sondes devinrent irrégulières de dix à dix-huit brasses, même fond. A dix milles

(1) Mapport du contre-amiral DupetU-Thouars au Ministre delà marine y 18 juin 1842.

(2) De Tessan, Carte des Marquises , 184î.

00 fKHmA-flIVA. 148

«Btiroii de dûitâiice, !a sonde rapporta vingt brasses let peu après dépassa trente brasses. Cette !te sert^ leomme Petou-flcakou, de lieu de réunion à des bandes de naturek qui tont s'y IiTrer à des parties de phîsîr, véritables saturnales , qui leur deviennent quelquefois fatales, lorsque leurs ennemis, aux aguets, profitent de cet instant pour les surprendre. Les lieux Où ifs croyaient trouver le plaisir, dcvienftoût alors les témoins de leur mort, et souvent, près des débris de leurs festins , ils servent eux-mêmes à repaître leurs vainqueurs. La distance qui la sépare de Taouata n'est que de quatorze mflles et de la DomÎTuca dix milles. La plus grande longueur de l'île, du sud au nord, est de quatre milles et demi, et ïa plus grande largeur, de l'est à l'ouest , de deux ittiiWes; ^on cKintourest de onze milles.

TAOUATA.

G*est à coup ^r l'Ile qui a été la plus fréquentée tki groupe^ nommée Santa-Chiristinaf par Mendana , ^\e le vit séjouwier dans son port, et tiprès lui, Cook, Marchand, Hergest,etc. C'est une terre haute, icour«tinéedepilo«ïsaig«setbienboises; sa plus grande étendue est tapissée d'une herbe jaantssante, tnais les ravins sontsSk)ndammentpourvus d'arbres *et Ton ^n Teftrouve jusque sur la crête des montagnes. Ken ^ue lacète Est soit assee accidentée, le plus wavenl elle est escarpée et sans plage au bord de la mer ; on n'y disti4i|« aucune aipparence de baie *et wi B'y

i44 Iles marquises

remarque ni cabanes ni pirogues, ce qui annonce que, de ce côté, sa population doit être faible. Cependant le rapport des opérations du brick Le Pylade, en 1840, mentionne une vallée considérable qui se trouverait sur cette côte, ef dont le chef se nomme Maheano.

Dans la montagne, un point blanc parait d'abord comme une fente dans un rocher, mais, en l'observant avec plus d'attention , on peut supposer que cet effet est dû à l'eau de quelque cascade éclairée par le soleil, ce qui la fait trancher et briller sur la couleur plus terne du reste du sol (1).

Une chaîne étroite de hauts sommets s'élève au centre de File et se prolonge dans toute sa longueur; du rivage partent d'autres chaînes qui vont se joindre en embranchement à la chaîne principale. Ces hauteurs sont séparées par des vallées resserrées et profondes, dans lesquelles se précipitent des ruisseaux ou plutôt de jolies cascades qui arrosent l'île.

La partie orientale de l'île ne paraît offrir aucun abri, tandis que sa partie occidentale possède plusieurs baies abritées des vents alizés , mais sujettes à recevoir les rafales brusques et violentes qui s'engouffrent dans ses gorges étroites et viennent assaillir les navires.

La baie de la Madré de Dios, aujourd'hui Vaï-

tahou, qui la première donna asile aux navires

.européens, est située au pied de la montagne la

(1) BnjrfiUe, Foyog^ aupâU iud et dan$ VOeécmU.

ou NOUKA-HIVA. i45

plus élevée de l'tle (1); elle glt dans le sud, quinze degrés est du monde, de la pointe ouest de l'ile Hivaoa. L'entrée de la baie est formée par deux caps élevés dont le gisement est du nord le"* est, au sud IQ" ouest du monde. Cette baie peu spacieuse est divisée à l'intérieur en deux anses, bordées de plages de sable; et, toutes deux habitées, ces anses sont séparées l'une de l'autre, par une pointe avancée qui intercepte toute communication entre elles par le bord de la mer, cette pointe d'une moyenne élévation étant très-escarpée et très-acore au rivage; l'anse du nord est la plus importante sous le rapport de la population, de son étendue, de sa fertilité, et comme résidence du chef. C'est également dans cette anse que se trouve l'aiguade, et que les missionnaires anglais et français ont commencé leurs tentatives de propagande religieuse.

Cette baie n'a pas plus de deux milles d'ouverture sur trois quarts de mille de profondeur; la pointe sud de l'entrée est terminée par un rocher escarpé, au sommet duquel s'élève un pic qu'on aperçoit difficilement du large, parce qu'il se confond avec les hautes terres auxquelles il est adossé. Une colline, dont la pente est douce, vient se terminer à la pointe septentrionale qui est formée par des rochers acores, caverneux, et dont la partie supérieure, portée en saillie, forme une espèce dedemi-

(1) vnlflon, A miêiUmary voyaqe, ete.^ in ihe ship Daff. Dapetit^Thoaws, P^oyage autour du manie j 1836-1839.

toifttë. Cette pointa dd nord, lioii^e et brûlée ^ est bien moins életée que celle du sud; elle est couverte de casUarinas, grands arbres dont le bois dur et lourd est employé pour la fabrication des casse-têtes et autres armés. Lé fond de la baie ne présente que des hauteurs dééhiquetées à leur sommet, à l'exception des deux anses qui sont baignées chacune par un ruisseau. Lé surplus du contour de la baie n'offre que des rochers aeores^ près desquels la sonde rapporte vingt brasses d'eau fond de corail.

Lé cap qui sépare les deux anses est couvert d'une haute herbe qui s'élève à la moitié de la hauteur d'un homme.

Deux vallées bien garnies d'arbres aboutissent à Tansedu nord; Un ruisseau y fertilise les terres et vient former à son embouchure une bonne aiguade. L'eau s'y fait très-bien , ainsi que le bois; mais le ressac est si considérable sur la grève , lorsque la brisé est fraîche, que ce n'est pas sans peine qu'on peut ramener les barriques â bord. Il est bon d'ajouter que les indigènes offrent, dans ces cas, une assistance fort utile. Si l'abord à la plage paraît trop dangereux on peut débarquer à la côte du nord où on met pied à terré commodément , mais on éprouvé ensuite une grande difGculté à marcher l'espacé d'uh quart de lieue sur les roches toujours bouvertes par là haute mer qui monte quelquefois de quatre pieds, et qui y dépose un sédiment gras et glisfiaiit» Cette chaussée passe dans les rochers qui s'avancent en foirtoé dé demî-Voùteè à trateM les-

ou NOUKAHilVA. 147

quelles Teau filtre et suinte en assez grande abondance (1).

Une source d'eau jaillit du cap situé entre lea deux anses.

Au bord de la baie Ya^Uc^cu se trouve la baie dUAmanoQj dans laquelle la Vénus séjourna deux jours; elle avait été amenée là par un Anglais, nommé GoUins, dont la demeure se trouvait dans cette anse} mais la frégate ayant chassé à la suite d'un grain » et le capitaine ayant reconnu le motif qui avait fait agir Gollinsy la Yénus s'éloigna de cette rade sans aiguade pour gagner celle de Yai tabou.

Au sud de Vaïtahou , on trouve plusieurs anses dans lesquelles aucun navire ne parait avoir séjourné jusqu'à présent. Marchand, qui les a visitées dans une course en canot, les décrit ainsi (2) :

La première baie qui se présenta dans le sud ne parut pas propre au débarquement, on ne s'y arrêta pas ; les naturels la nomment Anapôho. On parvint bientôt à une autre baie plus grande qui renferme deux anses dans les bords sont habités. On débar^ qua dans l'anse méridionale où de grosses pitres qui précèdent le rivage et contre lesquelles la mer brise avec assez de force, rendent l'abord difficile et daugereux; cette anse est nommée Anapaimi par les naureis; Marchand la nomma Âme des amis.

(1) ne Flètffiéu.

(2) Marchand , Foyage autour du monde y aimées 1790, 179 x et 1792.

De celle-ci on se rendit dans l'anse du nord appelée Andlevahô ; elle est moins peuplée que celle du sud ; de grosses pierres entassées sur le rivage et battues par la boule, en rendent l'abord également difficile, et ce ne fut pas sans danger qu'on parvint à y débarquer.

La population de l'île Taouata, estimée en 1838 à HOO ou 1200 habitants, n'est plus que de 700 à 800, d'après le rapport déjà mentionné de Tamiral Dupetit- Thouars. Celui-ci attribue cette diminution à l'introduction funeste des armes à feu entre les mains des indigènes qui sont toujours en guerre avec l'île Hiva-oa leur voisine.

La plus grande longueur de l'île, du nord au sud, est de sept milles et demi ; quatre mille et demi forment sa plus grande largeur de l'est à l'ouest. La cir^ conférence entière est d'environ vingt milles.

C'est sur cette île que le pavillon français a été arboré en premier lieu ; c'est là que le capitaine de corvette Halley a été laissé dans un poste auprès du chef Yotété, dans la baie Yaîtahou, et c'est là aussi qu'il a été tué avec M. Lafont Ladebat, lieutenant de vaisseau sous ses ordres.

Le port de Yaîtahou a le désavantage de ne pouvoir être reconnu que difficilement par le navire qui vient y chercher un mouillage, et celui de ne pas être naturellement défendu ; il sera toujours exposé aux insultes d'une force qui se présenterait à l'improviste

ou NOUKA-BIVA. 149

HlVA-OA OU HIVAOA.

Cette tle, la plus grande du groupe du sud-ouest etderarcbipel entier , a été bien peu visitée par les navigateurs, elle n'a vu sur ses côtes, encore peu explorées, que les bâtiments qui venaient, il y a quelques années, chercher du bois de sandal ; le capitaine Roquefeuille est de ce nombre. Il mouilla sur la côte méridionale de Tile, dans la baie de Taogou.

Ce port, dit Roquefeuille, semble devoir être préféré à tout autre par les bâtiments qui ne relâchent que pour obtenir des rafraîchissements. La cascade de la bande S.-O. et le petit bois fourniront Teau et le bois de chauffage, avec cet avantage que le navire amarré par le travers de Taiguadepeut avoir ses corvées sous la protection de sa mousqueterie. Si l'on veut prendre du bois de sandal , cette relâche peut être encore utile quoique le bois de Hiva-oa soit de qualité inférieure; celui de Nouka-Hiva est le plus estimé (1). Toutefois cette côte parait trop exposée au souffle des vents alizés pour ofirir des mouillages parfaitement abrités. Roquefeuille fut conduit par un Américain, nommé Ross, qui avait déjà recueilli du bois de sandal dans ces parages ; il alla visiter un village situé au fond d'une grande baie nommée Tava ( anse des Traîtres) situéà l'ouest de la baie de Taogou, et qui,

(1) Roqnef ouille, Journal d*unvoifage auUmr du monde, 1816-

trois mois avant, au mois d'août 1818 environ, avait été le théâtre du massacre de F équipage d'une embarcation d'un bâtiment américain le Flying-Fish. Ce village, pauvre de cocos et de cochons, n'arrêta pas longtemps le capitaine Roquefeuille. Il visita aussi Fanse d'Alouonay dans laquelle il put se procurer 8 à 9 quintaux de bois de Sandal.

Quelques jours après il se dirigea dans une baleinière vers Test, et s'arrêta à sept ou huit mille de Taogou, dans la petite anse à'Hanahehé ; la vallée qui y aboutit paraît s'étendre dans Tintérieur; elle est parsemée de cases jusqu'au rivage ; puis il se rendit à Hanamatéy anse qui offre un meilleur abri que la précédente, et qui s'avance davantage dans les terres-, à l'une et à l'autre le fond est de sable ; au reste elles sont sans importance à cause de la proximité du port de Taogou qui est préférable à tous égards. L'anse d'Hanamaté est fermée à l'ouest, à Test et au nord par de hautes terres qui s'élèvent sur les rochers dont toute la côte est bordée.

Excepté au fond de ces deux anses et de quelques points où aboutissent des ravins , la côte s'élève en falaises jusqu'à près de trente mètres de hauteur, et rarement au-dessous de dix. Elle est généralement revêtue d'un rocher noirâtre dont la composition , et les formes déposent de l'origine volcanique de l'île. Des fragments, détâchés à quelques brasses de la côte, sont percés d'un grand nombre de trous disposés avec une sorte de symétrie et représentant quelquefois des ruines de façades gothiques. Dans

ou nouila-hiVa. 151

plusieurs endroit, }e rocher forme me e»pèoe dQ quai au pied de la falaise. Op en reiq^rqua un au delà de Hanahébé, occupé par de^ qatureh qui f ayaient établi uqe pêcherie ; leur oa^e était «itui^ sur une espèce d'élévation formée par la nature.

l<es terres soiit extrêmement élevéed, au^i leui^ fiiommet aacumole l^a nuages ; du baut de ces baur teurs, deux ligues blauches laissent voir à la longue Yue des nappes d'eau tombaut d'une hauteur de plus de cent métrés; les ravines y sont nombreur ses, d0 beauî^ arbres y portent leur ombrage , et même sur les sommets les plus élevés, au milieu d^ la çQuleur jaune qui marque la stérilité , de belles teintes vertes y annoncent la puissance de la végétai tion ; endoubl^ntlapointesud^uest, on voitplusieura cases perchées sujr les sommets les plus élevés de la montagne qui forme cette pointe. On dirait des vigies placées là pour surveiller le détroit* Un drapeau Manp a flotté près de Tui^e de ces cases lors du pa§« sage des corvettes (Astrolabe et la Zélée.

dette Ile est plus escarpée et plus accidentée que Taouata, particulièrement vers la pointe Est^ mais ses profondes vallées et le pourtour des monts sont recouverts d'arbres et de verdure (i).

La pointe d^ nordrest est escarpée et stérile; mais, plus loin, dans la partie du nord, on aper-* Çûit quelques vallées remplies d'arbres parmi les»quels OB distingue quelques oases éparses. On dis-

(1) Wilson , A miêsionary voyage, ete.^ fulhe JDuff, i79M 799.

tingue en même temps , vers le centre de File, des rochers sourcilleux taillés en obélisques , en flèches de clocher y et des sommets creusés en voûte entassés les uns sur les autres. Ce désordre de la nature semble prouver que des tremblements de terre et des explosions de volcans ont bouleversé cette contrée. Toute la partie orientale offre une côte d'une grande élévation , taillée à pic, formant une longue chaîne de rochers éclatés, dont les débris ne présentent que des pointes aiguës et des précipices (1).

Durant la nuit du 2 au 3 août, la Vénus vit de grands feux vers la pointe est de Hivaoa; ils annonçaient sans doute , comme chez tous les peuples primitifs, la présence de l'ennemi • Cette frégate côtoya toute la côte de l'est à l'ouest. Avant d'arriver à la pointe nord de l'Ile, on aperçut deux baies ouvertes au nord , qui sans doute offrent des mouillages, ce qu'on n'a pu vérifier. Immédiatement après la pointe, trois pirogues se détachèrent d'une vallée et portèrent à bord des naturels qui parurent intelligents et qui parlaient un peu l'anglais; ils voulaient se charger des missionnaires , mais on ne se fia pas à leurs belles promesses, quoique ce fût peut-être une occasion favorable de sefixer sur cette île, la plus fertile, la plus peuplée, la plus importante pour ses produits de toutes les îles de T Archipel : un peu plus loin, on trouva une vallée décorée d'une riche végétation et bien peuplée. Deux ou trois milles

(1) G. Foster's Voyage.

ou NOUKA-HIVA. 153

plus à l'ouest , on découvrit une cascade d'un volume considérable; elle se voit à une grande distance, car l'eau, en tombant du haut d'une côte escarpée , immédiatement sur les roches du rivage, se change en écume blanche qui brille au soleil et peut être vue de très-loin. Toute la bande nord de l'Ile Hi* vaoa est très-saine; on la suivit à un ou deux milles de distance. Â la pointe de l'ouest-nord-ouest , on remarque encore une double baie séparée par une pointe dont l'apparence est celle d'une tour.

Cette double baie offre un mouillage ; il doit être sûr et convenable dans la belle saison, étant à l'abri des vents alizés ; mais à Tépoque des vents du nord et du nord-ouest, qui régnent parfois de novembre en février, on y serait peu en sûreté. On aperçut de jolies habitations et des pirogues sur la grève (1).

La plus grande longueur de l'île Hiva-oase trouve dans la direction de l'est à l'ouest, elle est de 22 milles; la plus grande largeur du cap sud*est au nord , est de 10 milles et son contour est d'environ 56 milles. Um détroit sain , large de trois milles, la sépare de sa sœur Taouata, avec laquelle cependant , elle est presque toujours en guerre. Mendana, Gook, Roquefeuille, la Vénus et l'Asirolabe, ont passé dans ce détroit d'un accès facile et sans dangers.

Pendant le passage de ce dernier navire, un naturel vint égayer l'équipage par sa volubilité et ses drôleries, il avait longtemps navigué avec des An-

(1) DopeCift-Thonars, Foyofff (iiiif^?!^ ** monde, 1S36-1839.

glais et il parlait un peu cette langue. Il dann^ quelques détails sur la guerre que se faisaient alors les deux iles y dont les ebefs principaux étaient s Tihoke pour Hiva-oa, et Yotété pour Taouata.

La distance de Hiva-<oa aux |les du groupe sudest, est d'environ 38 milles pour Fatou-Hiva, 10 milles de Motane , 3 milles de Taouata, et 46 milles de Fetou-Houkou. Sa population évaluée à 6,500 âmes, doit avoir éprouvé les réductions mentionnées pour les autres iles dans le dernier rapport du oom* mandant de la station des mers du Sud.

FETOUrfiOUKOU.

Cet ilôt, auquel Cook imposa le nom du jeûna volontaire qui le découvrit le premier et qui depuis est devenu lord Hood, membre de Tamirauté, est un gros rocher stérile, très-élevé et très à «pic. Dans le nord-ouest, «e trouve un rocher sous l'eau qui brise sans mauvais temps (1).

Cet ilôt est presque plat à son sommet, avec une légère inclinaison du nord au sud. Sur le point le plus nord, on peut apercevoir, quoique ce ne soit pas trèsnlistinctement, une coupure foi^ mant deux sommets. Dans la carte de Cook, on a marqué des rochers dans le sud de Fetou-Houkou , qui n'ont pas été retrou Yés{ m revanche j on en a vu

(1) Porter, Cruize to the Pacifie Océan.

Dupetit-Tl^ou^s, Foyage autour du monde ^ 1836-1839. KjTOenstem, Foyage autour dumonde^ 180S-18a6.

ou TfOUKA-filVA. 455

plusieurs sur la partie nord et nord-est, éloignés de 250 à 300 brasses de la côte, qui ont une forme pyramidale ou circulaire et qui sont assez élevés.

Cet îlot, entièrement inhabité, est visité quelquefois par les naturels de Hivaoa, qui viennent y chercher des plumes des oiseaux du Tropique ou s'y livrer à des parties joyeuses; il offre tout au plus 3 milles de circuit.

Groupe du nord-ouest

QOUA-POOU ou HOUAPOOU.

Cette île, la plus méridionale du groupe nordouest, a été nommée successivement Adams-hland par Ingrabam , Ile-Marchand par l'équipage du Solide , Jeffer$on I. par Roberts, etTrevennenL par Hergest. Elle parait à trois ou quatre milles de distance, comme une terre haute, très -mon tueuse, surmontée d'aiguilles basaltiques tràsrdéliées et d'un aspect singulier; ses rives sont couvertes d'une verdure agréable, et, en divers endroits, des enfoncements assez considérables font présumer que Von pourrait y trouver quelque bon mouillage (1).

Cependant, lehrick le Pylade y dernièrement, y a cherché inutilement un ancrage bien abrité; il a été obligé de communiquer sous voiles avec les missionnaires français qui se trouvaient sur cette terre (2).

( 1 ) D'Urville , Voyage au pôle sud et dans VOeéanie. (2) Rapport sur les opérations du IHcli le Pylade.

Comme toutes les autres lies, elle est fort élevé et d'origine volcanique, et elle offre un aspect plus pittoresque qu'aucune autre des Marquises. Cette île, couverte d'une végétation admirable, est dominée par un grand nombre de pics très-extraordinaires par leurs formes élancées, qui les font ressembler à autant d'obélisques ou aux clochers aigus des églises du moyen âge. Â la pointe sud-ouest, se trouve une anse très-bien abritée des vents régnants, devant laquelle on peut laisser tomber l'ancre par vingt brasses d'eau. Ce mouillage, du reste peu praticable, est très-près de terre, à un mille de distance, on ne trouve plus de fond par deux cents brasses. Cette baie (Baie des amis) est d'un riant aspect. Ses rives sont couvertes de cases entourées de cocotiers, d'arbres à pain et d'une belle végétation, qui s'étend presque jusqu'au sommet des coteaux qui encaissent la vallée. Les habitants de cette ile ont la réputation d'être les plus sociables de l'Archipel (1).

Cette opinion est cependant combattue par le récit du capitaine Fanning. On a vu que ce capitaine fut averti par M. Crook, qui comprenait le langage des naturels, qu'un complot se tramait contre la sûreté de son navire.

Plusieurs îlots se détachent sur les contours de la côte méridionale de l'île; un d'eux , nommé par Marchand VObélisquey et par Wilson StaikL, ofifre l'aspect remarquable d'une aiguille blanche qui se dé-

(1) Foyaife <Motf r du monde de la Vénus,

ou NOCJKA-filVA. 157

tache de la côte. Un autre a reçu le nom de Pic et de Churchj par les mêmes navigateurs. Enfin, vers la pointe sud, une petite île de moyenne hauteur, unie et tapissée de verdure, dont le circuit a moins d'un mille, a reçu le nom d7fe PlaiCy en raison de sa conformation. Ce nom lui fut donné par Marchand, et, si petite qu'elle soit, elle n'a pas échappé à l'honneur de plusieurs baptêmes : Ingraham la nomma Lincoln I., Wilson Level L, Roberts Révolution L

Plusieurs jolies anses de sable parsèment la côte S • -0 . Sur leur contour ^ parmi les bananiers, les cocotiers, les arbres à pain, on aperçoit les cases éparses (1). Marchand, ayant aperçu, entre deux pointes, une ouverture qui paraissait promettre un bon mouillage, envoya un officier l'explorer. Voici le rapport qu'il en reçut.

Cet enfoncement renferme deuxanses^ l'une située dans la partie septentrionale, au fond de la baie, et l'autre dans l'est en entrant; mais ni l'une ni l'autre ne paraissent propres à recevoir un vaisseau. Un joli ruisseau, dont les bords sont couverts de cresson, débouche dans la dernière anse, et on y voit deux sources d'eau vive. La houle est à peine sensible et le débarquement commode ; une chaloupe trouverait toute facilité à y faire de l'eau. Dans l'anse du nord il n'y a ni habitations ni habitants; mais dans celle de l'est on voyait des cases éparses et entremêlées de touffes d'arbres. Cent cinquante naturels environ se trouvaient

(1) E. llarchand.

rassemblés sur le rivage. Cette baie reçut le nom de baie de Bon-AccueiL

Ce fut sur cette île que Marchand prit possession, au nom de la France, du groupe qu'il venait de découvrir. Il aborda à une première anse de la côte nordouest , peu éloignée de la pointe septentrionale de la baie de Bon-Accueil. On prit pied sur une plate-forme de rochers , séparée de la côte par un petit bras de mer qu'il fallut traverser pour atteindre le rivage. Cette baie, dénuée de verdure, n'offre partout qu'un sol stérile qui n*a pu inviter les naturels à y fixer leur demeure; elle fournirait cependant du bois à brûler ; et on voit, dans une ravine, un petit ruisseau qui pourrait, surtout dans la saison pluvieuse, suffire à l'approvisionnement d'un bâtiment, si une forte houle, qui vient se briser sur les grosses pierres qui bordent le rivage, n'en rendait l'abord impraticable aux chaloupes. Autant qu'on peut en juger à la vue, toute cette côte au nord-ouest de l'île, quoique bien boisée, n'est pas aussi fertile que la bande du sud-ouest; la pente des collines est plus rude et l'aspect en est moins agréable. Cette baie fut nommée baie Possession^ en raison de l'acte qui y avait été accompli.

Les rochers dans la baie Possession et ceux qui saillent pour en former les pointes diffèrent essentiellement de ceux de la baie Yaïtahou ; leur substance est grise et ne paraît avoir subi aucune altération. On distingue, dans plusieurs endroits, des couches parallèles inclinées à l'horizon et d'autres couches horizontales. Les pics, semblables à des flèches de clo-

ou ffOURA*HlVik» 159

chef qui dominent les hautes montagnes , paraissent être formés de la même matière que les rochers de la €ôte» Ces masses de rochers accumulés et inclinés BOUS différents angles^ sembleraient indiquer que cette île ou appartenait à une plus grande terre dont les pat*lies basses ont été abîmées sous les eaux, ou que des secousses violentes, qu'elle aura éprouvées dans un tremblement de terre, auront affeissé le terrain et occasionné l'éboulement et l'écroulement de)s rochers dont ses bords sont formés.

La population de cette île est estimée à deux ou trois mille habitants (I ); sa longueur totale, du sud au nord, est de tiUit milieu ; sa plus grande largeur cinq milles, et son contour embrasse une étendue de vingt-deux milles. Quoique la plus voisine du groupe au sud-est, elle est Mcore éloignée de cinquanten^inq milles de Hiva-oa.

Sa hauteur^ au point culminant, est de 1190 mètres (2).

Hergest mentionne une baie qu'il a nommée baie des Amis, à la pointe sud-ouest de l'île, et qui est probablement la baie Bon-Accueil de Marchand ; il y fut Visité par iiné centaine de naturels qui vinrent lui offrir des fruits.

En 1818, d'après Roquefeuille, cette île jouissait

dé la réputation de n^avoir été troublée depuis long-

' temps par aucune guerre intestine ; cette circonstance

(1) Dupetit-Thouars, Voyage autour dumondo^ 1836-1 839,

(2) De tessàn, Carte des îles Marquises.

i60 Iles marquises

tient peut-être à ce qu'un Tabou solennel avait défendu l'exportation du bois de sandal , ce qui empêchait l'introduction des armes meurtrières dont ce commerce a inondé les autres îles. Cependant, les habitants de Houapoou ne sont pas absolument pacifiques pour cela. En 1815, le brick anglais MatUda, capitaine Fowler, mouillé devant cette île, y fut pillé. Cet événement eut lieu à la suite de la désertion de cinqTaîtiens embarqués à bord ; ceux-ci coupèrent le cable du bâtiment, une nuit que le vent soufflait avec violence vers la terre, et le navire alla s'y briser *, les sauvages voulurent massacrer l'équipage ; mais, grâce à l'intercession d'un chef nommé Nouhatou, cette atrocité ne reçut pas son exécution ; on laissa la vie aux Anglais, mais le navire fut dévalisé. Le Pylade, en 1840, visita la partie nord de l'Ile, où il ne trouva point de mouillage. C'est sur ce point que se trouve l'établissement des missionnaires français auprès du chef Heato.

HOUA-HOUNA.

Cette lie, la plus orientale du groupe nord-ouest, a reçu aussi plusieurs fois le baptême , avant de porter son véritable nom primitif; appelée Washington L par Ingrahani , Riou L par Hergest, Massachmseis L par Roberts, elle parait avoir entiè-. rement échappé aux recherches du capitaine Marchand. Sa forme est presque celle d'un cercle; c'est une terre très-haute, bien accidentée, couverte d'une

ou NOUKA^HIVA* 461

belle verdure, avec des bouquets d'arbres dans les ravins; mais le bord de la mer est dépourvu de plage, et les yeux, armés de lunettes, à deux milles de distance, ne purent découvrir dans cette partie aucun indice de population, bien que Tlle soit habitée. Deuxilotsflanquentlapartiesud-ouest; l'un élevé et escarpé, l'autre bas et plat. Les falaises paraissent moins escarpéesque dans les autres Ues et les plaines plus étendues.

Prés des ilôts nommés par Hergest New /., et mentionnés dans la partie sud*ouest de cette lie, se trouve la baie Invisible (1), devant laquelle ont ordinairement lieu les relations avec les habitants qui apportent à bord des navires des poules, des cochons et des fruits pour les échanger contre de la poudre. La Féntis, sur son passage, n'a vu non plus ni habitants, ni pirogue, quoiqu'elle ait contourné une grande partie de Tlle. Une autre baie parait aussi se trouver dans le voisinage de la baie Invisible. Le Dœdalus y fut entouré par une centaine de naturels, en 1792 (2),

La pointe nord, pointe du Danger, est aussi défendue par deux ou trois rochers apparents. La plus grande longueur de File, du sud-ouest au nord-est, est de 5 milles et 1/2 ; sa plus grande largeur, de l'est à l'ouest, a la même dimension; sa circonférence est de 15 milles; sa hauteur est de 740 mètres (3) ; et

(1) I)apetit*Thoiiars, Voyage autour du monde. (2)Wilsoii,Mmonary voyage ^ etc.

(3) de Tesfan.

Mi Iles marquis»

la popolatioii qu'on lui suppose est de deni on trois mille habitants.

La partie occidentale de Die est la phis escarpée de la côte; mais, an total, l'île paraît fertile et riche en végétation.

L'tle Hona-Houna a nae apparence trés^remarquable. De Test à Touest , la terre s'élève i une hauteur considérable et forme au milieu une haute moiihtagne, presque à pic du côté de l'ouest, puis à une courte distance et un peu plus à l'ouest est le double pie dont on a parlé. Lorsqu'on le relève dans le nordouest-dem>*nord, le double piton disparaît et la haute montagne du milieu prend la forme d'une coupole ; sur le e6té ouest, une colonne d'une forme pyramidale est très-visible. Dans la partie sud il y a deux baies, dans lesquelles on pourrait mouiller probablement , mais elles offrent trop peu d'abri contre le vent pour y être en sûreté. La partie ouest de l'île paraît la phis productive; quoiqu'elle soit assez élevée, elle Test encore moins que le côté est, sur lequel on voit des crêtes nues, formant une ligne de sommets divisés par de profondes vallées. A l'extrémité ouest, il y a une île formée par un rocher, et entre les deux, une large masse de pierre plate ayant l'apparence d*une tombe (4).

La pointe ouest de l'île tombe gradudlement jos^ qu'à un rocher escarpé et très-proéminent, mais aplati, derrière lequel on prétend qu'il y a un port

(1) Kriuenitem.

st». KraaéDMan^ y a w de la fumée, mus pis d'b»«

bitants.

NOU-mVA où NOUKA-HIVA.

L'tle NothHivA ou Noukt-Hiva est oelle dent le» bofds ont été le plus explorés par les Européens dan» ces derftien temps. Toutefois, c'est dans sa partie méridionale que presque tous les navigateurs ont te^ lâché ; aucun, à notre connsissaDce, n'a enoâre mis le pied sur la côte septentrionale* €orame sescompagnea, elle a reçu différents noms, qui sont : Fednd L par in-» graltam, /. Beaux ^ par Marchand, SirBenrf Matêm's I. par Hergest, Aémtifi L par Roberts y et enfin ilfodî* Mi 9 1. par Porter. Elle offire la tnème sUruoture géo*< logique que le reste de l'archipel^ une chaîne de hautes montagnes, en général dénuées d'arbres au sommet, élevée de 1,170 mètres (1) au-dessus du niveau de la mer, prolonge l'tle dans sa plus grande longueur et descend à la mer par d'autres chaînes escarpées, entre lesquelles se développent les vallées fertiles^ qui recalent les habitations des indigènes.

En arrivant de Test, la configuration du cap Martin, pointe sud«est de l'île, attire l'attention \ il est formé par unefalsâse très^haute, nue, noire et taillée à pic, surmontée par un bloc quadrangulaire, qui a l'aspect d'un vieux château en ruine et qui rappelle la vieille tour du château de Douvres. Vue du sud-ouest, la

(l)DeT€88aii.

forme change, le cap Martin ne présente plus qu'un gros pouce incliné vers la mer.

En dedans de cette pointe se trouve un grand rocher noir, qui est placé à l'extrémité sud-est de la vaste baie des Taïpis dont on aperçoit la double anse, et les riants coteaux, couverts d'un riche tapis de verdure, sous lequel sont cachées les habitations ; car, de la mer, on n'en voit que trois ou quatre perchées sur le penchant des collines (1).

Cette ile, dans toute sa partie sud , est parfaitement saine ; à deux milles de la côte, devant la baie des Taïpis , nommée baie du Gomptroller par Hergest, en dedans du cap Martin, la sonde ne donne pas de fond. Plus près on trouve quinze brasses d'eau , mais bientôt après ce fond augmente jusqu'à trente-cinq; le mouillage se trouve fort près déterre.

De C6f point, situé à cinq milles environ de la baie Taiohae, la côte ne présente plus qu'une ligne de rochers perpendiculaires, escarpés et stériles, qui n'est que rarement interrompue par de vertes oasis croissant à l'abri des ravines protectrices. Ce paysage est assez sombre; il n'est embelli que par quelques cascades descendant à la mer d'une hauteur de plus de 300 mètres. Sur le sommet d'une de ces montagnes, on aperçoit aisément un gros édifice carré en pierre, élevé sans doute par les habitants dans un but de fortification (2).

(1 ) D^rrille , Foyage au pôle sud et danê VOeéaniié (2) KniMiistem.

ou NOU&A-HIVA. 165

A peine voit-on une coupure, dit Roquefeuille, pour débarquer sur cet espace; on ne peut manquer de rémarquer, à moitié chemin environ, un rocher bizarre : le choc perpétuel de la mer y a miné une caverne profonde dans laquelle la lame, s'engoufrant avec force, produit une détonation semblable à celle d'une forte bouche à feu, tandis qu'un partie des eaux, s'échappant par un soupirail pratiqué dans la voûte, s'élance à une hauteur considérable et se disperse en brume. Ce phénomène fait appeler cç rocher ta Baleine par les matelots.

La côte continue à être formée de hautes murai— les de rochers taillés en falaises, du port Taiohaé à celui nommé Tchitchagoff par Krusenstern. La vue de cette nature abrupte prépare en quelque sorte le spectateur aux douces émotions que fait naître ensuite la végétation luxuriante des vallées abritées, lorsqu'on a franchi l'entrée ordinairement étroite des anses creusés dans ces murs formidables.

Parmi les différentes chutes d'eau qu'on remarque, celle qui se trouve dans la partie la plus sud de la côte offre un coup d'œil ravissant. Elle se précipite d'un rocher dont la hauteur peut être estimée à soixante mètres; elle forme la rivière qui se répand dans la baie; Ahanu

Dans le nord-ouest de la pointe sud , les terres sont moins élevées et plus planes ; elles s' inclinent graduellement vers la mer. L'Anglais Roberts assura à Krusenstern qu'il s'y trouve une vallée très-populeuse, qu'il nomme Hotty-She^aj elle pouvait mettra sur

466 ivM MAitomsKS

pied douze cents guerrit^rs, maisperseniie nel'tyuat encore visitée, on ne sait si elle offre un nKmitlage(i)« Le capitaine Brown dit qu'on y trouve des mouiil»ges excellents, maisce.feit demande confirmation (S), d'autant plus que Hergest décrit la côte ouest <2(H&iiBe une véritable côte de fer sans anses ni baies, sans wr*dure ni aspect fertile , et dénuée d'ailleurs de cases et d'habitants. Au nord, l'île présente des enfoncements qui pourraient peut-être fournir des mouillagesconvsnables, mais qui n'ont pas été explorés ; deux tlols se voient à une petite distance de cette partie de file.

Commeon a pu s'en apercevoir, l'exlérieurde cette terre n'a rien de riant : toutes lesbeau(és naturellesse trouvent confinées dans l'int^ieur des baies, dans les sillons formés par les ramifications de la chalm des monts, qui s' élèvent au centre de l'Ile. Audeliors, la scène est majestueuse et pittoresque, au dedans, gradeuse et attrayante^ l'œil, effrayé d'abord par l'apparence stérile des rochers, se réjouit ensuite en cmteiiplant les richesses végétales de l'intérieur des mouillages.

La ffeva, second navire de Krusenstern, communiqua avec les naturels d'une baie située sur ta partie est de rtle, mais elïe ne parait pas l'avoir explorée, car aucun détail ne nous a été transmis à cet ^ard.

Trois baies sont les seules connues sur THe Nouka- Hiva : ce sont, en allant de l'est à l'ouest, H baie de

(1) Knuieftsteni , Fùyage autottr au monde.

ou iioiHU^ivà. 167

Comptroller ou des Taïpis^ la bai« Annap-Maria ott Takéaé , et la bal^ Tchitchagoff ou Akani.

La baie des Taïpis cootienl trois enfonoements qui offrent des mouillages et qui sont séparés par deux promontoires verdoyants , mais dénués de bois. La baie la plusà Test est celle de Houmi; celle du milieu^ la plus grande et la plus profonde, s'avance près de deux milles de plus qu'elle dans Tintérieur; elle se nomme Haktàaha^ et borne le terrain neutre entre leé Ha{^s et les Taïpis. La plus à l'ouest est la plus pe<* tite des trois et contient les rives de la tribu des Happas. Les naturels l'appellent Haka-^Happa.

Bcâe Houmi.

C'est daM la baie de Houmi que leYmceimeê et kDol^ fin furent mouillés. Le rocher dont nous avons parlé fut rangé de près par le Ymcemes ; son élévationest de dix ou douze pieds anglais au-dessus de la mer. On prâ;end que des bâtiments (mt passé entre ce rocher et la terre sans accident; il offre une marque asseï iK>nne pour l'^trée du petit port de Houmi, port fort étroit, encaissé par de hautes montagnes, dont lA base est couverte par de profondes eaux. Le mouil* lage est à deux ou trois encablures de terra seule* ment par environ quatorze brasses d'eau , mais il est loin de {Nrésenter tous les avantages désirables. Les hautes parois des montagnes sont rocailleuses et lé» gèrement couvertes d'herbes; celles-ci se dirigent vers le nord, à un mille environ du mouillage du

Yincemes ; elles forment en se joignant une étroite vallée couverte de bosquets luxuriants, et bordée par une courte plage de sable. Derrière, les montagnes, richement boisées jusqu'au sommet, sont parsemées de cases; elles s'élèvent d'une manière abrupte, et leurs cimes sont souvent enveloppées par les vapeurs portées par les vents alises.

Le rapprochement des arbres et les parois des montagnes interceptent la circulation de l'air dans cette vallée ; la chaleur y est très-forte, tandis que surla baie, la brise du large rafraîchit l'atmosphère embrasée.

Le nombre des habitants de cette vallée est vaguement indiqué par Stewart à plusieurs centaines d'individus . Ce miss ionnaire anglais y remarqua deux cases destinées au culte; près de celles-ci se trouvait une espèce de moraï qui contenait trois idoles curieusement sculptées.

Baie HakorHaha.

: Le promontoire qui sépare cette baie de celle de Houmi est à un demi-mille de ce dernier mouillage. Yu de près, il n'offre que des parois escarpées, formées par des couches successives d'une lave noire , recouvertes seulement par une herbe épaisse, mais à peine l'a-t-on dépassé , que déjà on aperçoit tout l'intérieur de la vallée et des montagnes qui la terminent, comme une masse de bosquets, d'une verdure riche , splendide et variée. Jusqu'au sommet des montagnes les habitations des Taïpis, assombries par l'ombre des nuages, ou éclairées par les

ou NOUKA-HIVA. 160

rayons d'un soleil brûlant, se distingaent dans l'épaisseur des bois. Placées dans les points solitaires et élevés des forêts , ou groupées sous leur ombre dans des lieux plus dégagés , elles paraissent presque comme autant de demeures de paysans écossais ou de montagnards suisses (1).

En doublant le promontoire de l'ouest , on voit la baie s'enfoncer vers les montagnes bleuies par la distance, panorama charmant qui disparaît dès qu'on a dépassé cette pointe qui la cache entièrement,

La largeur de cette baie, considérée comme un terrain neutre entre les Taîpis et les Happas , est d'environ un mille, et sa profondeur dans Pintérieur des terres est d'à peu près deux milles. Du milieu de cette baie à celle de Haka-Happa, la distance est de trois milles environ, tandis qu'un mille et demi la sépare de celle de Houmi. A peine est-on au milieu de la baie , que déjà une belle végétation remplace la couche d'herbe qui seule tapisse le sol à l'entrée ; la terre verdoyante s'élève graduellement de la mer, encadrée dans une plage de brillants galets, jusqu'aux monts situés dans le fond. Elle forme un plateau large et régulier si couvert de bois, qu'il parait comme une immense avenue ; mais aucun parc ne présente la grâce et la variété de feuillages qui frappent l'œil dans cette vallée. Une plantation très-étendue de fruits à pain projette au-dessus du sol les lignes parfaitement symétriques des troncs ar-

(1 ) Stewart , A mit in the êOfêth ^eas , in ihe U, SS. Viaceones.

470 il«M lUROUISES

rangés avec un soin extrême* Cette plantsrtîoa, la seule aussi étendue, aussi bien soignée qu'on ait vue dans l'île, indique assez quel serait l'aspect quç ce pays présenterait, si les hal:Htant8 actuels pouvaient recevoir la direction des hommes dont les connaissances en agriculture donneraient à toutes ces petites terres un aspect délicieux.

A mesure qu'on s'approche du rivage , l'étendue et l'importance de cette vallée de terrain neutre deviennent de plus en plus visibles. Dans son aspect général, la forme et la hauteur des montagnes qui la bornent, la surface aplanie du sol le long du courant d'eau qui en parcourt le centre , et la richesse manifeste du terrain^ lui donnent la plus grande ressemblance avec un beau vallon américain. Elle ne présente aucun de ces produits de formation volcanique, si communs dans les autres baies; au contraire, elle parait suscqrtible de devenir trés-fertiJe par les soins de ragriculture (1).

Labea«té décote valléeaétéadmirée par Porter (2), qui en fit le théâtre de ses combats contre les Tmpis ; seulement, il parait en avoir exagéré les dimensions: il lui donne neuf milles de longueur sur une largeur de trois milles ; d'après le récit du chapelain Stewart, son étendue, serait déjà moindre t et nous ajouterons que probablement les chiffres donnés par Stewart seront encore réduits. Une zone de terrain

(1) Stewart, A xMt to the south^êeaSj tu the U* SS* Vînceimes.

«iBtt^écageux borde le riva^^ c'est à ]^iie «i on peut

se frayer une route à traters les fourrés d'bib»cu$

qui k reeouirrent* Les étroits sentiers qui s'y trou-^

^FenC tracés sont teUemeat embarnissés par les bran»*

elles entrelacées des arbustes qui les bordent , qu'on

rampe plus qu'on ne marche en les suivant 4 un

mille du rivage^ on traverse la rivière, et dès lors

OB 88 trouve sur un terrain plus dégagé, ombragé

par une longue suite de beaux arbres à pain. Un ou

éMX miUes plus loin, on rencontre les murailles

défeifêives, devant lesquelles Porter fut contraint

de battre en retraite dans sa première excursion.

Ponrqudqu'un qui ne connaîtrait pas le but de

ces murailles, elles ne paraîtraient servir qu'à for^

mer un enclos à la base de la montagne, elles n'oi^

freot aucun des caractères particulier consignés

dans le journal de Porter, mais leur force n'a pas

été dagéréci en disant qu'il faudrdt de l'artillerie

pour y pénétrer. Les dangers de l'entreprise de

Pwter, dans cette circonstance, ne sont pas tropai»-

dessus de la vérité*

Un sentier excessivement rude sert de communication par terre entre la vallée d'Haka-Happa et cdle de Haka<*Haha. La montagne qui sépareces deux anses est une des plus escarpées qu'on puisse voir, dans plusieurs endroits le rocher est presque perpendiculaira, et on ne peut monter qu'en e'acorocbant aux l>rancbes des arbres et aux plantes qui en tapissent les parois. Sur nette route abritée des vents alises par les rodbers du sommet, la chaleur est étouffante et rend pénible

le trajet, mais les fatigues de cette ascension sontamplement compenséespar lajbeautédes points de Yue(l).

Une nouvelle cascadeapparait dans toute sa beauté, lorsqu'on arrive sur les parties élevées de cet escarpement. Elle tombe du haut d'une profonde ravine dans la partie ouest de la vallée, formée par un torrent qui glisse le long d'une pente très-boisée ; elle se précipiteensui te du haut d'un lit couvert d'un magnifique feuillage, en une large, brillante et non interrompue nappe argentée, sur des rochers placés à 30 mètres au-dessous. Le charmant bassin qui la reçoit est de forme circulaire et ses bords sont entourés d'une épaisse ceinture d'arbres de diverse nature, depuis le casuarina jusqu'à l'arbre aux fleurs blanches, nommé par les Anglais, cmMe tree.

Gomme accessoire à cette scène délicieuse, qu'on ajoute une troupe de sauvages, posée sur la pointé aiguë des rochers, découpant leur profil dans le ciel, en brandissant leurs armes en signe de haine contre leurs ennemis les Taïpis, et l'on aura une faible idée de ce magnifique tableau.

Du haut des monts, la vue embrasse l'étendue des deux vallées, et fait naître la pensée, qu'un travail intelligent pourrait y faire vivre dix fois la population actuelle, que Stev^art porte à 8,000 âmes. Aujourd'hui ce nombre paraît être de beaucoup supérieur à celui qui existe réellement.

(1) Stew«rt, J viiitto the sotah $ea$ tn thé U. SS. Vip-

ou NOUKA-'HIVA. 173

La descente est presque aussi difficile que la montée de l'autre versant, elle est surtout aussi fatigante.

Il parait que la vallée d'Haka-Haha ou terrain neutre, n'est accessible que par trois points non compris le rivage. Deux de ces passages difficiles, rudes, hérissés d'obstacles, donnent dans la vallée d'Haka-Happa. Le troisième s'ouvre dans la vallée de Houmi; ces routes paraissent devoir être préférées à celle de la mer dans le cas d'une attaque, le chemin du rivage étant, comme on l'a vu, défendu par d'épais fourrés et une muraille très-forte.

Vallée d'Haka-Happa.

Elle donne asile à la tribu des Happas tout entière, et sa longueur est parcourue par un large et beau cours d'eau , alimenté par une belle cascade qu'on aperçoit dans le fond ; ce ruisseau , ou cette petite rivière, se jette à la mer vers l'extrémité est du rivage, qui embrasse le contour de la baie ; près de soil embouchure, de nombreuses pirogues de pèche, attestent que les habitants retirent leur subsistance de cette industrie.

En 1827, la case du chef religieux, homme d'une grande influence nommé Tahoua-Tini, espèce de prophète inspiré, était placée au milieu du village, sur une basse plate-forme, et à l'ombre de beaux arbres. Une espèce de temple se trouvait auprès de la demeure de Tahoua-Tini; c'était sans doute la de-

174 tLB9 lIAIIQtmEfli

meurô de h divinité dont it était le ministre. Elle était, du reste, dans un état de ruine qui indi^ quaitle peu d'intérêt que les indigènes consacrent â leur culte, si toutefois ils en ont un bien défini, ce qu'on tfa pas encore pu reconnaître ; cependant une preuve frappante des efîets cruels de Tesprit super* stitiéux des sauvages, se trouvait là dans toute son horreur. Devant une plate-forme en pierre d'environ sept mètres carrés et haute d'environ un mètre, dans une auge grossièrement sculptée, et représentant i Furie de sesr extrémités une tête formidable, ouvrant une énorme bouche comme pour dévorer quiconque se hasarderait près de ce repaire, on voyait un cadavre dans une complète dissolution, offert sans doute en sacrifice à une hideuse idole, déjà vermoulue, et penchée vers la terre comme pour se repaître de la vue de la victime qu'on lui avait offerte.

Au centre de la plate-forme mentionnée cî-dessus, un espace circulaire entièrement voilé par le feuillage, servait à recevoir les débris des cadavres quand le 'temps de leur exposition était passé, ou que de plus fraîches victimes réclamaient leurs places.

Près de ce lieu se trouvait aussi un hangar contenant les restes d'un chef, à la mémoire duquel on avait sacrifié les hommes dont on avait vu les débris

La chute d'eau qu'on aperçoit en arrivant, vue de près, tombe du haut d'un rocher à pic dans une gorge étroite et boisée, où elle est rompue en plusieurs nappes ; la hauteur de cette première chute est d^envîron 27 mètres; un instant les plantes ca«

ou NaUKA-HIVA. 175

cbent le passage de Tean , puis elle se préeipite encore d^une hauteur de 70 mètres euTÎron dans un bassin calme et paisible, qui éprouve à peine une l^ère agitation sous Teffort de la colonne d'ean qu'il reçoit. Cette chute d'eau a au total environ cent mètres d*éIéYation.

Baie Taiohae ou TauhHae.

La baie Taiohae, nommée port Anna-Maria par Hergest, et Massachusett&-Bay par Porter y est située à six milles environ de la pointe Martin. Son entrée étroite est entièrement cachée, jusqu'à ce qu'on ait aperçu la sentinelle de Test , roc nu ^ noirâtre , haut, irrégulier y et séparé de la grande terre par un canal très-étroit^ les indigènes appellent cet Ilot, couvert de quelques arbres rabougris, Mataou ( hameçon ) \ un peu plus loin , la sentinelle de l'ouest ne tarde pas à se détacher de la côte ; c'est un ilôt conique assez élevé et d'un aspect grisâtre, mais moins terne que celui du premier : ce dernier porte un nom que ses dimensions ne justifient pas , Motou^ nom (grande Ue), Un point de reconnaissance trèsremarquable est donné par un long filon blanc , situé sur la pointe est de l'entrée ^^ cette ligne simule une chute d'eau à s'y méprendre ; elle arrête le regard de loin, et ce n'est qu'en s'approchant qu'on reconnaît qu'une teinte particulière au rocher lui donne oette apparence* Avec une brise fraîche» on peut contourner de trèc^près la sentinelle de l'esté car l'en^

176 iL£S MARQUISES

trée est parfaitement saine ; elle forme un canal dont la largeur est d'environ un mille j et la longueur un mille et demi ; des mornes escarpés et taillés souvent à pic le bordent : ils vont rejoindre une chaîne de hautes montagnes , qui encadrent la vallée et la baie dans une majestueuse enceinte , et se dressent dans le fond en vaste amphithéâtre. L'œil, fatigué par une côte de rochers perpendiculaires dénués d'arbres, et recouverts seulement par une végétation peu fournie, embrasse tout à coup une plage ravissante, surmontée par de riantes vallées doucement inclinées et couvertes de bois imposants , à l'ombre desquels apparaissent les cases des naturels sur le bord sablonneux du rivage. C'est un tableau à la fois imposant et suave , sévère et gracieux.

La baie présente une forme circulaire où aboutis» sent plusieurs vallées, dont les terres s'élèvent graduellement jusqu'au pied des monts placés là par la nature, comme pour séparer la peuplade qui habite ces bords ^ des tribus voisines , ses ennemies ; une fécondité admirable se développe dans les vallées, sur les versants des collines, et même jusque sur les cimes élevées qui bornent l'horizon ; un tapis de verdure dont les teintes varient du vert sombre à un jaune clair , recouvre partout le sol et montre tour à tour les rameaux ondoyants des cocotiers, les larges feuilles des bananiers, les casuarinas au bois dur, l'arbre à pain, végétal précieux, le goyavier aux fruits dorés, Y hibiscus au feuillage armé de piquants, et une foule d'autres végétaux plus ou moins utiles;

ou NOIiKA-UlVJL. 177

tous embeUissent cette scène délicieuse qui repose et attire le regard.

Deux plages sablonneuses divisent la baie ; elles sont séparées par un morne assez escarpé^ sur lequel fat placé la batterie de Porter , qu'il nomma fort itfadism. La plage de l'ouest est la plus vaste et la seule habitée; à son extrémité orientale se trouve placée la case de Patini, la reine de ce point, comme <hi l'appelle générsdement en l'absence d'un nom féminin qui corresponde au titre de chef. La plage de l'est est dépourvue d'habitations et d'habitants ; c'est celle que les Américains avaient choisie pour établir leur camp, auquel ils imposèrent le nom pompeux de McdUanville.

Du reste, cet emplacement fut bien choisi, car, défendu du côté de la terre par le morne de la batterie, appuyé sur de hauts versants presque inaccessibles, il offre toutes les conditions de sûreté qu'exige un premier établissement. En outre, le débarquement est facile, tandis que sur la plage de l'quest la houle brise avec force et forme parfois une barre qui empêche l'accostage des embarcations. Le point le plus abrité du ressac se trouve auprès de la case de Patini.

En résumé, ce port, étroit à son entrée et bordé de rochers acores , offre une passe très-saine pour les navires ; les dispositions du terrain donneraient, au moyen d'une ou deux batteries, toute facilité pour repousser une agression ennemie venant de la mer ; dans l'intérieur de la baie, quelques canons, placés sur l'emplacement de la batterie américaine, la corn*

i78 tLfeS MARQUISES

Énanderaieiit ëh etiti€r, et tiend^diënt sous leur ftia les navires réunis au mouillage, tl'ést ùtt port (otlilié pâMkilalùrèi de telle Sbrle, qu'dveë (Jiiel- ^ilèsirèHràuitlldèVlehdrâit t)restiUë inexpugnable , ëà thème iehifis (|ii'H iiffrë tin abri m et ëoitialbde âili hairil'eé ijûi y séjourriëiit.

Prés de Ikdèniedte de Paiinî ; se trouve le rliisseaii (][ùi sert d'dl^iiadë; ërï prolongeant la plsige on i^en-^ cdiiti*ële thonùinënt fVinér<lirë du ^rêre de Pfttini, qtti apparat à la iistëi*e Qii bdis, ëdtoUré de longuëls per^ bhes Idisyiit llottéi* au gi*é de là bHâë de biigiieè et ètriditëé banderbliësblàfiëHesj plù^ loin, lès seiitiër^ ëomniètidèhi k ke nibhtrër ddtis IM direëtidn dé là vallée qui court au nord, et dont Tétendtië ëif lôn-^ |[ueur,jU^liù'Rti pied des hibritii^fiës ; ëstïàtt mdins dëûi liiilifes; dés Jiàhdkriiiè, éparà pbèfe dfe là Klër; protégëiit (Hè M\^ bibbrê de iibiiibtëùi gtdupëg dé baîgdeui'S, t|lii iiéîitient fchet»chëf HanS Tëad Uà sbùlagetiiëiit â Ik febdletii; dil Jour, fitetitôf Uft riiissëâd; <|Ui àrrBsë là vallée; niôhtre le coufS dé ses éaui îliripillès, et, ijoiir peu {Jti'oii le W^ monté, bh arrivé bieHtÔt kii pied d'bti àlrbi^e gigaÙ^tesqud, ^éHtàblé {jhênoiiiêiië dé vë^étàtibii; (}îti ëxciië & Û M^ i'ëibiîiiëniéfaietrdaiiliràtidti:

Ce colosse eki hn fi^diér bd âl^brë dés b^Hiàdsl àont lé trbiic, cortipd^é dé grbsSes tîgeé feiiti'élSbéëS l mesuré ehviron vingt-cinq mètres dé circbfaféi*èrlcé} 11 cdhsërVë là ttiêfne lai^gëilr jusqu'à ëilVirbn treize inètre^ de hdutétli^^ ptiis il ie divisé* prbjëttè flftë iîuibzdlilë de ttfôUbtiës hbHiohidlëé ; p cddf rëdt flë

oc NOUKA-fllVà. 11^

leur ombre kn espace circulaire de wat mètres àd diaiuètre.

Ce point conserve une fraicbeur délicieuse pendant les heures les plus chaudes de la journée. La brise qui règne sur le ri^e ne franchit pas la barrière opposée par la végétation féconde de la vaftée , aussi le promeneur qui parcourt des fifenliers étroits non abrités des rayons brûlants du soleil , et seulement bordés de plantesépineuses , y est accablé par la cba* leur, la reqsiratkm lui manque^; le sol est brûlant lorsqu'il n'est pas garanti par les ariires qui le cot»- Vrent de l^ur ombre; et , à certaines heures, la vallée est comme uaefoumaise ardente. Au pied dece grand figuier on trouve^ au contraire, toujours une températuire supportable , et un emplaceitaent aéré auprès du ruisseau qui baigne ses longues et noueuses racines. Près de là, on aperçoit des murs ' formés vpar de ^grosses pierres superposées , et on reconnaît le T^houQj place rés^vée aux assemblées de là population ain jours de fête et de cérémonies.' Cet empla- 0emept tombe en ruine, ce qui porte à croire que les Tais, nom de cette peuplade(^ sont en décadence;; cftte^ opinion se confirme, lorsqu'on parcourt la vallée. Partout, des ruines de cases, des emplacementfs abandonnés frappentle regard; c'est à ^ peine si, aujourd'hui, on peut porter le nombre des babitantis au cbitfre de huit cents ou mille.

Cette vallée, si complètement fermée, offre pluiaieyrs issues djQiciles, mais^praticables, ;qui conduisent dbez les tribps environnantes, parlicuUèremeàt

ISO ÎLES MAROtJlSES

chez les Happas. La vue de la baie^ déjà si pittoresque, devient admirable lorsque, après avoir erré sous les touffes serrées des avenues qui couvrent le village des Tais, on a parcouru un sentier pénible au dernier degré qui serpente auprès d'un torrent qui baigne la vallée entière; alors, on a atteint le point culminant des montagnes, le lieu où sont construites les fortiûcations des naturels, et d'où l'œil embrasse à la fois les vallées des Happas, des Tais, et celles desTaïpis dans l'éloignement. Les navires à l'ancre dans la baie,' les détails si divers de la terre, la forme indécise de Tile Houapoou dans le lointain, la vue de cette profonde mer qu'on voit ridée sous les efforts des vents alizés du S,-E., remplissent le tableau d'effets magiques, de brillants contrastes et de splendides paysages.

Bientôt le chemin s'incline sur des déclivités plus douces, des cascades apparaissent, leurs blancs filets se détachent sur la teinte sombre des monts, pendant que leur murmure atteint et charme l'oreille; quelque temps de descente encore, et l'on atteint le premier village des Happas.

Les cases de la vallée Taïo-Hae ne sont pas agglomérées en nombre considérable; on en voit parfois cinq ou six réunies; mais, en général, elles sontdisséminées sur des emplacements éloignés. Sans doute, chaque habitant se rapproche du. terrain qui le nourrit; on aperçoit fréquemment des enclos de pierre qui indiquent des délimitations de propriétés dans lesquelles l'arbre à pain, les bananiers, le mû*

ou NOUKA-HIYA. 481

rier, le tare et Tigname sont cultivés, si toutefois on peut* employer ce mot pour désigner la simple réunion dans un local d' un certain nombre de ces plantes totalement abandonnées aux caprices d'une riche et féconde nature.

Un ou deux Européens ont entrepris la culture de petites portions de terre qui leur ont été concédées par les chefs; avec peu de travaux, ils ont obtenu d'abondantes récoltes qui leur donnent le moyen d'approvisionner les douze ou seize navires du commerce qui relâchent annuellement dans ce port. Ces hommes commençaient déjà (1838) à éprouver un bien-être qu'ils n'auraient pas obtenu dans la vie errante des marins. C'étaient, pour la plupart, des Anglais ou des Américains ; un Espagnolet un Chilien s'y trouvaient aussi; mais, enclins au grand vice de leurs nations, la paresse, ils passaient leur vie dans l'indolence la plus Complète, et ne sortaient de leur torpeur quepour songer au moyen de subsister au jour le jour.

Les chefs principaux des Tais sont Nia-Hitou, Vava-noui, Pakoko et Patini , tous parents de Moana, investis de ses droits en son absence, droits qu'il est venu exercer lui-même depuis peu ; du reste , ces chefs ne paraissent jouir que d'une médiocre influence , sans autorité absolue.

Bnie jikani.

La baie Tchitchagoff de Krusenstern nous a paru recevoir des naturels le nom de la tribu qui l'habite,

%9St Ui» iiAii«([»n«

brick fet Pyftidl^ QiraftàcMiiiant te nom d'^ks^soi pou^r Qel^i d^ ce porl, v^ua ^adopterons ^us^o'à plussob* j^s infopinatioiiê.

Situé à quatre milles environ de la baie Taiohae, le poi^t TaÎQsr ou d'Akani ne possède qu'une enttée étroite^ dont la largeur a été estimée à deux c&Êt cinquante mètre^; die devient plus considérable à luesure qa*oa $.'avance dans l'intérieur, et l'on aper* çoit bientM <u)e langue de terre» Gette baie , divisée en deu9^ s^^^» est on ne peut plus gracieuse :fe& eaux de X^us^ de l'ouest baignent tes bord& d'une étroite v^ll^â j Is^rge envirqn de quatre cenfs inètces^ qui S0 prolo^e entre dep^i^ mum de rochers pérpei»? diculaire3, k environ troâs milles d^ns t'intémut . Une, végétatiqn admirable recouvre l^cour^ d'ui^^ petite tir vière qplpren^ naissaqpe au pied d^une be|le cascade*

Des cases, placées dans diespositioif^scbQisiesy acbè? vept de donner i çe^e aviie un aspect ^ncbantepri malhepreusenfieut sa petit^sf e n'acporde pas à un navire toutes |e§ garanties d'un bon mouillage. Cette anse, ou plu0t ce h?Lmn , ^ environ quatre cent* qiiètres de prpfpndour sur deux ceuts de largeur; il est entièrement feruié par de blutes parois de quatre cents mètres d'élévatipu; la plus violente tapote n'en troublerait pas les eaux. L'amiral Krusenstern lui donne une préférence marquée sur celui de Taïohaepour tout bâtiment qui aurait à faire des réparatipns , q^iii aurait à déposer ses agrès à terre ou qui voudr^Uéta^liruuhiDpitahcarle navire^ étant mouillé

tqm ^t^bli^epaçnf ^ tpr^fi , et 4' vPe»r?. a^r^it we yu^ aggçz fit§n4jip pqqr spryeillgr le§ ipoiiidrefi ffîpuy^

^.'^^ df^ Vest ^t Rç^sque ip^al^iJ^ ; ja Yallép qv»

iQpiliç ffirtiljç qnfi |a yalléç vQ|si|iç. petjiç ap§^ offre UR ipoiiill^ge plqç l^pgQ et pli^i^ copvena})lQ ^ue je Pf pç€|deqt , m^U une |iQu)p tfès-fortp b^t la pjagp p^

Au milieu des cases des natiff^els, qp r^fi^aFgH^ ^^^ grande place, plus belle que celle de Taïohae, et qui est sans doute destipé^ au ipème but. Le To/ioua parait être un ornement in4ispen$able dans les moindfg^^ yaljée^.

|Jp «herpip à traypg |ps précipipps , d^n^ )es çpv^rppscl^ I^ chute 4'p^u fpentionpée plus haut, cop4uj|^ à Taïohap. Deux ofpcjers fusses, q\iv avaient entrepris cejt^ course à quatre ))eur^s de raprès-mi^i , fpr^pt obliges di^ s'?irir^|pr ep rpMte; épHÎsés de fe|;j§||e, ils pp , piirept rftiqiijdre Je bord qpe le l^ndeinai^ njatia.

La plii|$ grande lopgpepr de r||e ffou^hiy^ est de di^:^ept pajm dq Tes^ à l'oii^st ; sa plus grçjp4P '^fgeur dp nord ^u sud cpmprepd jipe entendue de di^ miije^, pt spt fijfcpi}|]érenpe flae^ure cinqufip^^-qiiatre n^iUes enyirop. Le tef*ritoire occupé par les Taïs, jps Itappa^, les Taiipi^ et le§ ïaïoas, le spu] qui ait été vj^jté p^i: les pc^vi^ateurs , occq{)^ à peu près le tier$

i84 Iles marquises

de sa surface entière, et se trouve limité par la pointe Martin à Test, la baie Akani à l'ouest, par les montagnes du centre de Tile au nord, et la mer au sud. Le chîfiFre de la population de l'Ile paraît avoir été considérablement exagéré par Porter, qui fixe à dixneuf mille le nombre des guerriers de Tllè entière , ce qui élèverait à quatre- vingt ou cent mille le nombre des habitants. Toutefois, comme le dénombrement qu'il donne est lé plus détaillé que l'on connaisse, nous le reproduisons en corrigeant, autant que possible, les noms des tribus qu'il a étrangement défigurés, et en nous réservant de donner notre propre estimation plus loin.

Fallée de Tcno-Hae.

Elle comprend six tribus réunies sous le nom collectif de Tcns : ce sont celles des Pakeus ( Peka ) Maouhs ( Meaho ) , Howniahs ( Oaia ) , Hikouahs (Ikohei ) , Hoattas ( Oata ) , Havous ( Havaou )•

Keatanoui (1813), était le chef reconnu des quatre premières iribus, et avait une grande influence sur les deux autres tribus. La femme de Keatanoui se nommait Tcàhea-tcRva. — Kioponoui était le chef de la tribu des Oatas; quant à la sixième, les Havaous, elle vivait dans un état d'indépendance complète, ayant chassé son chef Patouhéhéy proche parent de Keatanoui. Cette petite révolte était motivée par la gloutonnerie de ce [dignitaire sauvage, dont l'embonpoint attira l'attention des

ou NOUKA-BIVA. i85

matelots qui le baptisèrent du sobriquet à* Éléphant. Il guettait les enfants de la classe la plus pauvre pour les dépouiller violemment de leurs poissons au retour de la pèche. Ces actes tyranniques furent suivis d*un soulèvement qui le força d'aller chercher un asile près de Keatanoui, son parent.

La peuplade des Hqfrpas est aussi composée de six tribus ; savoir : les tribus des Ndicikis, TattdUmoêy Pachas, KickaaSy TekaaSy Muîtaaohas.

Les cinq premières étaient régies par les chefs Mùwattaehj PcSrorOy Tekawcmouohey KawcUuahy To' neotoufa.

Le nom du chef de la dernière tribu n*est pas donné.

Trois tribus se partagent le sol de la baie Akani ce sont les MaamatouahSy les Taïahahs ( Taîoas), les Cahhabes; elles possédaient deux chefs» Potounah et MMtataha.

Cette peuplade était l'alliée fidèle des Tais ; elle se joignait à celle-ci dans les guerres avec les peuplades des vallées à Test de Taïohae.

La vallée au nord de la baie GomptroUer ( vallée du terrain neutre de Stewart) comprend trois tribus, sous trois chefs différents y qui constituent la peuplade des Taîpis. Cette peuplade , en proie souvent à des dissensions intestines, est toujours unie lorsqu'il faut résister à une agression étrangère.

Ces trois tribus se nomment Pohigouha ( Pouihoo ), chef Tohenoueh; Nahegouha (H^k^ehn), chef PoAtgouha; jiilaymas ( Âtiehou ), chef TemowalU

cjjef priafiipal rtTOflfl-Taï»». 1^8 trftjs Jrib»S QiA<?f«^

U ^»U4fi (ïe jf<«9»fl-#Pfti«, §itHée sur {a c^t» e^td^ Nputa-Blvîi, (|pï»n§a§iie k d^\ix peuBla^^i 1» première est nommée ^qf(-Km, àmt )e principe) fitief e§t rfl/ie-|fo(>H* «t U ssfipïïd^ fi§l dés^flé^ 8(miS le

La peuplade d^ J^^^e-}^ cpQsJitPf IfiS ttffls tri}}i|8 c^s l^^a, iltfi/joii, Qt 4«*!ïa-.iri(8nfl- l^a ppppjafle

d^ W((é(iim mt- fiowppiséfi d^ trpj§ sptrçf ^r»b^sî

les Atte-Hawes , AUetomdkm, et Auehakahanou\. ■ touatoua ), se trouve encore une petite tribu appela

(Somm^ pp 1§ voit, PQÇter n'éPHjpsr§ (m la »<>-

nj^Hclaturedestritjup situées mi te partie 9rifi»tMfi et méridionale de l'île ; il y a lieu de suppqseï; , q^ pendapt, que la partie pQpifleqfcîte ^t ?eptei|triQi»ale est peuplés, quoique 1q sewl i;enseigqemQii|; qw'pn ait à cet égard se résuma daP§ l'sts^ertipi) du w^lpt R(^rtn, ip§ntioqj}ée par ^{rjjsfinstern, qui prét^iid^it qij'pBP pcHplade çpqsid^rable , pouvant mettre sur pi^d 4ouze çept^ goerd^r» , ét^it établie sur la rive opest de Ciouka-fliva.

Yqici ni^iQtenant le déueml^rement de la popub-r tion , extrait dp joiiroal de Bprter •'

vt^' • p ISMmmlimi^

taïoas •••.'.•• 2,000

Thîpis.' y. ........ . 3,500

MoiwL . • 3i»0(y>

Hi^lcatia ^t ^<^^^. « .. $>0,Q0

Ôuatouatona. ...[..,. . 200,

Total. . -î ♦ -^ . ^9,2P0 ^^^.

L'amiral Krusenstern indique dans l'équrnération des babitanU, d'après les renseigàenients fournis par le matelot ][laberts, le nombre de 800 guerriers pour '^['aîchHae, i^OOO pour |abaie Taîpi, SÛO pour Taïo-Hae; 1,200 guerriers se trbuv^raîeiit dirigés pu le cbef Maouday ( prolâblement chef des Kap* pas ); deux, autres peuplades, ds|ns le sùd:Oues( et dans le nord-ç^t de Taïo-Hae, fourniraient chacune un contingent de 1^200 guerriers^ ce qui ferait monter le nombre total des guerriers dé Ttle à 5,900. Roberts assurait , en* outré, qiié ce chiffre, loin d'être exagéré , était plutôt au-dessous de la réalité. Si on multiplie ce résultat par 3 pour y comprendre les femmes , les vieillards et les enfants , on obtiendra le nombre 17,700, ^it 18,000 en nombre rond.

GiBpepdant le calcul de Roberts ayant paru trpp élj&YQd'un bon tiers, en ce qui concernait ia tribu de Taïo^Hae, qu'il portait i 2,400 habitants, tapdis que l'on n'en avait jamais vu plus de 800 ou 1,000; Krusenstern croit devoir rédpire le chiffre total à 12,000, ce qui, ajoute-t41, ^t bien peu pour une lia qui a près de &û milles de circonférence.

Le chapelain Stewart estime le nombre des babi-

i88 Iles marquises

(ants de la vallée des Taipts seuls, à 8,000 ; M. le commandant A. Dupetit-Thouars, dains une approximation générale, indique 5 pu 6,000 âmes pour l'île entière. Nous pensons que les estimations de Porter et de Stewart sont beaucoup au-dessus de la vérité, et que celle de l'amiral Krusenstern est aussi trop forte, pour Tépoque actuelle, quoiqu'elle pût avoir, de son temps , une plus grande exactitude. Le chiffre mentionné dans le voyage de la Vénus est , à notre sens, plus vraisemblable; cependant, nous présumons, d'après Taspectde la baie Taîohae, qu'il est un peu trop faible.

8,000 habitants , selon nous, sont répandus sur toute l'Ile, dans les proportions suivantes :

Taïs 1,000

Happas • 1,200

JaïoàB 800

Taïpis 2,000

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