‹ Illusions des sociétés coopérativesChapitre 27 sur 32 · ET LE CRÉDIT GRATUIT · texte numérisé non relu

ET LE CRÉDIT GRATUIT

Les promoteurs du crédit gratuit étaient de bonne foi. Ils avaient entendu dire par les professeurs, par les financiers, par les hommes d*État, que le crédit est une grande puissance sociale et que le billet de banque est Texpression idéale du crédit ; ils voyaient qu'effectivement avec les billets émis par la Banque do France on escompte des lettres de change, qu'on acheté des rentes, des actions, des immeubles, qu'on paye toute chose, même l'impôt. Ils savaient parfaitement que le billet de banque ne coûte rien à l'émetteur, et ils ont dit : « Pourquoi priver des bienfaits « du crédit la grande masse populaire? Démo- « cratisons l'émission, et les capitaux qu'on se « procure gratuitement en créant des billets

« de banque , mettons-les gratuitement au « service des travailleurs. »

Creusez tous les prétendus systèmes de crédit plus ou moins gratuit, au fond vous trouverez toujours cette même superstition, ce même morceau de papier, le billet de banque. Personne n'aurait jamais parlé de crédit gratuit si les billets de banque n'avaient pas existé.

Mais ils existent ; on approuve la Banque de France qui peut en émettre à volonté, qui en émet pour près d un milliard de francs, qui en émettra bien davantage, et les propagateurs du crédit gratuit se donneraient pour vaincus? Non, ils ne cesseront de se réclamer d'une institution qui fonctionne, qu'ils prennent pour modèle, et que tout le monde admire : la Banque de France.

Les publicistes qui ne savent où qui n'osent combattre la doctrine du billet de banque n'ont rien à dire et n'ont rien dit de concluant contre la doctrine du crédit gratuit.

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