CHUTE DE LA BANQUE OVEREND GURNEY
c( Une banque ne doit jamais immobiliser a les capitaux qui lui sont confiés, attendu o qu*on peut toujours les lui redemander. Elle <« ne doit donc commanditer aucune affaire « ni entrer dans aucune société, ni acquérir « aucune valeur sujette à dépréciation ; elle « a en main des capitaux flottants, elle doit « en faire un emploi flottant, c'est-à-dire es- « compter, acheter des capitaux à court « terme, qu'elle puisse toujours convertir en « monnaie, en faisant au besoin réescompter « elle-même les effets de son portefeuille par « d autres banques ou par des preneurs « quelconques. {Mécanique de l*Échange^p.3.)
La grande banque Overend Gumey, de
Londres, avait transgressé ces préceptes connus de tous les banquiers et commis d'autres fautes. Elle vient de tomber. La chute d'une maison si importante a naturellement amené d'autres sinistres et provoqué, avec la panique financière, de fortes demandes de monnaie.
Fortement demandée , la monnaie a renchéri extraordinairement, et le taux de l'escompte s'est élevé comme il s'élève lorsqu'il y a de grandes exportations de métal. L'acte de 1 844 a été suspendu, mais sous de sages conditions. (Voir page 80.)
A l'annonce, de cet événement, je courus aux journaux, comptant bien que j y trouverais les accusations habituelles contre la Banque d'Angleterre. Mon attente ne fut pas trompée; plusieurs journalistes de Paris attribuent la crise du marché anglais aux restrictions imposées à la Banque d'Angleterre par lacté de 1844. C'est une erreur.
Quand même la Banque d'Angleterre aurait été libre, comme la Banque de France, d'émettre une quantité illimitée de billets, elle n aurait point pu consentir des avances importantes à une maison qui n'avait plus de gage acceptable à fournir. La perte de la
banque Ovérend Gurney était un fait consommé par lui-même, et il ne dépendait pas de la Banque d'Angleterre, ni de personne, de supprimer ce fait, à moins d'intervenir par une donation de plusieurs dizaines de millions.
Les négociants, les banquiers, les spéculateurs sont et doivent rester responsables de leurs opérations. S'ils se trompent, s'ils sont imprudents, si le hasard les trahit, plaignons-les, mais vous avez tort de croire qu'il suffirait, pour faire prospérer les affaires et pour prévenir les revers commerciaux, de prodiguer l'émission de Vor supposé. Ce serait trop facile.
15 mai i866.
QUESTIONNAIRE
ENQUÊTE