I. Aina, crede. — IIL Saison des semailles. Le soir
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Us gisent dans le champ terrible et solitaire. Leur sang lait une mare affreuse sur la terre ; Les vautours monstrueux fouillent leur ventre ouvert; Leurs corps farouches, froids, épars sur le i.ré vert, Effroyables, tordus, noirs, ont toutes les formes Que le tonnerre donne aux foudroyés énormes ; Leur crâne est à la pierre aveugle ressemblant ; La neige les modèle avec son linceul blanc;
DrcemVne — VIU. Nos morts.
Hcssaé par F Pl«nen6
Gravé par Rde loa Rios
LHÉBERT EDITEUR
L'ANNÉE TEKRIBLE
Sur une b;n'i-icade, :iu milieu des pavés
Souillés (l'un sang coupable et d'un sang pur lavés,
Un enfant de douze ans est pris avec des liornuies.
— Es-tu de ceux-là, toi ? — L'enfant dit : Nous en sommes.
— C'est bon, dit l'oflicier, on va te fusiller. Attends ton tour. — L'enfant voit des éclairs briller, Va tous ses compagnons tonibei' sous la muraille.
Il dit à l'officier; Permettez-vous que j'aille Ra])porter cette montre à ma mère chez nous ?
— Tu veux t'enfuir ? — Je vais revenir. — Ces voyous Ont peui-! Où loges-tu? — Là, près de la fontaine.
Et je vais revenir, monsieur le capitaine.
— Va-t-en, drôle ! — • L'enfant s'en va. — Piège grossierl Et les soldats riaient avec leur oKicier,
Et les mourants mêlaient à ce rire leur râle ; Mais le rire cessa, car soudain l'enfant pâle. Brusquement reparu, fier comme Viaia, Vint s'adosser au mur et leur dit: Me voilà.
La mort stupido eut honte, et l'olliciei- lit grâce.
Juin. — XI. Sur une harricude^ au milieu des pavés.
Grave pAT M'y