CONRAD IV ET GUILLAUME DE HOLLANDE. IN
TERHÈGNE. , (1-250-1273.)
La mort de l'empereur Frédéric affaiblit le parti de Conrad en Allemagne. Guillaume profitant de -ses avantages , livra à Conrad une bataille décisive , à Oppenheim , èt la gagna. Alors Conrad dirigea toutes ses pensées vers ses états héréditaires dltalie. Dès le lendemain, de la bataille d'Oppenheim , il tint conseil avec son beau-père Otton de Bavière, le nomma son vicaire en Allemagne , lui laissa sa femme qui était enceinte, et qu'il ne devait plus revoir, puis il s'achen^na vers Naples. Secondé par son frère Manfred , il s'était fait reconnaître fecilement dans ce royaume , lorsqu'il mourut dans sa vingt-sixième année ( 21 mai 1254 ). Un jeune fils , dont sa femme était accouchée depuis son départ , et qui esSl connu sous le nom de Con-
-lis:-
radin , diminutif de Conrad , était le seul héritier qui restât de la puissante maison de Uohenstaufen.
Alors commença cette époque déplorable , connue sous* le nom d'interrègne qui mérite plutôt celui d*anarchie que lui donne M. le comte de Las-Gases. «< Il est vrai , dit cet écrivain , qu'il y eut encore des empereurs entre les Hohenstaufen et Rodolphe de Habsbourg; mais ils n'en eurent que le nom ; ces fantômes de souverains, étrangers à l'Allemagne , moururent tous dans leur pays. Guillaume de Hollande fut se faire tuer par les Frisons ; Richard de Comouailles ne parut qu'un moment dans l'empire , et Alphonse de CSastille n'y vipt jamais. Cependant les troubles excités en Allemagne , l'exemple des révoltes multipliées de l'Italie , avaient jeté dans tous les esprits des sentimens d'insubordioation et de licence, l'anarchie les fit éclore avec une confusion épouvantable.... Rien ne pouvait em- ' pêcher de mettre à profit le désordre général, et de s'enrichir des dépouilles de la royauté. Aussi chacun s'appropria avidement les domaines de l'empereur, ses revenus, sa juridiction royale. L'Italie s'affiranchit ^ le royaume d'Arles acheva de se détacher , le pape se saisit de tous les droits que les empereurs avaient conservés sur les églises ; et l'Allemagne hérissé de forteresses , pleines de brigands , inondée de voieuiB qui infestaient les grandes routes , ne présenta plus qujB l'image d'une désolation universelle. Privé de lois et de magistrats, ce beau pays
fut pendant plus de vingt ans un vaste champ
de bataille , où chacun vint défendre sa faiblesse ou accroître sa puissance. Deux grands hérita* ges , celui de Tburinge et celui d'Autriche , causèrent surtout de grands troubles; et- l'extinction de la maison de Hohenstaufen vint y mettre le comble. Le jeune et malheureux Copradin , fils imique de Conrad IV , fut périr a Naples sur un échafaud , en essayant de reconquérir cette partie de l'héritage de ses pères. Ses états d'Allemagne se trouvant alors sans maître, furent déchirés en lambeaux; les duchés de Souabe et de Franconie s'éteignirent , et de leurs débris naquirent une foule de princes souverains, le corps entier de la noblesse immédiate , et , la moitié des villes impériales (1). >•
(1) Allât bittortque.