‹ Illustrations de la Flore du CongoChapitre 96 sur 174 · PANCHE LV · texte numérisé non relu

PANCHE LV

DIOSCOREA THONNERI De Wild. et Th. Dur. nov. sp.

Plante grimpante, à rameaux flexueux, polygonaux, ailés ; ailes membraneuses assez nombreuses, généralement au nombre de six, entre-nœuds allongés. Feuilles adultes alternes, molles, longuement pétiolées, à pétiole robuste de 14 cm. environ de long, canaliculé supérieurement, un peu plus court que la feuille et à poils épars; lame foliaire profondément cordée à la base, longuement apiculée, de 18 em. environ de longueur y compris l’acumen et de 18 em. environ de largeur, à neuf nervures principales, la nervure inférieure de droite et de gauche bifurquée, légèrement velues sur les nervures de la face supérieure, subtomenteuses sur la face inférieure. Inflorescences en épis, épis mâles de deux à quatre à l’aisselle de feuilles petites et jeunes, tomenteux, allongés, de 7 à 15 cm. de long. Fleurs d'un jaune verdâtre, pédicellées, à pédicelle court, de 1 mm. environ de long, bractéolé vers le milieu ou au sommet, bractée solitaire, linéaire, de 1 mm. environ de long, tomenteuse; segments du périgone au nombre de six, ovales, trois plus larges correspondant aux pétales, elliptiques, légèrement denticulés au sommet, velus sur la face inférieure, trois plus étroits correspondant aux sépales, allongés, aigus au sommet et plus fortement velus sur la face inférieure, segments d'environ 2 mm. de longueur et de 0,7 à 1 mm. de largeur. Étamines six, trois fertiles, oppositisépales, biloculaires, à filets légèrement élargis à la base et plus courts que les lobes du périgone, trois stériles réduites aux filets. Ovaire avorté, surmonté de trois styles réduits, chacun d'eux bilobulés.

Upoto, 22 août 1896 (Fr. Thonner).

OBs. — Cette Dioscoréacée, dont nous n'avons eu que des fragments d’un pied mâle, est peut-être la même que celle que nous figurons dans la planche suivante et qui porte le nom de 2. plerocaulon. Comme les deux plantes n’ont pas été trouvées dans la même localité, que les feuilles sont de forme différente et que l'échantillon décrit sous le nom de 2. plerocaulon est constitué par des fragments d’une plante femelle, nous avons préféré considérer le Dioscoreu rapporté par M. Fr. Thonner comme constituant

une espèce nouvelle. Le D. Thonneri possède, ainsi que le montre bien la planche, une feuille franchement cordée et longuement retrécie au sommet en un acumen, le D. plerocaulon, au contraire, possède une feuille nettement réniforme, assez longuement mais brusquement apiculée, plus large et par suite proportionnellement plus courte. Les lobes basilaires de la feuille très arrondis chez le D. pterocaulon, sont plus anguleux chez le D. Thonneri, aussi le sinus est-il plus élargi chez cette dernière espèce. Le caractère fourni par les ailes membraneuses qui entourent la tige est des plus intéressants et ne se rencontre que chez peu d’espèces du genre; nous reviendrons sur ce point dans les observations qui accompagnent le

texte de la planche suivante.

EXPLICATION DE LA PLANCHE Lw.

Fig. 1. — Fragment de rameau florifère, grandeur naturelle. Fig. 2. — Bouton, grossi 15 fois.

Fragment de l'inflorescence portant trois fleurs vues de face, de dos et de profil, grossissement 10 diamètres. 5

Fig. 4. — Coupe longitudinale d’une fleur, grossie 15 fois.

Fig. 5. — Étamine, grossie 20 fois.

Fig. 6. — Ovaire stérile, grossi 50 fois.

Fragment de tige entouré de 6 ailes membraneuses, grossissement 4 diamètres.

Fig. 8. — Diagramme floral.

lustre. FL. ConGo

À. d'Apreval, ad nat. del. et lith. Impr. Lemercier, Paris.

DIOSCOREA THONNERI De Wild. et Th. Durand.

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