PLANCHE LVI
DIOSCOREA PTEROCAULON De Wild. et Th. Dur.
Contributions à la flore du Congo I (1899) p. 58 (Ann. Mus. Congo Bot. sér. 2, I [1899] p. 58).
Plante grimpante, à rameaux flexueux, ailés, à ailes membraneuses nombreuses, au nombre de six à sept et larges de 2 mm. environ, entre-nœuds allongés. Feuilles alternes, molles, longuement pétiolées, pétiole robuste de 15 cm. environ de long, canaliculé supérieurement, un peu plus court que la lame, limbe foliaire profondément cordé, brusquement apiculé, de 15 à 18 cm. de long y compris l’apicule, et de 20 à 22 cm. de large, à poils épars, à neuf nervures principales se perdant dans le bord de la feuille, nervure inférieure de chaque côté de la nervure médiane, bifurquée, poils épars sur les nervures de la face supérieure; feuilles légèrement tomenteuses à la face inférieure. [Inflorescences en épis axillaires, solitaires, tomenteux, de 35 à 55 cm. de longs. Fleurs espacées vertes, munies à la bace d’une ou de deux bractéoles linéaires, acuminées, tomenteuses, la plus grande de 4 mm. environ de long; segments du périgone ovales, trois plus larges, plus épais et à extrémité un peu recourbée en crochet, trois un peu plus étroits, tous velus extérieurement, de 3 mm. environ de long et de 1,5 mm. de diamètre. Étamines six, à filets réduits et à anthères avortées. Ovaire triangulaire, de 5 mm. environ de long, à trois loges biovulées, ovules pendants, placentation centrale, ovaire surmonté d’un style à trois lobes recourbés. Fruits ailés,
couronnés par les lobes du périgone persistants, à trois ailes membraneuses développées.
Lukolela, mars 1896 (Alfr. Dewèvre).
OBs. — Nous n'avons vu qu'un fragment d’un pied femelle de cette plante; comme nous le faisons remarquer dans les « Contributions à la flore du Congo » 1. c., Alfr. Dewèvre a décrit dans ses notes, la fleur mâle de ce Dioscorea, mais n’en ayant point vu d'échantillon nous ne pouvons tenir compte des données de Dewèvre, ni intercaler les caractères de ces fleurs dans notre description. Le D. pterocaulon se
rapproche du D. Preussit créé en 1893 par M. le prof. Pax sur des échantillons du Kameroun; il à comme cette dernière espèce des feuilles alternes, grandes, profondément cordées à la base, des épis florifères très allongés, mais sa tige à ailes membraneuses l’écarte à première vue de la plante trouvée par Preuss. On ne connaissait en Afrique tropicale que deux espèces du genre Dioscorea possédant une tige aïlée, les D. alala L. et colocasiaefolia Pax. M. Baker (1) distribue les vingt espèces africaines du genre en trois groupes basés sur la forme et la disposition des feuilles :
Espèces à feuilles simples, toutes alternes.
Espèces à feuilles simples, généralement opposées. Espèces à feuilles composées.
Les D). Thonneri et plerocaulon rentrent donc dans le premier groupe et viennent se classer par suite de la pilosité de leurs fleurs dans le voisinage des D. hrtiflora Benth., rubiginosa Benth. et Preussii Pax, mais aucune de ces espèces ne possède une tige ailée. Quant aux 2. alata et colocasiaefolia, la disposition opposée des feuilles les fait écarter immédiatement; en outre les tiges de ces deux espèces sont quadrangulaires, à quatre ailes, et non polygonales et entourées d'au moins six ailes comme
dans les deux espêces que nous figurons ici.