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ture, d'une figure noble et majestueuse. Il n'eut qu'un fils de sa femme Egidia (fille aînée de Robert , quatrième lord Boyd), Hugues, cinquième comte d'Eglington, élevé sous la tutelle légale de son oncle paternel, Robert d'Eglington, et sous la tutelle affectueuse de Robert Boyd, son oncle maternel. Un contrat du roi James V, délivré à Stirling, les 10 et 13 avril 1598 , en faveur de Hugues, donne une juste idée du cas que faisaient les rois d'Ecosse de la noble famille d'Eglington :
« Notre seigneur souverain étant affectionné tant par raison d'attachement que de lien du sang at d'autres considérations envers son fidèle et bien aimé cousin Ludovic, duc de Lennox, et ses sœurs, et ayant le désir qu'ils soient aidés honorablement et favorablement pour leurs biens et dignités, et pour la durée perpétuelle de la très-ancienne et très-noble maison de Lennox, duquel désir sa majesté a donné bonnes preuves dans les temps passés et ayant l'intention de leur continuer sa bienveillance dans le temps «à venir; de plus sa majesté étant instruite des services éminents rendus à elle et à ses ancêtres, les rois d'Ecosse } par les comtes d'Eglington, qui, pour leurs loyaux et fidèles services envers la couronne et le pays, ont été promus aux honneurs, et libéralement récompensés par les ancêtres de sa majesté; ce qui donne à sa majesté l'espoir que Hugues, actuellement comte d'Eglington, cousin de son altesse, continuera de la même sorte et conformera sa conduite et sa fidèle obéissance à celle de ses prédécesseurs. A ces causes, sa majesté et le duc de Lennox reconnaissant que Gabrielle Stuart, sœur germaine du duc actuellement en France, est en âge convenable pour se marier , et désirant qu'elle épouse un seigneur de grande naissance, d'un rang illustre et élevé, promettent de l'envoyer
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chercher en toute hâte et de faire tout ce qui sera possible à son arrivée, pour obtenir son consentement et l'engager à s'unir au comte d'Eglington. En outre, sa majesté, eu égard aux considérations susdites et au désir qu'elle a de voir se maintenir et prospérer son très-cher et affectionné cousin Hugues , comte d'Eglington , son fils , sa postérité et ses amis , les reçoit par ces présentes pour sa franche et sûre garde et protection contre tous leurs ennemis , quels qu'ils soient , sans exception , promettant, sous l'inviolabilité de sa parole royale, de protéger , maintenir et défendre lui et tous ceux plus haut désignés, et particulièrement Robert Boyd de Bedenheath, allié spécial, oncle et ami dudit comte, qui a pris le plus grand soin de son enfance et a fait de grandes dépenses pour son éducation, comme agit un bon prince envers son sujet, allié ou fidèle ami, ou comme doit faire un père pour son enfant aimé , ou plutôt parce que ledit comte est mineur et privé de son père et de sa mère , et aussi parce que ledit comte est confié en tutelle et garde aux mains qui y ont droit par la volonté et le consentement de sa majesté. C'est pourquoi son altesse étendra sa main secourable pour qu'il soit maintenu honorablement et conformément à son rang; et en même temps son altesse déclare qu'elle supportera les dépenses dudit comte, en telle forme et disposition qu'il paraîtra convenable à son altesse ; comme aussi avisera et pourvoira à ce que toutes ses affaires et actions en justice soient suivies et défendues comme les propres affaires de sa majesté , aux frais de son altesse. »
«Signé: James R. , Lennox, Eglington. »
Le mariage dont il est parlé dans ce contrat n'eut pas lieu; Hugues d'Eglington épousa le 16 juin 1604, Marguerite de WÈ
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Monlgommery de Giffen, sa cousine germaine, mais aucun enfant n'étant issu de cette union , un an avant sa mort , en 1611, il fit donation de ses titres et de la seigneurie de Kilvinning, comprenant Eglington, Ardrossan, Kobertoun, Draghorn , Giffern , Wrichtyhill, Turbalten, Methie, Lanysaw, et Killvinning en Ayrskire , Eglisham , Eastwood , Langside , Caldwell et Lochbilothside dans le comté de Renfrew, Bonington et Siltone dans le comté d'Edimbourg, Lochransay dans l'Arranskire et l'île de Litlle Cumray, à sir Alexandre Selon, chevalier, fils de Marguerite, comtesse de Winthoun, et de Robert , premier comte de Winthoun , ses tante et oncle paternels.
Lorsque Alexandre Seton, devenu comte d'Eglington par l'effet de cette donation, fut en âge de prendre part aux affaires de son pays, il se trouva en face d'une révolution. De la lutte imprudente engagée par Charles Ier avec les trois parlements, avait jailli la première étincelle de l'immense incendie qui devait dévorer sa personne et son trône. Ses tentatives pour introduire l'épiscopat dans l'église d'Ecosse , avaient rencontre'; une opposition non moins formidable. Elles avaient suscité la fameuse ligue appelée Covenanl, renouvellement d'une ancienne confession de foi, destinée à maintenir intacte la religion établie. Cette ligue signée par la noblesse , par le peuple , par la nation tout entière , était devenue le lien et la loi de l'Ecosse. En vain Charles, indigné de l'audace des rebelles, avait rendu un arrêt solennel qui cassait le Covenanl, en vain s'était-il efforcé de les intimider par ses décrets d'armements et ses demandes de subsides; le parlement d'Angleterre, loin de s'associer aux vues de son souverain, avait de son côté réclamé des réformes, attaqué les plus zélés serviteurs de la couronne, fait le procès à l'illustre Strafford, et se déclarant
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ouvertement pour les Écossais, ordonné la levée d'une armée.
C'est dans ce moment de perturbation générale , qu'Alexandre d'Eglington sort de l'obscurité de la vie privée. Nommé le 13 novembre 1641 , par le parlement d'Ecosse, pour recevoir l'assistance du parlement d'Angleterre, et maintenir les articles du traité d'union , conclu avec cette nation , il remplit ces éminentes fonctions avec une convenance , une modération, une dignité remarquables. A la tête d'un régiment, avec lequel il vient de réprimer la rébellion en Irlande, inondée du sang de ses citoyens , il marche au secours du parlement d'Angleterre. Une bataille sanglante se donne à Marston Moore (1643), bientôt suivie de la bataille décisive de Nazeby. La royauté et l'usurpation, le courage et le génie, le droit et la force, Charles Ier et Cromwell, sont aux prises; mais le génie et la force l'emportent: l'armée royale est anéantie , et la tête de Charles roule sous la hache de deux bourreaux masqués.
L'horreur de ce grand crime, encore accrue par les circonstances mystérieuses de l'exécution, aliéna du parti de Cromwell toutes les âmes loyales, toutes les individualités honnêtes. Le comte d'Eglington, que son éblouissante valeur avait fait surnommer Grai Steal [acier gris) , abandonna l'un des premiers une cause déshonorée , sans renoncer aux principes qui l'avaient dirigé dans son opposition , et lorsque Charles II fut rappelé en Ecosse par le parlement , à la condition de professer le presbytérianisme, et de conserver à la nation les prérogatives qu'elle s'était conquises, il jura fidélité à ce prince, s'attacha à sa fortune, devint capitaine de ses gardes à cheval et lui resta fidèle jusqu'à la mort (166L.
Hugues VIII d'Eglington, zélé serviteur du roi pour lequel il combattit à Marston Moore, dans les rangs opposés à son
père, et qui fut spécialement exclu, en 1654, de l'acte de giàce et de pardon rendu par le protecteur; — Alexandre, huitième comte d'Eglington, marié à lady Elisabeth Clichton, conseiller privé, en 1689, mort à Londres en 1701, — et Alexandre, neuvième du nom, pair d'Ecosse, membre du |j| conseil privé et commissaire du trésor sous le roi Guillaume, <£> nous amènent à Alexandre, dixième comte d'Eglington, une |1 des gloires les plus pacifiques, mais les plus solides de sa j^ maison. ^.
L'héritage paternel lui échut en 1745. En 1748, lors de |§j| l'abolition des juridictions, il obtint 500 livres sterling pour son titre rachetable de Shériff de Renfrew , 800 livres pour le bailliage de la seigneurie de Kilvinning, et 2000 livres pour la seigneurie de Cuningham. Homme de science prati- il que, esprit droit et lucide, brisé aux rouages de l'adminis- m tration et de la politique, soit qu'il occupe le gouvernement >v du château de Dumbarton, soit qu'il siège en qualité de lord VÊÊ à la chambre du roi, soit qu'il remplisse l'office de commis- |||| saire de la pairie écossaise, aux élections générales de 1761, ;1j| partout on le voit déployer cette hauteur de vues , cette va- a^ riété de connaissances , qui illuminent les côtés sombres des m questions et portent la conviction dans les esprits.
Philanthrope sans ostentation , protecteur du talent méconnu , Alexandre d'Eglington jouissait en paix du bien qu'il avait accompli, lorsqu'une catastrophe inattendue l'enleva à ||j| sa famille et à ses vassaux dont il était 1 idole et le père.
Le mardi, 24 octobre 1769, se rendant, accompagné de X quatre domestiques, au parc d'Andréossan , il aperçut sur le rivage de la mer un homme armé d'un fusil ; c'était Campbell, officier de l'accise à Scaltcoate , et braconnier incorrigible. Le comte mit pied à terre et le somma de lui remettre son
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arme ; s'approchant du braconnier qui reculait toujours , jusqu'à ce qu'ayant heurté une pierre il tomba. Cet accident le rendit furieux. Il se releva brusquement, ajusta le comte à bout portant, et lui envoya toute la charge dans le côté gauche de l'abdomen; il s'enfuit ensuite, mais suivi de près, il fut bientôt arrêté et jeté en prison où il se fit justice lui-même en se pendant aux barreaux de sa geôle. Le comte déposé dans sa voiture et conduit au château d'Eglington, expira le lendemain après avoir assuré le sort de ses proches et de ses serviteurs et reçu les secours d'une religion qui console jusqu'à l'agonie.
Alexandre, dixième comte d'Eglington, étant mort sans postérité, Archibald, marié à Francisque de Troisden de Royden Hell en Kent, membre distingué du Parlement, écuyer de la reine et gouverneur des châteaux de Dumbarton et d'Edimbourg, lui succéda dans ses titres et dignités. Il s'éteignit lui-même, sans enfants du sexe masculin, le 30 octobre 1796, et laissa la plus grande partie de son patrimoine à Hugues de Montgommery de Coylsfields, fils du colonel James de Montgommery, quatrième fils d'Alexandre, sixième comte d'Eglington , que ses connaissances pratiques appelèrent à l'inspection générale des routes militaires, et qui mourut le 24 janvier 1804, après avoir été successivement lieutenant-général du château d'Edimbourg, membre du parlement, pair d'Ecosse en 1798, baron du royaume uni de la Grande Bretagne, et de l'Irlande , en 1798 , avec le titre de baron Ardrossan , dans le comté d'Ayr. Sa femme Éléonore, fille de Robert Hamilton de Bourtrahill, lui donna deux fils , Archibald , lord de Montgommery , et Roger de Montgommery , lieutenant de la marine royale , mort de la peste à la Jamaïque en janvier 1799, et deux filles lady Jeanne et
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lady Lillias, marié à Coylsfields. Archibald, lord Montgommery, major-général de l'armée, épousa lady Marie Montgommery, seule fille survivante et héritière d'Archibald, onzième comte d'Eglington , unissant ainsi les branches mâle et directe de la famille. De ce mariage naquirent lord Montgommery, mort en bas-âge, et Archibald Guillaume, chef actuel de nom et d'armes de la maison Eglington d'Eglington.
Bercé aux chants des anciens bardes , au récit des traditions chevaleresques de sa famille , le comte Archibald est un de ces hommes rares qui , dédaignant de s'atteler au torrent des idées vulgaires, conservent précieusement le culte du passé. Le tournoi qu'il a donné en 1839, et dont s'est occupé toute l'Europe, est, à ce point de vue, un but beaucoup moins frivole qu'on ne se l'était communément imaginé. Par cette résurrection d'une époque oubliée, méconnue et calomniée, nul doute que le noble lord n'ait voulu réveiller au fond des cœurs la fibre poétique, raviver des souvenirs qu'il ne faut pas perdre, des gloires qu'il ne faut pas proscrire, des monuments qu'il ne faut pas abattre et reporter l'attention sur une institution qui a fourni, durant cinq siècles, au pauvre, à l'esclave , à la veuve, à l'orphelin, à tout ce qui était faible, à tout ce qui était juste , à tout ce qui était opprimé, des champions à toute outrance; ça été de sa part une neuve, étrange et spirituelle protestation contre le positivisme du siècle. Aussi ce tournoi est-il désormais acquis aux fastes de sa maison, et serions- nous inexcusables de clore cette notice sans en rappeler le souvenir et en esquisser la physionomie.
Le samedi, 30 août, en dépit d'un ciel sombre et d'une ] tluie battante, une foule immense encombrait , dès sept heures du matin, la route d'Irving au château d'Eglington. La plu-
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part des assistants avaient adopté les costumes des quinzième et seizième siècles. Les dames portaient ceux de la cour de la malheureuse reine Marie Stuart; les paysans se pavanaient dans leurs habits du dimanche, sur lesquels tranchaient le vêtement pittoresque des montagnards.
Un vaste enclos, voisin du château, avait été choisi pour champ de bataille; l'amphithéâtre, où, au milieu d'un essaim de célèbres ladys, rayonnait comme un diamangsans tache dans un collier de perles d'Orient, lady Seymour, petite-fille du célèbre Shéridan, appelée, par le suffrage universel, à l'honneur de présider la fête comme reine de beauté, était décoré de riches ornements en or et de splendides draperies en velours cramoisi. Les tentes des chevaliers, ornées suivant le goût des preux et pavoisées de mille couleurs , s'élevaient autour de la lice, et dans les espaces restés libres, symétriquement rangées, élincelaient les lances de ceux qui devaient combattre.
Les règles du tournoi se résumaient ainsi :