PRÉCIPICE D'AMOUR
I. La fenJtfC Cil ouverte sur la nuit, qu'à l'infini prolongent le* étoiles, gouttes de clarté dans l'océan sans limites de l'ombre.
La mer, lentement, roule et meurt sur les roches, ouatées d« vapeurs, souffles ardens encore de l'expirant été. Et, des arbres qui friv* sonnent, les feuilles tombent, dans la forêt.
Amans, qui vous dévorez dans la nuit, d'une boucbe si avide, et qui vous déchirez dans la lutte sacrée, quel parfum de mort délicieuse s'exhale de vos étreintes froissées. Et la sueur de vos os a le sel de l'agonie sur vos lèvres brûlées.
II. An plus fort du combat, éperdu de tristesse, héros désespéré, l'homme d'amour entend retentir dans son Ime le chant funèbre de la nuit. El la femme d'amour, qui ne l'écoute point, s'/ laisse bercer, et j sourit, heureuse.
Mais lui, tremble d'une douleur sans temps et sans espace. Murmures de la mer, infinis de la nuit, cette douleur est comme vous : elle ae se peut quitter, et se renouvelle en tout ce qui l'épuisé.
Il se penche sur l'amante, sur la femme d'amour, sur sot cher supplice. Il se précipite, comme une ancre de fer dans les flots, au fond de ces jeux qui brillent, énigme fiévreuse, étrange feu que mouiilp Ir de\\i, et où la haine veille tendrement sur sa proie précieuse.
III. • Je regardedaas tes jeux : à Fenme, je t'appelle Ma Doulear. — et l'ardent désir de ma douleur, — et U volupté que j'y trouve.
< Je suis penché sur loi coame celui qui lue, — ou celui qui vient d'être tué, — et qui, en un sursaut suprême, s« débat et se coBvnIse.
• Anour, amour, je contemple la mort au miroir de tes délicet, — et je cherche tes yeui, comme l'alouette la surface éiiacelaote, doDl le mirage l'attire.
« O mort, que la présence est belle et terrible dans la vie que je donne. Amour, roi de IVpouvanie, ton flambeau en la nuit folle, et tu es couronné de ténèbres toujours mourantes, comme de roses vives.
< La nuit la plus noire eti la plus étoilëe, à mon Imc. Les étoiles prolongent l'abime.. — La mer meurt sur les roches.. — Les feuilles tombent.. — Et je roule, au fond du précipice, avec la lente volupté d'un flot de sang le long d'une pente de marbre.
< Suspends ton souffle, monde, que j'en finisse aussi avec tes misérables rêves. Ma volupté prend à soi tous les crimes.
< Tout ce poids sur mon coeur, 6 amour, mieux qu'un univen ne glisse sur l'écliptiqne, et du moins sans retour, m'entraîne sur le lit de la mort.
• O mort, chambre d'amour, coverte sur la nuit.. Que les étoiles enBn se fixent.
■ Retiens ton haleine, 6 nature. . ■