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LA PRIMAVERA

O DONNE, CH' AVm INTtLLITTO D'aMOM . . .

I. Sur U pointe des pieds, les blonds cheveux épars, tressas de marguerites, de muguets et d'anémones,

La Primavera vole.

Légère, fraîche et folle comme le vent d'avril.

II. El comme lui quelquefois tiède, mais plus souvent glacée.

Ses pieds nus n'ont pas que la blancheur de la neige. C'est la lune d'hiver, qui fait l'éclat rêveur de ce col et de ces doigts. Et tout ce qu'elle 1 d'ardeur, le jeune soleil l'a versé en pluie d'or sur sa tête.

III. P4les d'amour les citronniers, tissus aussi de lune, sous l'étreinte des roses, se meurent déplaisir. Enlacées aux citrons et aux oranges, rondes des roses, & heures embaumées, délicieuses guirlandes.

Tel qu'un Orphée rivant rencontre le choeur des muses, le crépuscule va venir sous le bois d'orangers,

Comme un frère poète, de langueur voilé, s'avance sur la prairie où dansent ses saurs, les pieds de marbre.

IV. Dans le bois d'orangers, la fleur embaumée aux fruits se fiance. Les boules d'or rougeoient sous les feuilles laquées, dont la verdure est éternelle.

Et les fuseaux de topaze, parmi les feuillages sombres, blêmissent passionnément aux branches, qui portent les limons.

Comme la fleur de lin du ciel DOUTellemeDt éclose, rcgirdc tendiemeni, k traveri le* doigtt fenillnt de !• fortt, l'herbe ooirc à peine levée sur la pelouse I El tant de rotet, uat de rose».

V Enivranie, enivrée, haleioe de cet boi», b Prinavera vient, fleur» tout les piedt, fleurs dans la robe, des fleurs k pleines mains, — grlce que rien n'a touchée, si ce n'est les roses sur ses pas, —

La violette ï tes cheville*, et le jasmin frâlani la (été, fleur toi» mliae, tu glisses, toute vétuc de fleurs. .

Ta bouche est un calice fin comme le col de l'oeillet. >■> tr >-»«• rire de la mer perle en ondes étranges au bord de les jeu» pen

VI. Ta joie est pareille, en ta fraîche mélancolie, k celle du délire. O triste, k cause de ion ivrette, inncKente, il n'est tien de ti cruel, que la candeur et que ta pureté. Innocence, c'est toi qui es l'épine du péché sous les roses. Et ta grice intacte arrache des soupirs k ta volupté : car la plus forte, t'éiant goAiée, connaît ton amertume; et toi teule, innocente, u la verte douceur du tecret.

VII. O gracieuse, qui teras demain passionnée peut-être, lu et triste comme l'ombre de l'aurore, et les regards mouillés d'avril dans U clairière.

Enivrante, enivrée, —

O primavera, triste comme celle qui porte tout amour, et qui n'a point aimé.

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