‹ Images de la grandeurChapitre 18 sur 126 · I . Tiie le drap sur lui : car il est mort · texte numérisé non relu

I . Tiie le drap sur lui : car il est mort

Tire le drap sur celte tête. Cache le beau visage sous la toile blanche. Femme, voile ce» trait» : ce sont ceux d'un mort.

i. Qu'e»t ce donc que le visage d'un mort? Et qui donnera son nom i cette apparence, encore si belle ? Qui l'osera ?

C'est la choic sans nom, qui va perdre sa forme.

3. O Hypenon, je le voile, parce que je t'ai connu. Je te cache, Hvpérion, parce que je t'aimai. .

La pluie tombe, et »a navette aura bient6t tissu les rets humides, ou il Uiane éternelle t'a poussé, où la cha»»eresse t'a pris.

I . Mon Hypérion, doux prince, pourquoi es tu vrnii mourir ici, (l'ou lu partis n'y pouvant vivre? — Je t'aimais, je t'aimais. . et j'ai su tous tes maux. Nul n'a plus souffert que lui. Il s'était fiancé à la mélancolie, et promis & la beauté divine : il n'est donc pas de joie qu'il pût goûter, sans la détruire en lui. Je vois pourquoi, désormais, tu quittas ton Athènes, cl la terre des dieux : k l'Olympe découronné, tu voulais remettre une couronne, et tu fis retour ï la brume natale, couronnant ton r<ve de ta vie. .

s . Tire le drip tar lai : car il est mort. Jeune fille, Uiue faire k la pluie, la patiente plenreote, avx doigu légen de fotMjeor ani. EUe l'ensevelit.

Que *ot eipriu gardeoi le tileoce ! N'otez pa» néme peoier è le que c'est qu'un mon.

'>. Il^p^rion, tu es tenn par une nuit obKure ; et nous saivoat tes funérailles, an bord de la mer qui pleure, par cette aurore grive d'une journée pluTieuse. O loi, qui vins chercher la couche humide de la nuit, et le lit maritime de l'aube la plus blême, — mon ^oilë, dont le divia visage est dé\ï le labour de l'ennemi sans nom, le pacage on vont paître les troupeaux du sépulcre, — Hjrpérion, n'as-tn plut rien i dire de ces douces lèvres, déjk d'un dessin si amer et si dur tous le «oile ? — La pluie tombe; et peu à peu te pousse k la mer infinie, mon Hjrpérion. .

7. Mort, gouffre profond, es to si accomplie qu'un seul mol, un seul adieu, pas même un cri ne pniste s'élever de tes foucs aocturoes ?

Voile, 6 jeune femme, voile ce beau visage, on la mort ■'• pas voulu graver, de son doigt taciturne, plus de lettres que celles de son nom. .

ADIEUX DHYPÉRION

Hri-ÙION KtrOND rA» tr« LAKIKJpl.

I. Lumière sur les sommets, lumière sar la cime, — Et U seulement, lumière!

Lumière du trait lancé des profondeurs, du bloc de lave aoiic qai s'allume,

A caut« de U vitctte dévorante, au iriven de l'etpace acquite, et qui l'illumine parcouru.

Lumière du chine mouilla au fond de* océans, qui crott d^meturé et tombre, portant tout l'infini photphorMCcnl des vagues pour feuil* lage, et qui pour branches a les marges, —

Lumière de ce ch^ne, — et son divin désir de pousser sa téie

Au-dessus du flux et du reflux des tcmp< "• '!'• porter enfin l'aurore sur ses tempes vertes I

II. Lumière de l'aigle hors de l'aire, — Fi qui prend son vol pour la mort I

Lumière de l'espace diamanté tons les ailes, qui fendent l'éibet sombre, —

Lumière, désir de l'aigle, el d'aller donner du front s«r la face brûlante du soleil,. . —

Lumière, où se hlte, titubant dans le labjrinthe noir des entrailles maternelles, — ou bien, comme le têtard pris entre les mailles d'un pr* d'herbes coupées, —

Lumière splendide de la douleur, — uii se précipite l'enfant de la femme,

Frappant, les poings fermes, aux portes sanglantes du ventre, berceau tiède suspendu dans la nuit !..

III. Il faut que tu le consoles, à cœur puissant des profondeurs, mon hôte sombre.

Rêveur de la lumière

Console toi, —

Console loi, —

Ta lumière, c'est le repos. Don, 6 profond : étends toi dans ton ombre.

Console toi de tout perdre : ta ne le voulais pas gagner.

De toi k loi, et non de toi i elle, — toute lumière. Don, à profond : Tu l'as. «

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