‹ Images de la grandeurChapitre 38 sur 126 · V. L'homme ne gémit point, — et ne répondit pas · texte numérisé non relu

V. L'homme ne gémit point, — et ne répondit pas

Les passions démasquées sont silencieuses. Et l'horreur de se découvrir est sans voix.

< Mesure le tombeau de ton Imc », dit le guide. L'homme pensa : Il est grand; et sourit tristement. Mais le guide : « Tu n'as pas tout vu. Va plus au fond, et sous la dépouille. Les vipères qui se piquent les unes les autres dans le noeud qu'elles forment, les porcs et les chiens enragés qui s'étranglent ï force de se mordre, te cachent leur proie. Regarde. »

Et l'homme vit alors, étendu sous le peuple infime, son Sme désespérée.

Elle était ensevelie dans un ionuiiL'il ft^mitsjnt, humé pat la douleur des téiet.

Ses jeux fermés filtraient des larmes lentes, et d'un cours sans

fin, comme celui des étoiles.

El, plie de toutes ses pensées, tout son tire semblait supplier et dire : • Réveille, réveille moi ! •

FOGSTOWN

I . Je t'ai quitta, et même je l'ai fui. J'ai cni l'oublier; mait je ne l'ai pat pu, non plus que me perdre. A loi, j'ai partout peù%é; et quand je le crojait le rooios. j'ai langui après toi. C«r je l'ai loojourt proféré aux lieux qui m'ont le plut séduit, et que j'ai même le plut aim^, parfois.

Enfin, i<* l'ai ilù rechercher, et je te retrouve, port des brumet.

a. Voici ton chiicau sombre, aux pierres verdies comme des os par ta vieillesse, suspendu au-dessus de la ville, biii sur un nuage, ea terrasse sur le toit des maisons. Voici les vieilles demeures, hautes et grises, toutes tendues & la lumière, qui ne les accueille pas. Voici les vieillet racs tortueuses contre le vent, comme le loup pressé par la meute, ou la meodiante que les enfans poursuivent.

3 . Tes clochers sonnent des heures qu'on n'entend pas dans l'air ouaté qui les étouffe. Tes tours grises grelottent dans les vapeurs hnmides, comme des blessés dans la charpie. Tes rues noires et tes vieux quaniers se précipitent vides, sur le flanc de la colline, vers la rivière blême et vers le port. Les enfans te gourmeni en silence dans les raellet; et les hoBses s'y enivrent, ou s'y tuent au couteau, silencieusement. On voit des linges ungtans, k la barre des fenêtres; des chiens maigres autour d'un os, et de vieilles femmes au nez rouge penchées sur une hoiie. Et dans l'ombre de tes jours, port des brumes, le sang, lai-méme silencieux, plut6i que ronge rougeoie brunissant.

4. Le silence bruine; i l'horizon, tout se perd et s'edace.. Je n'aime pas la mort, peut-être?. .

J'time la vie, qui hait la vie,' — et fait la morte.

5. Ville v'iiiùt, lU feint il'i'iir iniKHr Tu t L o.jumiv |tleiac de fumée. .

L« iouffle de la mer a ridé ton corp» rocheux, — El tu es couverte de hâle, vieille bViinc.

6. Tu es farcie d'orduret qu'on ne voit point, — et de misères qu'on voit peu, mais qu'on devine. Des hommes vertueux, véius de noir et fourrés d'impostures, passent le long de tes murs, rasant les barreaux dct fenêtres et les ferrailles, avec l'humilité de la morale la plus forte, ou l'arrogance du crime san^ vrimlali- Tu ^^ns l'alcool, le drap, la WMe cl le gondroo .

7. Mais c'est i peine si lu as couleur, odeur, ou son, chaque jour pendant plus d'une heure. Grlce au ciel, tout le reste du temps, tu rêves dans l'ombre pesante, sous les draps livides du nord, et sur l'oreiller mouvant des brumes. Tu soupires dans les songes malsains; et tu souffles, dans la torpeur de ton ennui, une haleine lourde et rauque.

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