III. Je te retrouve, Proméihée
Tu tombes, divin, — et plus divin à mesure que tu tombes.
O douleur d'être grand. .
Quand ta grandeur
Sera t elle rassasiée de ta grandeur?
Je te retrouve, et dans ta chute
Le Caucase neigeux, dont tes bras ouverts ont fait une croix.
Et les monts, et les mondes,
Et la Voie Lactée,
Cette rivière de perles posée sur ton front.
Tout l'univers tombe avec toi.
Je te retrouve, Prométhée.
Plus qu'un homme, un pécheur d'astres.
Plus qu'un dieu, un Titan, pendule de l'abime : le collier stellaire de l'infini est à ton col. Et tu roules entraîné par ce cœur trop lourd, infatigable de Puissance.
Je te retrouve.
Plus triste est la nuit, et plus elle est belle. Plus noire est la nuit, et plus elle est belle. Tu dis vrai : Je me retrouve.