LIV. I, CHAP. III. II
demandera point ce que nous avons lu, mais ce que nous ayons fait; ni si nous avons bien parlé, mais si nous avons bien vécu.
Dites-moi où sont maintenant ces maîtres et ces docteurs que vous avez connus, lorsqu'ils vi voient encore, et qu ils fleuri^soient dans leur science?
D'autres occupent à présent leurs places, et je ne sais s'ils pensent seulement à eux.
Ils 8embloient, pendant leur vie, être quelque chose, et maintenant on n'en parle plus.
O que la gloire du monde passe vite! Plût à Dieu que leur vie eût répondu à leur science! ils auroient lu alors et étudié avec fruit.
Qu'il y en a qui se perdent dans le siècle par une vaine science, et par l'oubli du service de Dieu!
Et parcequ'ils aiment mieux être grands que d'être humbles, ils s'évanouissent dans leurs pensées.
Celui-là estvraimentgrand, qui a une grande charité.
Celui-là est vraiment grand , qui est petit à ses propres yeux, et pour qui les honneurs du monde ne sont qu'un pur néant.
Celui-là est vraiment sage, qui, pour gagner
12 l'imitation de Jésus-christ.
JésuS'Christ y regarde comme de la boue toutes les choses de la terre * .
Celui-là possède la vraie science, qui fait la volonté de Dieu, et renonce à la sienne-
RÉFLEXION
La science est sujette à Ferreur ; elle porte souvent avec elle le trouble et 1 ennui ; elle ne satisfait point les désirs insatiables de Tame , si elle n'a pour fondement la parole de Dieu , parole vivifiante qui la dégage de mille vaines recherches; qui seule peut la rendre bonne en la soumettant à la foi , en faisant naître, en même temps qu'elle et avec elle, Thumilité du cœur. Soyez savant de cette manière, et la science sera pour vous une source de vérité , d'amour, et de paix.