‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 10 sur 312 · LIV. I, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. III

(^^ue tous les docteurs se taisent ; que toutes les Ci éature^ oien t dans le silence devant vous : parlez-moi vous seul:

3. Plus un homme est recueilli en lui-même, et dégagé des choses extérieures , plus • son esprit s'étend et s'élève sans aucun travail, parcequ'il reçoit d en-haut la lumièire de Fintelligence.

Une ame pure, simple, ferme dans le bien, n est jamais dissipée au milieu même des plus nombreuses occupations , parcequ'elle fait tout pour honorer Dieu, et que, tranquille en elle-même, elle tâche de ne se rechercher en rien.

Qu est-ce qui vous fatigue et vous trouble, si ce n'est les affections immortifiées de votre cœur?

Lliomme bon et vraiment pieux dispose d abord au-dedans de lui tout ce qu'il doit faire au-dehors: il ne se laisse point entraîner, dans ses actions, aux désirs d'une inclination vicieuse; mais il les soumet à la régie dune droite raison.

Qui a un plus rude combat à soutenir que celui qui travaille à se vaincre?

10 l'imitation de Jésus-christ.

C'est là ce qui devroit nous occuper uniqueiuent : combattre contre nous - mêmes, devenir chaque jour plus fort contre nous, chaque jour faire quelques progrès dans le bien.

4- Toute perfection dans cette vie est mêlée de quelque imperfection ; et nous ne voyons rien qu'à travers une certaine obscurité.

L'humble connoissance de vous-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu que les recherches profondes de la science.

Ce n'est pas qu'il faille blâmer la science, ni la simple connoissance d'aucune chose ; car elle est bonne en soi et dans l'ordre de Dieu; seulement on doit préférer toujours une conscience pure et une vie sainte.

Mais parceque plusieurs s'occupent davantage de savoir que de bien vivre , ils s'égarent souvent , et ne retirent que peu ou point de fruit de leur travail.

5. Ohl s'ils avoient autant d'ardeur pour extirper leurs vices, et pour cultiver la vertu, que pour remuer de vaines questions, on ne verroit pas tant de maux et de scandales dans le peuple, ni tant de relâchement dans les monastères.

Certes, au jour du jugement^ on ne nous

Page 1