‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 114 sur 312 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De l'épreuve du véritable amour.

1. J. C. Mon fils, votre amour nest encore ni assez fort, ni assez éclairé.

Le F. Pourquoi, Seigneur?

J. C. Parcequ'àla moindre contrariété vous laissez là lœuvre commencée , et que vous re* cherchez trop avidement les consolations.

Celui qui aime fortement demeure ferme dans la tentation , et ne cède point aux suggestions artificieuses de Fennemi. Dans le mauvais comme dans le bon succès, son cœur est éga-r lement à moi.

2. Celui dont lamour est éclairé considère moins le don de celui qui aime que lamour de celui qui donne.

L affection le touche plus que le bienfait, et il préfère son bien-aimé à tout ce qu il reçoit de lui.

Celui qui m aime d'un amour généreux ne

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se repose pas dans mes dons, mais en moi pardessus tous mes dons.

Ne croyez pas tout perdu cependant, s il vous arrive de sentir, pour moi ou pour mes saints, moins d amour que vous ne voudriez.

Cet amour tendre et doux que vous éprouvez quelquefois est l'effet de la présence de la grâce, et une sorte davant^oùt de la patrie céleste; il n'y faut pas chercher trop d'appui, parcequ'il passe comme il est venu.

Mais combattre les mouvements déréglés de l'âme, et m^riser les soUicttatioDS du démon, c'est un grand sujet de mérite et la marque d'une solide vertu.

3. Ne vous troublez dcmc point des fan* tômes, quels qu'ils soient, qui obsèdent votre imagination.

Conservez une résolution ferme et une ii>tentioD droite devant Dieu.

Ce n'est point une illusion , si quelquefois vous êtes soudain ravi en extase, et qu'aussitôt vous retombiez dans les pensées misérables qui occupent d'ordinaire votre cœur.

Car vous souffrez alors plus que vous n'agissez ; et tant qu'elles vous déplaisent et que

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