‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 119 sur 312 · LIV, III, CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIV, III, CHAP. VII

RÉFLEXION

Le pieux auteur revient sans cesse sur le précepte de rhumilité, parceque Thomme a besoin qu on le lui rappelle sans cesse, tant l'orgueil a jeté de profondes racines dans son cœur. Le juste même est tenté d'orgueil : il existe en lui un secret penchant à présumer de ses forces, à s'attribuer le bien dont la grâce est l'unique principe. Et s'il échappe à ce piège , un orgueil plus déguisé le porte à se complaire dans les dons de Dieu, comme s'il étoit assuré de ne les jamais perdre; à rechercher avec un désir inquiet les faveurs extraordinaires; à s'affliger jusqu'au trouble, lorsqu'il est privé des consolations sensibles; à repousser le mépris, et à souffrir impatiemment tout ce qui peut l'abaisser aux yeux des honmies. On ne sanroit donc trop nous entretenir de nos misères et de notre néant. Notre véritable grandeur est de connoitre que nous ne sommes rien; notre paix est de le sentir, pourvu qu'en même temps nous connoissions le réparateur de notre nature, celui qui seul est notre force, notre modèle et notre vie; et qui, nous donnant à-la-fois le précepte et l'exemple, a dit : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cceur ' .

* Matt. XI y 29.

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