LIV. III, CHAP. VII
le résultat leur en sera funeste, si toutefois ils s obstinent dans leur propre sens.
Rarement ceux qui sont sages à leurs yeux se laissent humblement conduire par les autres.
Il vaut mieux être humble avec un esprit et des lumières bornées, que de posséder des trésors de science et de se complaire en soimême*
Il vaut mieux pour vous avoir peu que beaucoup, dont vous pourriez vous enorgueillir.
Celui-là manque de prudence , qui se livre tout entier à la joie, oubliant son indigence passée et cette chaste crainte du Seigneur, qui appréhende de perdre la grâce reçue.
C'est aussi manquer de vertu que de se laisser aller à un découragement excessif au temps de l'adversité et de l'épreuve, et d'avoir des pensées et des sentiments indignes de la confiance qu'on me doit.
4. Celui qui, durant la paix, a trop de sécurité, se trouve souvent, pendant la guerre, le plus timide et le plus lâche.
Si , ne présumant jamais de vous-même ,
vous saviez demeurer toujours humble, irio*
194 l'imitation de Jésus-christ.
dérer et régler les mouvements de votre esprit, vous ne tomberiez pas si vite dans le péril et dans le péché.
C'est une pratique sage que de penser, durant la- ferveur, à ce qu'on sera dans la privation de la lumière.
Et quand vous en êtes en effet privé, songez qu'elle peut revenir, et que je ne vous l'ai retirée pour un temps qu'en vue de ma gloire, et pour exciter votre vigilance.
Souvent une telle épreuve vous est plus utile que si tout vous succédoit constamment selon vos désirs.
Car, pour juger du mérite, on ne doit pas regarder si quelqu'un a beaucoup de visions ou de consolations ; ou s'il est habile dans l'Écriture sainte; ou s'il occupe un rang élevé:
Mais s'il est affermi dans la véritable humilité, et rempli de la charité divine: s'il cherche en tout et toujours uniquement la gloire de Dieu; s'il est bien convaincu de son néant; s'U a pour lui-même un mépris sincère , et s'il se réjouit plus d'être méprisé des autres et humilié par eux que d'en être honoré.