LIV. III, CHAP. XIV
pouvante, et mon ame est dans une profonde terreur.
Interdit, e£ïrayé, je considère que les deux ne sont pas purs à vos yeux ' .
Si vous avez trouvé le mal dans vos anges * > et si vous ne les avez pas épargnés, que sera-ce de moi?
Les étoiles sont tombées du cieP : moi, poussière, que dois-je donc attendre?
Des hommes dont les œuvres paroissoient
louables sont tombés aussi bas qu on puisse
tomber, et j ai vu ceux qui se nourrissoient du
pain des anges faire leurs délices de la pâture
^ des pourceaux.
n* 2. Il nest donc point de sainteté. Seigneur, si vous retirez votre main j
Point de sagesse qui soit utile, si vous ne la dirigez pas;
Point de force qui soit de secours , si vous cessez de la soutenir;
Point de chasteté assurée, si vous n'en prenez la défense ;
Point de vigilance qui nous serve, si vous ne veillez vous-même pour nous.
« Job. XV, i5. — * Ibid, IV, iB. — ^ Apoc. vi, i3.
220 l'imitation de jésds-christ.
Laissés à nous-mêmes, nous enfonçons dans les flots et nous périssons : venez-vous à nous, nous nous relevons et nous vivons.
Car nous sommes chancelants, mais vous nous affermissez^ nous sommes tiédes, mais vous nous enflammez.
3. O que je dois avoir d'humbles et basses pensées de moi-même! que je dois estimer peu ce qui paroît de bien en moi !
O que je dois m abaisser profondément, Seigneur, devant vos. jugements impénétrables, où je me perds comme dans un abyme, et vois que je ne suis rien que néant et un pur néant!
O poids immense! ô mer sans rivages, où je ne retrouve rien de moi, où je disparois comme le rien au milieu du tout !
Où donc l'orgueil se placera-t-il ? oîi la confiance en sa propre vertu ?
Toute vanité s'éteint dans la profondeur de vos jugements sur moi.
4. Qu'est-ce que toute chair devant vous? L argile s'élèvera-t-elle contre celui qui Fa formée'?
' Is. XXIX, 16.