‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 147 sur 312 · LIV. m, CHAP. XX · texte numérisé non relu

LIV. m, CHAP. XX

Souvent c'est la plus petite chose et la plus méprisable qui me cause une violente tentation.

Et quand je ne sens rien en moi-même, et que je me crois un peu en sûreté, je me trouve quelquefois presque abattu par un léger souffle.

2. Voyez donc, Seigneur, mon impuissance et ma fragilité, cjue tout manifeste à vos yeux.

Ayez pitié de moi , et retirez-moi de la boue, de crainte que je n'y demeure à jamais enfoncé'.

Ce qui souvent fait ma peine et ma confusion devant vous, c'est de tomber si aisément, et d'être si foible contre mes passions.

Bien qu elles ne parviennent pas à m'arracher un plein consentement, leurs sollicitations me fatiguent et me pèsent, et ce m'est un grand ennui de vivre ainsi toujours en guerre.

Je connois sur-tout en ceci mon infirmité, que les plus horribles imaginations s'emparent de mon esprit, bien plus facilement qu'elles n'en sortent.

3. Puissant Dieu d'Israël, défenseur des âmes fidèles, daignez jeter un regard sur votre ser-

* Ps. LXYIir, 18.

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vîteur affligé et dans le travail, et soyez près de lui pour Taider en tout ce qu'il entreprendra.

Remplissez-moi d'une force toute céleste, de peur que le vieil homme, et cette chair de péché, qui n'est pas encore entièrement soumise à l'esprit , ne prévale et ne domine ; elle contre qui nous devons combattre jusqu'au dernier soupir, dans cette vie chargée de tant de misères.

Hélas! qu'est-ce que cette vie, assiégée de toutes parts de tribulations et de peines, environnée de pièges et d'ennemis?

Est-on délivré d'une affliction ou d'une tentation, une autre lui succède: et Ton combat même encore la première, que d'autres surviennent inopinément.

4* Comment peut-on aimer une vie remplie de tant d'amertumes, sujette à tant de maux et de calamités?

Comment peut-on même appeler vie ce qui engendre tant de douleurs et tant de morts?

Et cependant on l'aime, et plusieurs y cherchent leur félicité.

On reproche souvent au monde d'être trora- . peur et vain ; et toutefois on le quitte difficile-

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