LIV. III, CHAP. XX
nient, parcequon est encore dominé par les convoitises de la chair.
Certaines choses nous inclinent à aimer le monde, d'autres à le mépriser.
Le désir de la chair, le désir des yeux, et t orgueil de la vie ' , inspirent l'amour du monde ; mais les peines et les misères qui les suivent justeBaent produisent la haine et le dégoût du inonde.
5. Mais hélas! le plaisir mauvais triomphe del'ame livrée au monde: elle se repose avec délices dans l'esclavage des sens, parcequ'elle ne connoît pas, et n'a point goûté les suavités célestes, ni le charme intérieur de la vertu.
Mais ceux qui, méprisant le monde parfaitement, s'efforcent de vivre pour Dieu sous une sainte discipline, n'ignorent point les divines douceurs promises au vrai renoncement, et voient avec clarté combien le monde , abusé par des illusions diverses, s'égare dangereusement.
' I. Joann. ii, 16.
244 l'imitation de jésds-chriot.
RÉFLEXION
Tous les sentiments du chrétien éclatent dans cette prière : aveu de sa foiblesse, de ses misères, des contradictions inexplicables de son coeur; recours à Dieu, son seul appui y et sans lequel il fautquH tombe pour ne plus jamais se relever; mépris profond pour une vie passagère, toute chargée d'afflictions; puis, dans celle qui doit la suivre, tous ses désirs et toutes ses espérances. Ajoutons que ces sentiments si touchants, si nobles, si généreux, dans lesquels il y a comme un avant-goût des choses célestes , ne peuvent se trouver que dans le chrétien ; et répétons avec le Psalmiste : Dieu est admirable dans ses saints * .