‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 169 sur 312 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Qu'il faut mépriser les jugements humains.

1. J.-C. Mon fils, ne vous offensez point si quelques uns pensent mal de vous et en disent des choses qu'il vous soit pénible d'entendre.

Vous devez penser encore plus mal de vousmême, et croire que personne n'est plus imparfait que vous.

Si vous êtes retiré en vous-même , que vous importeront des paroles qui se dissipent en Fair?

■ Ce n'est pas une prudence médiocre que de savoir se taire au temps mauvais, et de se tourner vers moi intérieurement, sans se troubler des jugements humains.

2. Que votre paix ne dépende point des discours des hommes: car, qu'ils jugent de vous bien ou mal, vous n'en demeurez pas moins ce que vous êtes. Où est la véritable paix et la

gloire véritable? n'est-ce pas en moi ?

276 l'imitation de Jésus-christ.

Celui qui ne désire point de plaire aux hommes, et qui ne craint point de leur déplaire, jouira d'une g^rande paix.

De l'amour déréglé et des vaines craintes naissent l'inquiétude du cœur et la dissipation des sens.

UÉFLEXION.

Dieu veut que nous l'ainiions d'un tel amour, qu'insensibles à tout le reste, les discours malicieux du monde , et tout ce que ses haines peuveat tramer, tout ce que ses calomnies peuvent répandre pour notre perte, viennent, comme un vain bruit, expirer dans notre oreille sans pouvoir jamais p^ nélrer jusqu'à notre cœur et y causer le moindre ébranlement. Mais, par le même précepte, il nous est ordonné d'aimer notre prochain en Dieu et pour Dieu; et cette loi de charité nous défend, avant toutes choses, de lui nuire par des paroles médisantes, paroles dont le ravage est tel, que l'Ecriture sainte représente le médisant comme un homme terrible et redoutable au milieu des villes '. Ce qu'elle veut ensuite , cette même loi , c'est que nous nous fassions comme les tuteurs et les protecteurs

' Eccl. IX, 25.

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