LIV. III, CHAP. XXX
fend point de compatir. Jésus lui-même, en donnant des regrets à la mort de Lazare, son ami, nous a montré qu il y a des afflictions permises, et même saintes, en ce sens qu elles servent à la sanctification, quand on les contient dans de justes bornes. Mais on ne doit point se livrer à des douleurs inconsolables. Elles prouvent une attache immodérée aux choses d'ici-bas, un coupable éloignement de Dieu, source de toute consolation, et qui ne manque jamais à celui qui lappelle dans ses adversités. Vous vous lamentez sans terme, sans mesure, pour avoir perdu un bien que vous saviez être périssable : tremblez que ce Dieu, à qui vous n'avez point recours, ne s'irrite etne vous abandonne pour toujours à votre inutile et honteuse douleur. Eh quoi ! le passé vous afflige, le présent vous accable, l'avenir vous inquiète? éloignez de vous tous ces fantômes qui vous obsèdent; demandez les grâces du ciel, qui sont capables de changer en épreuves utiles à votre vertu ces tentations sous lesquelles succombe votre foiblesse; et souvenez-vous qu'un jour viendra où Dieu essuiera toutes nos larmes; où il ri y aura plus ni mort, ni douleur, ni gémissements \
'Apec. XXI, 4*
286 l'imitation de Jésus-christ.