‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 174 sur 312 · C'est une suite de la misère humaine d'être · texte numérisé non relu

C'est une suite de la misère humaine d'être

' Jér. XXXII, 27. — * Matth. vin, 7. — ^ Ibid. vi, 34*

282 l'imitation de Jésus-christ.

le jouet de ces imaginations, et la marque d'une ame encore foible, decédersiaisém^t aux sug{];estions de lennemi.

Car peu lui importe de nous séduire et de nous tromper par des objets réels ou par de fausses images; et de nous vaincre par Famour <les biens présents ou par la crainte des maux à venir.

Que votre coeur donc ne se trouble point et ne craigne point.

Croyez en moi y et confiezrvous en mamiséri'' corde ' .

Quand vous croyez être loin de moi , souvent c'est alors que je suis le plus près de vous.

Lorsque vous croyez tout perdu , : ce n'fest souvent que Foccasion d un plus grand mérite.

Tout n'est pas perdu quand le - succès ne répond pas à vos désirs.

Vous ne devez pas juger selon le sentiment présent, ni vous abandonner à aucune affliction, quelle qu'en soit la cause, et vous y enfoncer, comme s'il ne vous restoit nulle espérance d'en sortir.

I * Joani). XIV, 1, 9.7. r

uv. m^ GHAP. XXX. 283

4. Ne pensez pas que je tous aie tout-à-fait délaissé lorsque je vous afflige pour ufi temps, ou que je vous retire mes consolations : car c est ainsi qu on parvient au royaume des cieux.

Et certes il vaut mieux pour vous et pour tous mes serviteurs être exercé par des traverses,; que de in éprouver jamai» aucune contrariété. ^ .

Je connois le secret de votre cœur, et je sais qu il estrntile pour votre salut que vous soyez quelquefois dans la sécheresse , de crainte qu une ferveur continue ne vous porte k la présomption, et que^ par une vaine complaisance en vous-même, vous ne vous imaginiez être ce que vous n'êtes pas.

Ge qi»e j ai donné, je puis 1 oter et le rendre quand il me plaît.

5. Ge que je donne est toujours à moi ; ce que je reprends n'est point à vous : car c'est de moi que découle tout bien et tout don parfait.

Si je vous envoie quelque peine ou quelque contradiction, .n'en murmurez pas, et que votre cœur ne se laisse point abattre : car je puis en un moment vous délivrer de ce fardeau et changer votre tristesse en joie.

284 l'imitation de Jésus-christ.

Et lorsque j en use ainsi avec vous, je suis juste etdigne de toute louange.

Si TOUS jugez selon la sagesse et la vériié, vous né devez jamais vous affliger avec tant d excès dans ladversité , mais plutôt vous en réjouir et m'en rendre grâce.

Et même ce doit être votre unique joie que je vous frappe sans vous épargner ' .

Comme mon père nia aimé et moi aussi je vous aime^^ ai-je dit à mes disciples en les envoyant, non pour goûter les joies du monde, mais |)Our soutenir de grands combats ; non pour posséder les honneurs, mais pour souffrir les mépris; non pour vivre dans l'oisiveté , mais dans le travail ; non pour se reposer, mais pour porter beaucoup de fruit par la patience ^, Souvenezvous, mon fils, de ces paroles.

RÉFLEXION

Il est des douleurs naturelles, Intimes, que d'abord le cœur humain, foible comme il est, ne peut vaincre , et auxquelles Faustérité chrétienne ne dé-

* Job. VI, lo. — * Joan. xv, g. — ^ Luc. xviii, i5. Joann. XV, i6.

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