‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 181 sur 312 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

De l'inconstance du cœur, et que nous devons tout rapporter à Dieu comme à notre dernière fin.

I. J.-C. Mon Fils, ne vous reposez point sur ce que vous sentez en vous: maintenant vous êtes affecté d'une certaine manière, vous le serez d une autre le moment d après.

Tant que vous vivrez, vous serez sujet au. changement, même malgré vous : tour-à-tour triste et gai, tranquille et inquiet, fervent et tiède, tantôt actif, tantôt paresseux, tantôt grave, tantôt léger.

Mais Fhomme sage et instruit dans les voies spirituelles s'élève au-dessus de ces vicissitudes. Il ne considère point ce qu'il éprouve en soi , ni de quel côté Tincline le vent de l'inconstance; mais il arrête toute son attention sur la fin bienheureuse à laquelle il doit tendre.

C'est ainsi qu'au milieu de tant de mouvements divers, fixant sur moi seul ses regards, il demeure inébranlable et toujours le même.

296 l'imitation de Jésus-christ.

Plus Fœil de Famé est pur et son intention droite, moins on est agité par les tempêtes.

Mais cet œil s obscurcit en plusieurs, paircequ'il se tourne vers chaque objet agréable qui se présente.

Car il est rare de trouver quelqu'un tout-àfait exempt de la honteuse recherche de soimême.

Ainsi autrefois les Juifs vinrent à Béthanie chez Marthe et Marie, non pour Jésus seul, mais pour voir Lazare ' .

Il faut donc purifier l'intention, afin que, simple et droite , elle se dirige constamment vers moi , sans s'arrêter jamais aux objets inférieurs.

RÉFLEXION

C^est ainsi que Dieu , par une tendre compassion , nous montre la profonde plaie de notre cœur; el nous prédisant ses inconstances, ses foiblesses, ses dégoûts, ses joies, ses tristesses, ses alternatives de trouble et de repos, de tiédeur et d amour, nous indique le seul remède qui puisse , non pas guérir

' Joann. xii, 9.

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