LIV. m, CHAP. XXXIV
Rien pourtant ne se ressemble moins que le goût du Créateur et celui de la créature, du temps et de l'éternité , de la lumière incréée et de celle qui n'en est qu'un fbible reflet.
3. 0 lumière éternelle, infiniment élevée audessus de toute lumière créée, qu'un de vos rayons, tel qtte la foudre, parte d'en haut, et pénètre jusqu'au fond le plus intime de mon cœur !
Purifiez, dilatez, éclairez, vivifiez mon ame et toutes ses puissances, pour qu'elle s'unisse à vous dans des transports de joie.
Oh! quand viendra cette heure heureuse, cette heure désirable, où vous me rassasierez de votre présence, oii vous me serez tout en toutes choses !
Jusque-là je n'aurai point de joie parfaite.
Hélas! le vieil homme vit encore en moi; il n'est pas tout crucifié, il n'est pas mort entièrement.
Ses convoitises combattent encore fortement contre l'esprit; il excite en moi des guerres intestines, et ne souflfre point que l'ame régne en paix.
Mais vous qui commandez à la mer et qui cal-
3oo l'imitation de Jésus-christ.
mez le màuvemefUdesJlots, levezHVous^ secourezr moi * .
Dissipez tes nations qui veulent h ^[uerre * : et brisez-le8 dans votre puissance.
Faites^ je vous conjure, éclater vus merveiltes, et signalez la gloire de votre bras^i car je nai lK)int d autre espérance ni dautre refuge que vous, ô mon Dieu 1
Il est étrange que, connoissant Dieu, toute noire anie ne soit pas absorbée dans son amour; qn^elle s arrête encore aux créatoreSt au lieu de se plonger et de se perdre dans la source de tout bien. Qu'estce que le bonheur, sinon Famour ; et qu'est-ce que le bonheur infini, sinon un amour sans bornes? il faut donc à notre cœur un objet infini, il faut Dieu : rien de créé ne sauroit le sa^s&ire jamais. Que me veut le monde? Quai-je besdin de lui? Que peut-il me donner? Mon cœm' est ptus grand que tous ses biens, et Dieu seul est plus frand que mon cœttr*. Dieu seul donc, Dieu seul, maintenant et toujours: éternellement Dieu seul ! <
* Ps. Lxxxviit, lo; xLiii, 26. — ' Ibid. lxvii, 3^. — -Mudith. IX, 11. Eccl. XXXVI, 7. — ^ Joftnn. m, 20.