LIV. III, CHAP. XUII
des ombres et des fi(]^res ; je révèle à d'autres mes mystères au milieu d une vive splendeur. Les livres parlent à tous le même langage; mais il ne produit pas sur tous les mêmes impressions, parceque moi seul j'enseigne la vérité au-dedans, je scrute les cœurs, je pénétre les pensées, j'excite à agir, et je distribue mes dons à chacun , selon qu'il me plaît.
RÉFLEXION
Plusieurs se fatiguent et se tourmentent pour acquérir la science; et jai vu, dit le Sage, que cela aussi éioit vanité, travail, et affliction d esprit * . A quoi vous servira de connoitre les choses de ce monde , quand ce monde même aura passé? Au dernier jour, on ne vous demandera pas ce que vous avez su, mais ce que vous avez fait, et il ny a plus de science dans les enfers, vers lesquels vous vous hâtez"". Cessez un vain labeur. Qui que vous soyez , vous n'avez que trop cultivé Tarbre dont tes fruits donnent la mort. Laissez la science qui nourrit l'orgueil, la science qui enfle, pour vous occuper uniquement d'acquérir celle qui fait les humbles et les saints , la charité qui
' Eccles. I, 17. -r * ikid, ix, 10.
33o L'IMITATIONT Dfi JÉSUS-CHRIST.
édifie \ Apprenez à tous humilier, à connoîtte votre néant et votre corruption. Alors Dieu viendra vers vous; il vous éclairera de sa lumière, il vous emeignera, dans le isecret du cœur, cette science mer* veilleuse dont Jésus a dit: Je vous bénis, mon Père^ Seigneur du ciel et de ta terre, parceque vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, ^t Us avei révélées aux petits^.