LIV. III, CHAP. XLV
restes d une vie qui va lui échapper, et dont lame retrouve, au milieu des rigueurs de la pénitence, les forces que lui avoient ôtées ses longs égarements ! mais plus heureux encore Thomme dont le soufQe contagieux du monde n a jamais terni Tinnocence; qui, dès sa jeunesse, a su comment il fallait converser dans la maison de Dieu *, et qui n'a cessé rfy croître en grâce et dans la connoissance du Seigneur ^. U possède, dans sa simplicité, une paix que toute l'expérience des enfants du siècle n'avoit pu Kur procurer, et qu'ils n'ont obtenue que lorsqu'ils sont venus dans la solitude où il cache sa vie , chercher le Dieu qui s'y cache , en quelque sorte, avec lui.
CHAt>ITRE XLVI.
Qn^l faut mettre sa confiance en Dieu, lorsqu'on est assailli
de paroles injurieuses.
I . J.-C. Mon fils, demeurez ferme, et espérezen moi. Qu'est-ce, après tout, que des paroles? un vain bruit. Elles frappent l'air, mais ne brisenrt point la pierre.
* Tim. m, i5. — » lî. Pet. m, 18.
338 l'imitation de jésus-christ.
Si vous êtes coupable , songez que votre de^ sir doit être de vous corriger. Si votre conscience ne vous reproche rien , pensez que vous devez souflFrir avec joie cette légère peine pour Dieu .
C'est bien ce qu'il y a de moindre, que, de temps en temps, vous supportiez quelques paroles , vous qui ne pouvez encore soutenir de plus rudes épreuves.
Et pourquoi de si petites choses vont-elles jusqu'à votre cœur, si ce n'est que vous êtes encore charnel, et trop occupé des jugements des hommes?
Vous craignez le mépris, et à cause de cela vous ne voulez pas être repris de vos fautes, et vous cherchez des excuses pour les couvrir.
a. Scrutez mieux votre cœur, et vous reconnoîtrez que le monde vit encore en vous, et le vain désir de plaire aux hommes.
Car votre répugnance à être abaissé, confondu pour vos Foiblesses, prouve que vous n'avez pas une humilité sincère , que vous n'êtes pas véritablement mort au monde, et (jue le monde n'est pas crucifié pour vous * .
' Galat. VI, i4-