‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 212 sur 312 · LIV. III, CHAP. XLVIIl · texte numérisé non relu

LIV. III, CHAP. XLVIIl

rant la prière! Mon Dieu, ne vous éloignez pas de moi y et n'abandonnez point votre serviteur daïïis votre colère * .

Faîtes briller votre foudre, et dissipez ces visions de la chair; lancez vos flèches^ ^ et mettez en fuite ces fantômes de Fennemi.

Rappelez à vous tous mes sens; faites que j'oublie toutes les choses du monde, et que je rejette promptement, avec mépris, ces criminelles imagées.

Éternelle vérité , prêtez-moi votre secours , afin que nulle chose vaine ne me touche.

Venez en moi, céleste douceur, et que tout ce qui n'est pas pur s'évanouisse devant vous.

Pardonnez -moi aussi, et usez de miséricorde, toutes les fois que, dans la prière, je m'occupe d'autre chose que de vous.

Car je confesse sincèrement que la distraction m'est habituelle.

Dans le mouvement ou dans le repos, bien souvent je ne suis point où est mon corps, mais plutôt où mon esprit m'emporte.

Je suis là où est ma pensée, et ma pensée est d'ordinaire où est ce que j'aime.

' Ps. Lxx, i3; XXVI, 14. — ' Ibid. cxLiii, 6.

352 l'imitation de jésus-ghrist.

Ce qui me plaît naturellement ou par habitude, voilà ce qui d abord se présente à elle.

6. Et c'est pour cela, ô vérité, que vous avez dit expressément : Ou est votre trésor, là est aussi votre cœur ' .

Si j'aime le ciel , je pense volontiers aax choses du ciel.

Si j'aime le monde, je me réjouis des prospérités du monde, et je m'attriste de ses adversités.

Si j'aime la chair, je me représente souvent ce qui est de la chair.

Si j'aime l'esprit, ma joie est de penser aux choses spirituelles.

Car il m'est doux de parler et d'entendre parler de tout ce que j'aime , et j'en emporte avec moi le souvenir dans ma retraite.

Mais heureux l'homme, ô mon Dieu, qui, a cause de vous, bannit de son cœur toutes les créatures j qui fait violence à la nature, et crucifie, par la ferveur de l'esprit, les convoitise» de la chair, afin de vous offrir, du fond d'une conscience où régne la paix, une prière pure;

* Matth. VI , 2 1 .

Page 1