LIV. III., CHAP. XLVIII
et que, dégagé au-dedans et au-dehors de tout ce qui est terrestre, il puisse se mêler aux chœurs des anges !
RÉFLEXION
Dans cette touchante prière, quelle peinture aduiirable du combat continuel et inexplicable de la nature et de la grâce ! Dieu appelle lame juste ou pénitente du haut des cieux : ils sont ouverts pour la recevoir; elle y aspire de toute l'ardeur de ses désirs; il lui semble déjà quelle a quitté la terre, et qu elle touche aux célestes demeures : tout-à-coup elle retombe tristement, entraînée par ce corps de mort ' dont elle est la captive, et dont elle ne peut briser les honteux et funestes liens. C'est ainsi qu elle passe le temps de son exil , accablée par le sentiment de ses misères, puis ranimée par de sublimes espérances de bonheur et de gloire; s'humiliant dans ses chutes, parcequ elles viennent de sa corruption; s^humiliant encore dans ses victoires, parcequ elles viennent uniquement de Dieu. Aussi cette ame agitée , que fait-elle autre chose qu'implorer sans cesse ce paternel secours? Tout ce qui peut lui être envoyé
» Kom. VII, 4.
354 l'imitation de jësus-ghrist.
par ce grand Dieu pour la détacher çntièremeiit de ce monde matériel et lunir à lui dans les délices de Tétemel amour, elle est prête aie recevoir avec joie, la pauvreté, les souffrances, les opprobres, la mort même , que Fimpie appelle souvent pour échapper au désespoir, mais qu elle ne désire que parcequ elle espère. Et en effet, vivre ici-bas, pour elle c'est mourir; et ce n'est qu'en mourant quelle trouve sa véritable Vie. O sépulcre! où est ta victoire? ô mort ! où est ton aiguillon ' ? Toutes ces choses , sans doute, sont faites pour confondre l'esprit de l'homme : et cependant qui pourra expliquer l'homme autrement que par ces choses?