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CHAPITRE XLIX

Du désir de la vie éternelle , et des grands biens promis à ceux qui combattent courageusement.

1. J.-C. Mon fils, lorsque le désir de l'éternelle béatitude vous est donné d en-haut, et que vous aspirez à sortir de la prison du corps

' î. Cor. XV, 55.

UV. III, CHAP. xux. 355

poiir contempler ma lumière sans ombre et sans vicissitude, dilatez votre cœur, et recevez avec £tinour cette sainte inspiration.

Rendez grâce de toute votre ame à la bonté céleste , qui vous prodigue ainsi ses faveurs , qui vous visite avec tendresse , vous excite , Yous presse et vous soulève puissamment, de peur que votre poids ne vous incline vers la terre.

Car rien de cela n est le fruit de vos pensées ou de vos efforts, mais une grâce de Dieu, qui a daigné jeter sur vous un regard, afin que, croiss£int dans la vertu et dans Fliumilité, vous vou$ prépariez à de nouveaux combats, et que tQlit votre cœur s'attache à moi avec la volonté ferme de me servir.

2. Quelque ardent que soit le feu, la flamme cependant ne monte point sans fumée.

Ainsi quelques uns , quoique embrasés dû de$ir de§ choses célestes, ne sont pas néanmoins entièrement dégagés des affections et àfi^ tentations de la chair.

Et c'est pourquoi ils n'ont pas en vue la seule gloire de Dieu dans ce qu'ils demandent avec tant d'instance.

356 l'imitation de jésus-christ.

Tel est souvent votre désir, que vous croyez si vif et si pur.

Car rien n'est pur, ni parfait, de ce qui est mêlé d'intérêt propre.

3. Demandez, non ce qui vous est doux, non ce qui vous ofFre quelque avantage, mais ce qui m'honore et me plaît: car, si vous jugez selon la justice, vous devez, docile à mes ordres, le» préférer à vos désirs et à tout ce qu'on peut désirer.

Je connois votre désir ; j'ai entendu vos gémissements.

Vous voudriez jouir déjà de la liberté glorieuse des enfants de Dieu; déjà la demeure éternelle , la céleste patrie où la joie ne tarit jamais, ravit votre pensée. Mais l'heure n'est pas encore venue ; vous êtes encore dans un autre temps , temps de guerre , temps de travail et d'épreuves.

Vous desirez être rassasié du souverain bien; mais cela ne se peut maintenant.

C'est moi qui suis le bien suprême : attendezmoi, dit le Seigneur, jusqu'à ce que vienne le royaume de Dieu \

' Luc. XXII, i8.

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